Commentaire concernant la datation
daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques
Description historique
La société chimique de la Grande Paroisse est fondée en 1919 par la société Air Liquide et le groupe Saint-Gobain qui opèrent un rapprochement stratégique pour développer une nouvelle branche de la chimie industrielle : la production d’ammoniac, un composé indispensable à l’élaboration des engrais chimiques, un de leurs principaux secteurs d’activité. Après la mise en service d’une première usine dans la commune de Grande-Paroisse (77), la société décide de développer sa capacité de production en créant en 1929 un nouveau site de production d’ammoniac à Grand-Quevilly.L’usine est implantée à côté des Hauts Fourneaux de Rouen qui lui fournissent l’hydrogène gazeux, issu de la distillation de la houille dans les fours à coke, lui permettant de faire la synthèse chimique de l’ammoniac. Elle est également très proche des nombreuses usines d’engrais chimiques fondées dans le même secteur par les sociétés Brunschwig, Saint-Gobain Chauny et Cirey, Potasse et Engrais Chimiques, Bordelaise des Produits chimiques, Normande de Produits Chimiques, Rouennaise d’Engrais, Kuhlmann… qui constituent autant de débouchés pour sa production.L’usine d’ammoniac est mise en route en 1932 et assure, grâce à un effectif de 215 salariés, la production de 20 à 40 T d’ammoniac par jour jusqu’à la seconde Guerre Mondiale. En 1948, suite à la réquisition par Gaz de France de la totalité de l’hydrogène produit des Hauts Fourneaux de Rouen, la Grande Paroisse se tourne vers la raffinerie Shell de Petit-Couronne. Un accord est passé en novembre 1949 entre les deux sociétés permettant à l’usine d’ammoniac d’obtenir les gaz résiduaires contenant de l’hydrogène produits par le raffineur. Pour les recevoir directement, un pipe-line est installé entre les deux sites. Suite à cet accord, un nouvel atelier de fabrication d'ammoniac de synthèse directe sous pression d'une capacité de production journalière de 40 T est mise en service en 1949. Les progrès réalisés pour la synthèse de l’ammoniac durant les deux décennies suivantes permettent à l’usine Grande Paroisse d’augmenter de façon prodigieuse sa capacité de production, qui atteint 120 T par jour en 1954 et 180 T par jour en 1964. Le mouvement de concentration qui s’opère dans l’industrie chimique française à partir des années 1960 entraine l’intégration en 1962 de la société Grande Paroisse au groupe Péchiney Saint-Gobain qui possède depuis 1910 une usine d’engrais chimiques à Grand-Quevilly. Mais en 1965, le groupe chimique décide de lancer la construction d’une unité de production d’ammoniac moderne, d’une capacité de production de 1 000 T par jour et directement reliée par pipelines souterrains aux grandes raffineries de la Basse-Seine. Sa mise en service provoque l’arrêt de l’usine primitive en 1967 et permet la même année le démarrage de l’unité d’ammonitrates (engrais azotés) au sein de l’usine Péchiney Saint-Gobain. Depuis 1987, à la suite de rachats et de fusions, la société Grande Paroisse assure en seule la production d’engrais chimiques dans la région rouennaise. Elle se compose alors de trois unités de production dénommées au sein de l’entreprise « Rouen A », « Rouen B » et « Rouen C ». Les unités « Rouen B » et « Rouen C » situées sur la commune de Petit-Quevilly qui correspondaient aux espaces occupés par les anciennes usines Saint-Gobain, la Bordelaise, Brunschwig, Kuhlmann… n'existent plus aujourd'hui. L’unité « Rouen A », qui couvre une superficie de 56 ha sur la commune de Grand-Quevilly, concentre désormais tout l’outil de production. Bien que l’emploi ait chuté à 450 personnes dans les années 2000, l’usine Grande Paroisse de Rouen est la plus importante usine d’engrais d’Europe. Sa production annuelle est de 600 000 T de fertilisants composés et de 520 000 T d’ammonitrates (fertilisants azotés). Elle génère un trafic annuel de 7 100 wagons, de 35 200 camions et 141 navires. Sa consommation électrique est comparable à celle de l’agglomération de Rouen et sa consommation de gaz est équivalente au quart de celle de la Haute-Normandie. Elle compte parmi les 70 sites classés Seveso localisés sur la vallée de la Basse Seine.