Commentaire concernant la datation
daté par source ; daté par tradition orale ; daté par source ; daté par tradition orale
Description historique
Cet entrepôt commercial, dont l'appellation locale erronée fut souvent celle de manufacture des tabacs, est construit en 1897-1898 par la régie des Tabacs. Le décret du 23 août 1859 avait autorisé, à titre d'essai, la culture du tabac dans le département, et un magasin de séchage des feuilles avait été aménagé dans un local loué à l'hospice Bourdault. En 1895, ce magasin menace ruine et est devenu insuffisant, puisqu'une importante partie de la récolte est acheminée et traitée en dehors du département. Entre 1892 et 1895, la surface cultivée est passée de 280 à 626 ha, et la récolte de 537 à 1000 t. La direction générale des Manufactures de l'Etat précise que près de 600 t ne pourront pas être traitées sur place, "ce qui est préjudiciable à la bonne conservation des matières, et aux intérêts agricoles du département", et justifie la construction définitive d'un "magasin de tabacs en feuilles". Sa fonction est de collecter la production de feuilles de tabac du département et de la conditionner avant son envoi par chemin de fer dans une manufacture (Nancy ou Dijon). Son activité est donc saisonnière. Près de sept terrains sont examinés pour accueillir le bâtiment. C'est le canton dit les Pâtis, jouxtant l'ancien champ de tir et la voie ferrée, qui est finalement retenu, nécessitant l'achat de quelques parcelles sur la commune de Navenne. Conformément à l'article 3 du décret de 1859, la ville s'engage à céder gratuitement le terrain à l'Etat, et à prendre en charge les travaux de remblayage, d'établissement des voies d'accès, des chemins d'isolement latéraux et des fossés. Daté de 1895, le plan type reprend le modèle du magasin de Marmande (47), et prévoit un doublement symétrique du magasin vers l'est, qui ne sera jamais réalisé. Outre le bâtiment des bureaux, l'établissement comprend des magasins de stockage et de conditionnement. La dépense est évaluée à 380 000 F pour le bâtiment, et à 18 000 F pour installations techniques, mais l'adjudication de mars 1897 s'élève à 408 500 F. Les travaux s'échelonnent entre le 1er juin 1897 et la fin de l'année 1898. L'établissement a cessé son activité en 1962 ou 1963. Le bâtiment a ensuite été partiellement occupé par une entreprise électrique, puis par l'entreprise de chaudronnerie ESAC en 1971 et comme lieu de stockage par la société Mérinos. Acquis par la ville, les bâtiments ont été reconvertis au milieu des années 1980 en maison communale des associations, et agrandis au nord et à l'est. Le corps de bâtiment ouest a été incendié en 2007.