Château des Hattstatt, puis des Schauenbourg, puis de la famille Bobérieth, maison de retraite Sainte-Anne de la congrégation des Soeurs de la Divine Providence de Ribeauvillé

Désignation

Dénomination de l'édifice

Château, maison de retraite

Appelation d'usage

Maison Sainte-Anne

Destination actuelle de l'édifice

Maison de retraite

Titre courant

Château des Hattstatt, puis des Schauenbourg, puis de la famille Bobérieth, maison de retraite Sainte-Anne de la congrégation des Soeurs de la Divine Providence de Ribeauvillé

Localisation

Localisation

Grand Est ; Haut-Rhin (68) ; Soultzbach-les-Bains ; 30 rue du Rempart

Précision sur la localisation

Anciennement région de : Alsace

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Munster

Adresse de l'édifice

Rempart (rue du) 30

Références cadastrales

1986 01

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En village

Partie constituante non étudiée

Cour, jardin d'agrément, allée

Nom de l'édifice

Fortification d'agglomération

Références de l'édifice de conservation

IA68001375

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

Moyen Age, 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle, 3e quart 20e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1505

Auteur de l'édifice

maître d'oeuvre inconnu

Personnalités liées à l'histoire de l'édifice

Hattstatt Conrad Wernher III de (commanditaire), Hattstatt Jacques de (commanditaire)

Description historique

Le château des seigneurs de Hattstatt est mentionné pour la 1ère fois en 1289. Mais peu à peu, la suzeraineté sur le village échappa aux Hattstatt : en 1306, Conrad Wernher III fit oblation de son château au duc de Lorraine, ainsi que de la moitié du village. En 1310, il cèda contre argent 2 parties du village au duc de Lorraine et au comte de Blâmont. Entre 1371 et 1405, le château et une partie du village sont possédés en fief par les nobles de Huss d'Issenheim. En 1464, le château est engagé à Bernhard von Gilgenberg et à Bernhard Stoer. En 1504, le village et son château échouent en entier au duc de Lorraine. Jacques de Hattstatt, qui gérait le bailliage de Gérardmer et les possessions alsaciennes du duc, les tient désormais en fief. Il va financer des travaux de rénovation au château. Suite à l'extinction en 1585 de la famille de Hattstatt, les Schauenbourg entrèrent en possession du fief de Soultzbach en 1605 et le tinrent jusqu'à la Révolution. Ils adapteront le château à l'hébergement des curistes qui profitent de la source d'eau minérale découverte en 1603. Son aspect au milieu du 17e siècle est connu grâce aux gravures de M. Mérian. En 1821, la propriété est vendue à Jean Jacques Bobérieth et à son épouse Catherine Gisinger, qui dirigent l'établissement des bains de Soultzbach incluant l'exploitation d'une seconde source d'eau (la source du Château ou "Schlossquelle"). Leur fils, l'abbé Jean Jacques Bobérieth, laissa d'ailleurs des dessins du château en 1835. Les héritiers Bobérieth-Schangel conservèrent le château jusqu'à la fin du siècle. En 1903, la congrégation des Soeurs de la Divine Providence de Ribeauvillé en fit l'acquisition, le transformant en une maison de retraite pour les soeurs, dédiée à sainte Anne.
Le château, divisé actuellement en deux bâtiments accolés (A et B), conserve sûrement des maçonneries de la fin du 13e siècle (dont peut-être l'unique chaîne d'angle à bossages) mais il ne subsiste aujourd'hui que peu de vestiges du château médiéval. Ce dernier a fait l'objet d'une campagne de rénovation dans le 1er quart du 16e siècle, à l'initiative de Jacques de Hattstatt. Celle-ci toucha à la fois à sa structure (rajout d'un oriel et de la tourelle) et à son aménagement intérieur (armoire murale datée 1505 aux armes des Hattstatt-Rathsamhausen, portes). Les Schauenbourg rajouteront un étage sur l'ensemble au cours du 17e siècle, couvert d'une nouvelle charpente. Quant au bâtiment B, il a également fait l'objet de nombreuses modifications. Une des plus importantes est la suppression du dernier étage bâti au 17e siècle (entraînant l'amputation de la charpente qui ne subsiste plus que sur le corps principal) et la mise en place d'une nouvelle charpente. Les ouvertures ont été en grande majorité repercées, un escalier étant accolé sur son élévation sur cour. Le réfectoire (C) semble dater de la 2e moitié du 18e siècle. Le logement de l'entrée (G) a été construit dans la 2e moitié du 19e siècle. L'installation des soeurs conduisit à la construction de 2 bâtiments dans le 3e quart du 20e siècle (bâtiments D et E). La congrégation a revendu le château en 2007 et il devrait faire l'objet d'une transformation en logements.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Grès, bossage, maçonnerie, parpaing de béton, enduit

Matériaux de la couverture

Tuile en écaille, tuile mécanique

Description de l'élévation intérieure

Sous-sol, 3 étages carrés

Typologie du couvrement

Voûte d'arêtes

Typologie de couverture

Croupe, toit à longs pans, demi-croupe, croupe polygonale

Commentaire descriptif de l'édifice

Le site de l'ancien château comprend des bâtiments organisés autour d'une cour fermée (superficie avec jardin : 1,9 h.). A l'Ouest, le corps de l'ancien château (A : cuisine, salle à manger, chambres) est construit en maçonnerie enduite, comprend 3 étages couverts par un toit à croupes (épis de faîtage en zinc). Sa chaîne d'angle Nord-Est est composée de blocs en grès et granite (certains à bossage) et ses encadrements rectangulaires sont en grès (ceux du dernier niveau étaient divisés par des meneaux aujourd'hui disparus). Sur son élévation postérieure, oriel à 3 pans au 1er étage, ajouré de fenêtres rectangulaires, soutenu par 4 consoles et reposant sur un massif de maçonnerie rajouté. Son allège est maçonnée, décorée de panneaux en relief dans l'enduit. 2 marques de tâcheron identiques sont gravées sur sa console gauche et sur le linteau de la fenêtre gauche. Au même étage, 2 corbeaux en grès. A l'intérieur, le mur Ouest du 1er étage comporte un placard à encadrement sculpté, flanqué d'une armoire murale (IM68012313).
En retour d'angle, le bâtiment B (chambres, chapelle) est construit en maçonnerie enduite sous un toit à longs pans, croupe et demi-croupe. Il comprend un sous-sol partiellement enterré et 2 étages. Les encadrements de la porte de cave en plein-cintre (sur le passage d'entrée du bâtiment C), de la porte d'entrée sur cour et des fenêtres rectangulaires sont en grès ; dans le pignon Est, une porte en plein-cintre est faite de blocs à bossage en grès, encadrée par deux oculi. Certains encadrements comportaient des meneaux. Sur l'élévation postérieure, une tourelle à 5 pans monte de fond, protégée par une croupe polygonale. Les assises inférieures de ses angles sont composées de gros blocs en grès à bossage (avec marques de tâcheron en X). A l'intérieur, le sous-sol est couvert de quatre voûtes d'arêtes reposant sur un pilier médian en grès à imposte moulurée, et permet l'accès au niveau inférieur de la tourelle par une porte chanfreinée. Ce niveau et la pièce du 1er étage de la tourelle sont couverts d'une voûte d'arêtes, le 2e étage d'un plafond. Le bâtiment comprend deux portes moulurées : la porte du 1er étage de la tourelle est moulurée de volutes feuillagées aux congés, la porte d'accès au 2e étage du bâtiment A est couverte d'un linteau sur coussinets et à soffite surélevé. Les murs extérieurs du château (A et B) englobent le mur de fortification sur toute sa hauteur.
Le bâtiment C (réfectoire, chambres) à un étage est construit en maçonnerie enduite, avec les encadrements rectangulaires des fenêtres en grès, sous un toit à longs pans de tuiles mécaniques. Il est traversé par un passage, dont l'encadrement de porte sur cour est en plein-cintre à impostes moulurées, l'encadrement sur jardin est rectangulaire aux piédroits faits de gros blocs de grès à bossage. A l'Est, le bâtiment D (réception, chambres) est élevé en parpaings enduits sous un toit à longs pans, avec la chapelle au 2e étage. Accolé au bâtiment A, le bâtiment E (garages, chambres) est élevé sur 3 étages en maçonnerie enduite, sous un toit à longs pans. Fermant la cour au Nord, le bâtiment F en rez-de-chaussée (ancienne buanderie, puis chambres) est construit en maçonnerie et pan de bois (?) enduits. Flanquant le portail, le logement G est construit en maçonnerie enduite, comportant un sous-sol et un étage sous un toit à longs pans de tuiles en écaille ; les encadrements rectangulaires de la porte d'entrée et des fenêtres sont en grès.
Le jardin aménagé extra-muros occupe le fossé comblé ainsi que la contrescarpe et comprend une allée bordée d'arbres. Annexes dispersées dans la partie Ouest : poulailler, porcherie et tisanerie.

Commentaires d'usage régional

Porche,portail,baie en plein-cintre

État de conservation (normalisé)

Remanié

Protection et label

Date et niveau de protection de l'édifice

2009/12/14 : inscrit MH

Référence aux objets conservés

IM68012313, IM68012309, IM68012311, IM68012310, IM68012312

Intérêt de l'édifice

À signaler, à étudier

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2003

Date de rédaction de la notice

2008

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Raimbault Jérôme, Fritsch Florent

Cadre de l'étude

Inventaire préliminaire

Typologie du dossier

Sous-dossier

Adresse du dossier Inventaire

Région Alsace - Service de l'Inventaire du Patrimoine culturel
Palais du Rhin - 2 Place de la République 67000 Strasbourg - 03.88.15.38.31