Phare de la Hève (Etablissement de signalisation maritime n°105/000)

Désignation

Dénomination de l'édifice

Phare

Titre courant

Phare de la Hève (Etablissement de signalisation maritime n°105/000)

Localisation

Localisation

Normandie ; Seine-Maritime (76) ; Sainte-Adresse

Précision sur la localisation

Anciennement région de : Haute-Normandie

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Subdivision du Havre

Lieu-dit

Sur le cap de la Hève

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En ville

Partie constituante non étudiée

Logement, abri

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

3e quart 18e siècle, 3e quart 20e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1773, 1950

Description historique

Construit en même temps que les phares de l'Ailly et de Barfleur par la chambre de Commerce de Rouen vers 1775. Les phares de la Hève sont situés à l'extrémité Sud de la baie de Seine. Ils établissent la route en Manche vers le Pas-de-Calais et l'atterrissage des navires se dirigeant vers les ports du Havre puis de Rouen. Le plus ancien feu connu balisant les lieux est le feu des Castillans construit sur le groin de Caux, langue de terre située en avant du cap et qui abritait le petit port de pêche de Saint-Denis-Chef-de-Caux aujourd'hui disparu, emporté par la mer. La tour portant le feu aurait été construite vers 1360 et tire son nom d'une colonie espagnole très ancienne qui avait fait souche dans ce port. Il n'en restait rien lorsque les membres de la Chambre de Commerce de Normandie demandent avec insistance la création d'un phare à l'embouchure de l'estuaire. Les officiers de marine n'étaient pas les seuls à s'inquiéter de l'indigence de l'éclairage de nos côtes et du peu d'enthousiasme en la matière de la part des autorités royales. Dès 1738 les premières pétitions parvinrent au gouverneur de la province de Normandie et à l'Intendant de la Marine, rédigées et signées par l'ensemble du monde maritime et du commerce résidant aux abords de la baie de Seine, de Dieppe à Saint-Vaast-la-Hougue. Les armateurs, les affréteurs, les capitaines, les pilotes, les maîtres au cabotage, les patrons de pêche, tous réclamaient l'amélioration des conditions de navigation dans ces lieux et notamment l'établissement des feux nécessaires selon eux à la sécurité des bâtiments lors des arrivées nocturnes aux abords de l'estuaire de la Seine. Le premier projet prévoyait la construction d'un phare à la pointe septentrionale du Cotentin, à Barfleur, reprenant le dossier établi à ce sujet en 1699 par Vauban mais aucune suite n'y fut donnée. A l'image de la ville de Saint-Malo qui entretenait le feu du cap Fréhel et disposait depuis 1717 du droit de lever une taxe perçue sur chaque navire entrant dans les ports entre la pointe de Fréhel et Régneville afin de l'entretenir, la ville de Rouen souhaitait bénéficier du même traitement afin de compléter le balisage nocturne après le passage du Cotentin. Après l'allumage par les britanniques des feux triples des Casquets en 1724, les édiles et responsables économiques normands pressèrent de plus belle le gouvernement pour que celui-ci leur accordât cette autorisation. Pour faire aboutir leurs doléances les pétitionnaires convainquirent aisément la Chambre de Commerce de Normandie qui craignait à juste titre un détournement des trafics commerciaux au bénéfice de la côte anglaise méridionale beaucoup mieux équipée pour accueillir de nuit les bâtiments. Elle relaya par la suite et avec insistance les demandes des marins pratiques de la baie et des commerçants impliqués dans le trafic commercial maritime. Le terrible hiver 1764-1765 au cours duquel on compta plus de 40 navires coulés ou échoués dans les parages accéléra le processus et aboutit à la concrétisation rapide du nouveau projet beaucoup plus élaboré, présenté dès 1765 par la chambre consulaire de Rouen qui retenait l'établissement d'un fanal à Gris-Nez, un autre à Barfleur et d'un feu double à la Hève, au dessus du Havre. La communauté dieppoise préférant le site de l'Ailly, plus proche de leur port que celui de Gris-Nez, soutenue dans son choix par les marins fécampois et cauchois, on abandonna le premier site pour la pointe de l'Ailly. Ce dossier ambitieux parvint au duc de Penthièvre, amiral de France, au contrôleur des Finances et sur le bureau du Ministre de la Marine, Choiseul. Tous s'accordèrent pour louer les qualités du rapport présenté et insister sur la nécessité d'entreprendre de grands travaux pour tenter de résoudre l'absence d'éclairage sur cette portion du littoral. Le plus empressé d'entre eux, Choiseul, particulièrement attentif aux questions maritimes comme nous l'avons évoqué, félicita cette initiative qui ne laissait rien au hasard ; le mémoire déterminait les formes et hauteurs des tours, estimait les dépenses de construction et d'entretien, proposait le montant de la taxe à percevoir, le droit de feu, pour régler l'intérêt de l'emprunt et l'amortissement, préconisait l'utilisation de réverbères alimentés à l'huile. Bref aucun domaine n'était exclu de cette étude pour le moins exhaustive. Si l'écho fut favorable parmi les membres du gouvernement, le projet n'aboutit pourtant pas immédiatement et il fallut attendre l'arrêt du Conseil en date du 10 décembre 1773 qui homologuait la délibération prise par les "prieurs, juges, consuls et syndics de la Chambre de Commerce établie pour la province de Normandie" et autorisait la construction des quatre tours. Les responsables consulaires étaient chargés de réaliser les emprunts nécessaires aux constructions et de pourvoir ensuite aux approvisionnements pour l'entretien du feu et des locaux, en échange d'un droit de feu de 6 sols par tonneau sur tous les navires étrangers et de 5 sols sur tous les bâtiments français touchant un port entre le Cotentin et le cap de l'Ailly. Tout était prêt pour passer rapidement à l'exécution du projet si longtemps retardée et l'adjudication pour les travaux fut passée en février 1774. L'entrepreneur Sangrain-Tourtille fut dans un premier temps pressenti pour la fourniture des appareils d'éclairage, des réverbères à mèches plates et réflecteurs sphériques comme ceux qu'il avait déjà placés au sommet des phares de Sète, du Planier et de Saint-Mathieu. En définitive le choix se porta sur un feu au charbon, système qui recueillait encore la majorité des suffrages, surtout auprès des populations navigantes, et employé dans presque tous les fanaux alors en activité tant sur les côtes d'Angleterre que pour les feux de Chassiron, des Baleines, de Cordouan, de Fréhel ou du Stiff . Les quatre feux furent allumés le premier novembre 1775 et pour assurer la bonne visibilité des foyers ils demandaient chacun et chaque nuit la combustion de 600 kilogrammes de charbon. Cette consommation excessive représentait des dépenses jugées aussi ruineuses qu'inattendues ; on rechercha dès lors à la modérer par tous les moyens. On proposa de réduire la taille des braseros, de construire des lanternes pour abriter le foyer... D'après les informations recueillies il s'avérait que le dispositif utilisant des réflecteurs s'avérait beaucoup plus économique et plus pratique dans la mesure où les gardiens n'étaient pas assujettis à la corvée qui consistait à élever plus d'une demi-tonne de charbon par nuit au sommet de la tour. La substitution en ce sens intervint quelques années plus tard ; les tours jumelles de la Hève, les plus gourmandes, connurent le nouveau mode d'éclairage en novembre 1779, Barfleur en septembre 1780 et l'Ailly en novembre 1780. L'économie résultant de l'utilisation des réverbères à huile paraissait indiscutable et d'autre part la Chambre de Commerce se félicitait de la régularité et de la facilité du service. Après les variations agitées de la période charbonnière, elle jouissait dorénavant d'une véritable tranquillité avec les lampes à mèches et les réflecteurs de Sangrain. Les deux tours et les bâtiments sont détruits par l'artillerie alliée lors de la libération de la ville. Après la guerre, une décision ministérielle fixe le montant de la reconstruction à 82 000 000F. Nouveau phare : - 8 octobre 1951 : allumage sur une tour octogonale en béton armé sur corps de logis à parement en pierre de taille de 32 m de hauteur. Le sommet de la tour est couronné par un radar qui couvre les approches du port et le chenal en 1975.

Description

Description de l'élévation intérieure

Étage de soubassement

Commentaire descriptif de l'édifice

- Description architecturale : 1er phare : Hauteur au dessus de la mer : 121 m. Taille générale : 20 m. Description : deux phares distants l'un de l'autre de 97 m. Tours carrées avec soubassement blanc en maçonnerie de pierre de taille apparente. Forme identique au phare de l'Ailly.Vers 1863 : entre les deux phares sont construits les bâtiments pour les logements, les machines magnéto-électriques et les locomobiles servant à la fabrication du courant électrique. Une lanterne métallique est transformée pour l'installation d'une optique électrique à arc . Elle est remplacée par un pavillon carré de deux niveaux. Sur le côté est placée une petite lanterne contenant l'optique et le régulateur Serrin. 2e phare : Hauteur au dessus de la mer : 122 m. Taille générale : 32, 15 m. Description : tour octogonale en béton lisse avec abri octogonal en encorbellement à la partie supérieure formant groupe avec plusieurs bâtiments en maçonnerie de pierres de Mignac apparentes. Terrain : 13502 m2. - Description technique : 1er feu : - novembre 1775 : charbon de terre. 1781 : 16 réverbères à mèches plates. Tourtille-Sangrain. 1811 et 1814 : six réflecteurs paraboliques Bordier-Marcet. Feu fixe. 1ère optiques : 16 septembre1845 : deux feux fixes blancs de premier ordre, focale 0, 92 m. Premier phare en France et le second au monde après celui de Dungeness en Angleterre à être électrifié. 26 décembre 1863 : le feu Sud est transformé et électrifié, focale 0, 30 m. 01 septembre 1865 : le feu fixe blanc de premier ordre de la tour Nord est transformé et électrifié à son tour, focale 0, 30 m. La tour Sud est éteinte en 1893, seule la tour Nord porte un nouveau feu. 18 juin 1893 - feu électrique de focale 0, 30 m (feu à éclats réguliers 5 secondes de 4 panneaux au 1/4). 1922 : lampe à filament (et non plus lampe à arc). 1951 : feu à éclats réguliers blancs toutes les 5 secondes focale 0, 30 m. Cuve à mercure : 1893 - 1951. Combustibles : Huile végétale : 1779. Huile minérale : vers 1875. Aide radio : 1975. Electrification : 1863 et 1865. Automatisation : 1988. - Etat actuel : Optique tournante en verre taillé à éclats réguliers de 4 panneaux au 1/4. Focale 0, 30 m sur cuve à mercure Ebor 2400 BBT. Feu blanc à 1 éclat 5 secondes. Portée 27 milles. Lampe halogène de 650w. Lanterne contemporaine BBT à murette métallique de Ø 3, 50 m à montants verticaux à deux rangs de vitrage cylindrique. Modifiée pour soutenir le radar.

Technique du décor des immeubles par nature

Sculpture

Indexation iconographique normalisée

Homme : en buste

Description de l'iconographie

Buste d'A Fresnel

État de conservation (normalisé)

Bon état

Protection

Observations concernant la protection de l'édifice

Premier phare électrifié de France

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de l'Etat

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2001

Date de rédaction de la notice

2002

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Dreyer Francis, Fichou Jean-Christophe

Cadre de l'étude

Inventaire des phares

Typologie du dossier

Dossier individuel

Accès Mémoire

VISMER-PHARES-NORMANDIE ; VISMER-PHARES-FORME-POLYG ; VISMER-PHARES-LOCA-TERRE

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional de Haute-Normandie - Service chargé de l'inventaire 2, rue Maladrerie 76000 Rouen - 02.32.08.19.80

Phare de la Hève (Etablissement de signalisation maritime n°105/000)
Phare de la Hève (Etablissement de signalisation maritime n°105/000)
© Francis Dreyer ; © Ministère de l'équipement, Bureau des phares et balises ; © Ministère de la culture
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