Description historique
Le haut fourneau est autorisé par un arrêt du Conseil d'Etat du 20 août 1737, qui accorde une concession pour l'exploitation commune de mines en roche des fourneaux de Larians et de Loulans (étudié IA70000319). En 1920, un courrier de la société Derosne précise que "la date 1656 est gravée au fronton de notre bâtiment principal" (aujourd'hui disparu). Un catalogue de production des années 1960 mentionne une inscription gravée sur une plaque (aujourd'hui disparue) qui surmontait l'entrée : IE MARIE EAV VIVE & FEV ARDANT AINS PAR IOVSTERIE SVI-IE-DICT LARIANT 1691. Le fourneau est exploité dans la seconde moitié du 18e siècle par la famille Bouchet, et produit principalement des projectiles (bombes et boulets). En 1788, il produit 1000 milliers de fonte, convertis en 400 quintaux métriques de bombes et boulets. Un logement, affecté au directeur au 19e siècle, est construit en 1792. Propriété de Nicolas Damotte en 1811, le haut fourneau ne produit cette année que 80 t de fonte. Il est acquis vers 1820 par François Bernard Derosne, maître de forges à la Grâce-Dieu (25), et exploité conjointement avec le fourneau voisin de Loulans. En 1835, la production atteint 746 t de fonte (contre 758 t à Loulans). L'usine est exploitée sous la raison sociale Derosne, Angar et Cie vers 1835, puis Thierry, Viotte et Cie vers 1860, puis Thierry, Viotte et Derosne à la fin du 19e siècle. Sous la direction de Justin Derosne (fils de Bernard), puis de Charles, son petit-fils, l'établissement métallurgique s'oriente progressivement dans le second quart du 19e siècle vers la production de fonte de seconde fusion (calorifères, poêles, bornes-fontaines, marmites, vases, etc.). Le logement patronal, qui apparaît déjà sur le plan cadastral de 1811, est agrandi vers 1830-1840. Au moment de l'extinction du haut fourneau en 1862 ou 1863, la fonderie est équipée de deux cubilots. En 1867, les usines métallurgiques de Larians et Loulans sont exploitées par une société regroupant Charles Thierry, Adolphe Viotte et Charles Derosne. L'atelier de fonderie, dit sablerie, est reconstruit vers 1888, au moment où disparaissent les vestiges du haut fourneau. Un logement, dit "maison d'ouvriers" est également édifié cette même année. L'usine de Larians est exploitée entre 1894 et 1900 par la société Derosne et Cie. En 1918, elle produit un tonnage annuel de 1200 t (appareils de chauffage, fontes de fumisterie et pièces mécaniques diverses). L'entreprise est cédée en 1959 au sieur Dartevelle, auquel succède peu après la société Girardet-Dartevelle. Celle-ci abandonne la fabrication des appareils de chauffage au profit de pièces détachées en fonte grise. L'usine est reprise en 1991 par la Société des Fonderies de Treveray (55), appartenant au groupe Hachette-Driout, qui consent d'importants investissements pour moderniser l'appareil de production. Cette même année, un incendie détruit une partie des anciens bâtiments abritant les bureaux de l'entreprise. Un long bâtiment abritant des logements d'ouvriers a été détruit en 1997, ainsi qu'un ensemble d'ateliers situés le long de l'Ognon, abattus en 1998. De nouveaux ateliers ont été construits dans le prolongement de la sablerie dans la dernière décennie du 20e siècle. La fonderie fabrique aujourd'hui, grâce à quatre fours électriques, environ 100 t par mois de pièces en fonte d'alliage, destinées aux installations hydrauliques (pompes, corps de vanne, etc.). La fonderie de seconde fusion compte 2 cubilots en 1865. La fonderie emploie 82 ouvriers en 1847, 72 en 1893, 100 en 1918 et une soixantaine vers 1960. Les effectifs sont d'une trentaine de personnes en 1991 et 2008.