Description historique
L'industriel Jean Georges Reber, originaire de Mulhouse, vint s'installer à Sainte-Marie vers 1755, où il fut d'abord l'associé de Steffan et Zetter pour diriger une filature et un tissage de coton. Vers 1764, il se sépara de Steffan et installa sa fabrique dans la rue Reber, et il s'associa par la suite avec son fils Jean Georges, son gendre Jean Blech et avec Sébastien Lehr. La fabrique produisait des toiles de coton, avec ou sans fils de couleur, des cotonnades de Rouen et des siamoises. Jean Georges Reber père prit sa retraite en 1796, laissant l'affaire à son fils et à ses deux gendres. Le bâtiment s'élevant rue Reber a certainement été construit avant cette date, sans doute vers 1789. Il serait l'oeuvre d'un certain Rungs, architecte ou maçon de Colmar, appartenant sans doute à une famille d'architectes cités à Colmar au milieu du siècle : Johann von Rungs a participé à la construction de l'ancien hôpital de Colmar, de 1736 à 1744 et à celle d'une maison, au 22, rue Berthe Molly. Un certain Blasius Rungs a travaillé pour le pensionnat royal de l'actuel lycée Bartholdi, vers 1776. Le bâtiment à deux ailes abritait au rez-de-chaussée les ateliers et les bureaux et des logements dans les étages. En 1818, la manufacture s'agrandit avec la construction de nouveaux ateliers et prend le nom de Blech Frères, la maison d'origine servant exclusivement d'habitation. A cette époque un jardin situé à l'arrière du bâtiment fut aménagé par Jean Georges Reber fils, avec des parterres réguliers et plusieurs fabriques, qui fit l'admiration de ses contemporains. Il n'en reste plus rien aujourd'hui. Dans la 2e moitié du 19e siècle de grands ateliers furent construits à côté du bâtiment d'origine, comprenant des bâtiments à deux étages et des bâtiments à un étage couverts de sheds. Après avoir été une des plus importantes entreprises textiles de la fin du 19e siècle, l'usine subit la chute du textile commencée après la deuxième guerre mondiale et ferma ses portes vers 1980. Les ateliers furent détruits en 1987 et remplacés par une surface commerciale. Le bâtiment d'origine fut abandonné, puis menacé de démolition, mais en 1988 il fut inscrit à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques et un projet de réhabilitation fut entrepris en 1998. Les élévations extérieures ont été restaurées, la distribution intérieure complètement remaniée.