Commentaire descriptif de l'édifice
L'aile Est était composée du four crématoire et de différentes salles. Installé dans un baraquement spécialement conçu à cet effet, le four lui-même est composé de deux parties dans le prolongement l'une de l'autre : à l'arrière on enfournait le charbon qui servait à chauffer, tandis que les corps étaient introduits par l'avant, la porte étant dans l'axe de l'entrée du baraquement. Dans un angle, une trappe, pratiquée dans le sol maçonné, était équipée d'un monte-charge avec treuil et poulies. Ce système permettait de hisser directement au niveau du four et à l'aide d'une civière en tôle, les corps des suppliciés qu'on avait assassiné au sous-sol. Les cendres étaient ensuite répandues soit dans la fosse commune située quelques mètres plus bas (à proximité du collecteur des eaux usées) , soit à l'emplacement de l'ancien jardin du commandant (actuel emplacement de la lanterne des morts). De l'extérieur, on devine facilement la présence centrale du four, car il est directement installé sous le conduit de cheminé haut de 9m. D'autres pièces étaient réparties de part et d'autre du corridor central de l'aile Est. A côté du crématoire, se trouve une salle assez vaste, où étaient également déposés les corps avant leur incinération. Une pièce appelée "salle des douches" était notamment alimentée par un ballon d'eau chaude, chauffée par le four crématoire. Dans une chambre commune avec châlits à deux niveaux étaient retenues les personnes destinées à subir les expérimentations des médecins SS, ou en attente de leur exécution. Au fond de l'aile Est, se trouvait une "salle d'autopsie", pourvue en son centre d'une table d'opération inclinée en ciment et revêtue d'un carrelage en faïence avec rainures et canalisations d'écoulement. Dans un petit local sont stockées des urnes en terre cuite rouge ou noire et des récipients en tôle destinés à contenir ces urnes (les cendres étaient celles de défunts d'origine allemande, condamnés pour des crimes de droit commun et dont les familles pouvaient demander la restitution). Une salle dite "de désinfection" était l'endroit où on coupait les cheveux des prisonniers. Une pièce destinée aux exécutions par balle avec sol cimenté et incliné vers un siphon central, muni d'une plaque métallique trouée. A la Libération, le plafond était encore garni de crochets de bouchers. Enfin, d'autres pièces, actuellement vides servaient de bureaux à l'usage des "médecins" et du personnel.