Description historique
Sur l'église ou chapelle abbatiale primitive du couvent fondé par saint Florent, évêque de Strasbourg, au cours du dernier tiers du 6e siècle, on ne possède pas d'informations. Ce couvent, supposé avoir suivi la Règle bénédictine, fut transformé en un chapitre de chanoines au 11e siècle. L'utilisation conjointe comme église paroissiale, dédiée à saint Jean Baptiste, est attestée depuis 1217. Des vestiges de murs, hauts de 5 mètres (départs d'une abside centrale entre deux absidioles), furent observés en 1853 par le curé Kramer, de part et d'autre du choeur. D'après la présence d'impostes chanfreinées, ces maçonneries ne sont pas antérieures au 11e siècle. Une lettre d'indulgence de 1274 mentionne que l'église était en mauvais état et qu'elle allait être reconstruite. Vers cette date aurait été entrepris le choeur actuel. Selon une inscription sur un contrefort du choeur, un incendie toucha ce dernier en 1287 (ANNO.DNI.M.CCLXXX/VII.IIII.MONAS.IVNII/CONBU). Une lettre d'indulgence publiée en 1295 souligne le mauvais état du vieil édifice et la nécessité de le rebâtir. Une autre lettre d'indulgence, de 1300, évoque les dispendieux travaux que l'on envisageait alors. Le jubé est cité en 1316, ce qui indiquerait qu'une partie de l'édifice était alors en fonction. Selon Th. Rieger et R. Recht, la nef de l'église actuelle fut construite à partir de 1320. On possède encore la pierre tombale d'un maître d'oeuvre de l'église de Niederhaslach, mort sur le chantier en 1330. Son nom n'est plus lisible, mais il est désigné comme "fils d'Erwin, maître d'oeuvre de la cathédrale de Strasbourg". En 1344 eut lieu la fondation de la chapelle de la Croix (aujourd'hui chapelle de la Vierge) qui fut apparemment élevée vers cette date. La nef aurait reçu ses voûtes peu après 1345. Les troupes suédoises incendièrent l'église en 1633. Elle fut réparée sommairement à la fin du 17e siècle. La restauration générale de l'édifice (1854-1870) fut conduite par l'architecte des monuments historiques, Émile Boeswillwald. Il éleva notamment le haut de la tour, reconstruisit le campanile du côté est de la nef (daté 1856), remplaça l'avant-corps quadrangulaire côté sud par une tourelle ronde et couronna les contreforts de la nef et de la chapelle par des pinacles. Après 1872, avant 1890, le bâtiment à étage côté nord du choeur, comportant l'ancienne salle capitulaire vers l'ouest, fut remanié (actuelle sacristie) : les arcades gothiques du rez-de-chaussée ayant fait partie du cloître furent fermées, la voûte du rez-de-chaussée fut supprimée, la demi-croupe fut remplacée par une croupe.