Description historique
La Schleifmuehle est construite en 1728 par Jean Grub qui se voit accorder une concession de cours d'eau par le Prince de Nassau. Le 9 octobre 1738 un bail emphytéotique est signé au profit de Jean Grub. Valentin Sommer se rend acquéreur du "moulin à eau à trois roues" par acte de vente dressé le 4 août 1787. En 1820, les bâtiments sont rénovés par Peter Roeser et Christine Bieber comme l'indiquent la date et l'emblème figurants sur le linteau de la porte. Le moulin est affecté à la mouture du blé mais l'on y polit également le verre, activité dont il tire probablement son nom. L'établissement est réglementé par arrêté préfectoral du 23 mars 1866. Les ouvrages régulateurs, attestés par un procès verbal de récolement du 26 octobre 1866, consistent en un déversoir en pierre établi à 15 mètres en amont du moulin, d'une longueur de 13, 10 mètres, et deux vannes de décharge. La première, imposée par le règlement d'eau, est située à l'extrémité amont du déversoir. Elle présente une largeur libre de 2, 09 mètres. La seconde, d'une largeur de 1, 27 mètres, se situe entre les deux vannes motrices du bâtiment d'eau. En 1867, la fille de Peter Roeser, le meunier, épouse Jacques Lobstein du moulin de Diemeringen. A cette époque le moulin est équipé de deux paires de meules. Auguste Lobstein prend la succession du moulin et développe l'exploitation. En 1900, le moulin est modernisé. Les meules sont remplacées par des broyeurs à cylindres. Il est aussi utilisé pour le broyage des pierres et du chanvre. En 1936, Albert Gerschheimer est chargé de l'exploitation du moulin. En 1938, la capacité d'écrasement s'élève à 3000 quintaux de blé et le contingent est fixé à 1850 quintaux. Dans les années 1960, il est semi-automatisé et un nouveau broyeur à cylindres est installé. L'activité est définitivement abandonnée en 1972, date à laquelle l'un des deux broyeurs à cylindres ainsi que le plansichter sont démontés. Le site est reconverti en ferme.£ Le plan cadastral de 1840 figure trois roues dans le bâtiment à eau de la Schleifmuehle. En 1863, après le curage d'une section du cours d'eau, Pierre Roeser procède au remplacement d'une roue à palettes par une roue à augets. Dès lors le moulin est actionné par une roue à palettes de 4, 60 mètres de diamètre et 0, 40 centimètres de largeur, et une roue à augets de 2, 37 mètres de diamètre et 0, 98 centimètres de largeur. En 1926, une turbine hydraulique de fabrication suisse, toujours en place, se substitue aux roues. Un moteur électrique de renfort y est adjoint afin de palier les insuffisances d'eau, en été. Au moment de l'arrêt de l'activité, le moulin est équipé de deux broyeurs à cylindres. Celui qui servait à moudre le grain destiné aux bêtes est toujours en place. Il a été produit par les Ets Ph. Lafon de Tours. En revanche, le second a été démonté et est exposé à l'extérieur du moulin. Une machine destinée à retirer les germes du blé se trouve également au rez-de-chaussée. Elle a été réalisée par les Ets Anton Besser de Vienne. D'autres machines servant à nettoyer le blé, notamment un trieur, équipent les deux niveaux supérieurs. Un plansichter, initialement installé au deuxième étage est toujours présent mais en pièces détachées.