Description historique
Abbaye de bénédictins fondée par le comte Hugues III d'Eguisheim dans la deuxième moitié du 10e siècle. En 974 aurait été consacré le premier édifice religieux de l'abbaye par l'évêque de Strasbourg en présence de l'abbé Maïeul de Cluny. En 1049 (?) le pape Léon IX y consacra un autel dédié à saint Etienne et fit don de reliques de saint Cyriaque. Ce dernier devint alors le patron principal de l'abbaye et de l'église et supplanta les patrons primitifs, saints Bartholomé et Grégoire. Les bâtiments de l'abbaye furent reconstruits vers la fin du 12e siècle. La nef de l'église actuelle remonte à cette campagne, mais ne fut achevée qu'au cours du 1er quart du 13e siècle. Après 1225, Altorf passa des Eguisheim aux évêques de Strasbourg (jusqu'à la Révolution). Le cloître fut reconstruit au 16e siècle (console datée 1581 sur le mur nord de l'église). Début 18e siècle, les bâtiments conventuels furent reconstruits pour la sixième et dernière fois. Les anciennes cuisines furent détruites en 1702 et rebâties par l'Italien Albert Regutz, d'Obernai ; au 1er étage se situaient (description de 1790) les archives et la bibliothèque ainsi qu'un couloir vers le petit jardin (intérieur ?) et au 2e étage, 7 pièces vers le nord, 3 et le couloir vers le sud. Regutz fut chargé, en 1707, de la construction de l'aile nord qui abritait les logements de l'abbé et des hôtes ainsi que la recette. À la place des communs fut érigée en 1713, une "grande grange", par Mathias Dietterle d'Altorf (long bâtiment avec pignons pare-feu à redents, visible sur la vue du 18e siècle, ou grange aux dîmes ?). La partie orientale des bâtiments conventuels, de plan en H fut construite sous la direction de l'architecte Peter Thumb de Bregenz (Autriche). La première pierre fut posée en 1715, à l'angle du grand réfectoire qui reliait les ailes nord et est. Ce bâtiment avait un sous-sol voûté dans l'aile est, un rez-de-chaussée et 2 étages carrés. Selon une vue, du 18e siècle, il avait des toits à croupes et des avant-corps à frontons. Des galeries voûtées, ouest, nord, est et sud, à fonction de cloître, longeaient les bâtiments conventuels autour du jardin intérieur (où se trouvait le puits) et donnaient directement accès aux sacristies et à l'église, côté nord et sud. Seule la galerie ouest et les deux premières travées de la galerie nord subsistent, englobées dans des constructions remaniées. En 1724-1728, le choeur et le transept de l'église furent reconstruits par Peter Thumb. En 1793, l'abbaye comptait 13 religieux. En 1790 l'architecte Pinot estima les bâtiments et en fit une description. Fin avril 1791, les bénédictins durent abandonner leur abbaye. Elle fut d'abord louée à la direction des hôpitaux militaires. Les bâtiments furent vendus au début du 19e siècle et la construction de Thumb fut démolie ainsi que la moitié est de l'aile nord.