Description historique
Ancienne résidence de Jean-Baptiste Sébastien de Salomon (1717-1785) et de son épouse Marie-Catherine Tanne (1709-1786) , petite-fille de Joseph Thomann (décédé en 1727). Ils héritèrent de cette propriété, vers le milieu du siècle, des oncles (Joseph et Claude Thomann, décédés en 1754 et en 1759) et de la mère de Marie-Catherine (Marie-Salomé Tanne). La propriété avec le corps de logis (actuel) et ses dépendances, cour et jardins, figure sur un tableau dont le cadre porte l'inscription (ajoutée postérieurement ?) : Ingersheim : Haute Alsace, Jean-Baptiste de Salomon président au Conseil Souverain d'Alsace, le 5 juin 1745 (conseiller depuis 1736, il ne fut nommé second président qu'en 1747). D'après la plupart des travaux historiques, le corps de logis actuel aurait été construit en 1757 pour Jean-Baptiste Sébastien de Salomon. On peut se demander s'il ne daterait pas plutôt du début du 18e siècle (ce qui semble plus conforme à son architecture) , et ne serait pas confondu avec la demeure de Joseph Thomann qui se situait à cet emplacement et dont la propriété comportait un enclos avec maison, cour, grange, écuries, remises, pressoir surmonté d'un logement, jardin, verger et vignes. Les Salomon ne l'ont peut-être qu'agrandi ou remanié et embelli. D'après l'inventaire après décès de 1786, le bâtiment comportait 35 pièces avec au rez-de-chaussée, entre autres, une salle d'apparat vers le perron, ornée de 4 grands miroirs et de 4 grands tableaux. En 1788, il fut vendu à François Gabriel de Gallimart qui le vendit en 1797 à des notables d'Ingersheim. En 1861, le château fut acheté par Mgr. Joseph Deybach. Il devint la résidence de sa soeur Thérèse jusqu'en 1877, date du décès de celle-ci. En 1878, il donna la propriété à la commune afin qu'elle servit aux pauvres et aux malades. Le bâtiment fut transformé en hôpital, la salle d'apparat en chapelle. Les dépendances anciennes et les jardins ont disparu. En 1957, le service médical fut supprimé et l'aile en retour vers l'ouest détruite en 1959. Les armoiries jumelées qui ornaient le dessus de porte (elles se devinent sur le tableau du 18e siècle) ont probablement été bûchées à la Révolution et remplacées, lorsque la chapelle fut aménagée, par une peinture représentant la sainte Famille. Celle-ci a été supprimée et remplacée par les armes de Jean-Baptiste Sébastien de Salomon, probablement lors de la dernière restauration. l'ancien château aménagé en hôtel de ville est occupé par les services de la mairie depuis 1964.