Description historique
Selon un précepte du roi Lothaire datant du 9 juillet 981, le monastère de Saint-Genis des Fontaines possédait le territoire de Casefabre et l'avait érigé en cella bénédictine, avec ses deux églises Saint-Martin et Saint-André ("cella S. Martini et S. Andreae in loco quem dicunt Catafabricae").£Dès 1089, Guillem II, vicomte de Castellnou, fait donation au monastère de Saint-Martin du Canigó, des droits qu'il possède sur ces terres.£En 1245, Jaume I, roi d'Aragon, concède à l'abbaye du Canigó le privilège de fortifier Casefabre, comme une dépendance de son domaine. De même, la juridiction de Casefabre, avec le droit d'host i de cavalcada, appartenait dès le haut Moyan-Age aux vicomtes de Castelnou. Il retourna au domaine royal, probablement en 1321, au moment de l'extinction de ce vicomté.£En 1249 est mentionnée l'église de Casefabre qui dépendra de Saint-Martin du Canigó jusqu'à la Révolution.£L'édifice qui avait été reconstruit en partie au 12e siècle et agrandi au 13e siècle, connaîtra au cours des siècles plusieurs effondrements partiels dont un plus important, dû probablement à l'instabilité du sol et peut-être au tremblement de terre de 1428 qui affecta particulièrement les contreforts du Canigou. Ainsi le choeur est aujourd'hui situé à l'opposé de son emplacement d'origine et plusieurs campagnes de reconstructions, visibles sur les façades de l'église, se succèdent.£Au 18e siècle, avant la commande du retable du maître-autel dont la sculpture est datée de 1729, un registre du Conseil de Fabrique de Casefabre (de 1682 à 1704) conserve la mention de dépenses faites "al pintor" et datée du 24 juin 1702.£Le 19 mai 1746, lors de sa visite pastorale, l'évêque ordonne la réalisation de plusieurs travaux et la création de la sacristie : "quon fera réparer le toit de la église et [...] et blanchir par dedans [...] qu'on fera faire une sacristie".£En 1843 a lieu un nouvel effondrement : la voûte de l'église, du moins dans sa partie orientale et probablement dans la moitié méridionale du côté occidental, préservé du premier grand effondrement. Dans le premier registre de délibérations du Conseil Municipal (1842-1883), il est fait mention à la première page de dépenses urgentes et imprévues à faire : "pour réparer l'église menacée d'une ruine par la chute de la voûte du dit bâtiment " (session d'août 1843).£A la suite, dans les années 1870 ont lieu plusieurs travaux de restaurations et remaniements dans l'église (repeint du retable du maître-autel, peintures murales notamment de la niche des fonts baptismaux (1872), .. etc).£En août 1889, un registre des délibérations du Conseil Municipal de la commune de Casefabre mentionne une demande d'aide financière sur les fonds départementaux pour des réparations à réaliser à l'église paroissiale et au presbytère (devis : 1100 f). La commune avait déjà entamé les travaux de construction de la "Maison d'Ecole" (qui se termineront en 1891) et n'avait plus de ressources pour les travaux à faire de toute urgence à l'église. Le devis mentionne la "Nature des travaux : Remplacement de poutres, Fermeture de lézardes (réparation des fentes produites par la flexion des poutres, Recarrelages, Réparation aux toits et à la voûte de l'église". Des travaux importants, d'ailleurs en mars 1889, une séance extraordinaire du Conseil de Fabrique consigne : "Après avoir visité l'église et le presbytère, le plan et devis des travaux à y exécuter, nous membres du Conseil de Fabrique de Casefabre, avons pu constater que différer guère les dits travaux ce serait s'exposer à voir sous peu le presbytère et une partie de l'église s'effondrer". Le devis estimatif rédigé le 8 mars 1889 mentionne également comme travaux à réaliser : " réparation du Choeur - escalier même détail que le presbytère - à valoir pour réparation de la galerie" (sans doute l'escalier menant à la tribune ainsi que la rambarde du 18e siècle, construits vraisemblablement en même temps que la sacristie).£La note descriptive de l'ingénieur civil Charles Archambaud fils indique (17 juillet 1886, remanié le 8 mars 1889) que "La partie de voûte du côté du maître-autel est percée à divers endroits de sorte que lorsqu'il pleut, le sol ressemble à un lac et on se trouve à chaque fois dans un travail ennuyeux pour enlever ces eaux pluviales afin de pouvoir faire les offices.£Le Choeur tombe en morceaux ; sa galerie est toute vermoulue et l'escalier a besoin d'une forte réparation. On est donc obligé à le démolir et en reconstruire un nouveau. [...] La sacristie reçoit le jour d'une petite fenêtre presque au niveau du sol de l'intérieur ; il arrive quelques fois que les eaux pluviales entrent dans l'intérieur. Il conviendrait donc de relever cette fenêtre et de l'agrandir. [...] Parmi les chapelles pratiquées dans l'édifice il y en a une qui n'a aucun autel ; elle est complètement nue ; le conseil de fabrique demande la restauration de cette chapelle. Le plan et les profils dressés par l'auteur du projet seront donnés pendant le cours d'exécution. La dépense s'élèvera à 200 francs".£En janvier 1892, visiblement les travaux ne sont toujours pas exécutés le devis estimatif s'élève alors à 1194,87 francs (Conseil de fabrique avait voté 60 frs le conseil municipal 40f, il restait encore à trouver 1094,87 frs.£Enfin, les budgets et comptes de la Fabrique de Casefabre nous apprennent qu'en 1903 de grands travaux ont été réalisés à l'église : recettes extraordinaires (subvention accordée par l'état : 500 f et sommes provenant de dons ("souscription" rajoutée à l'encre ): 674 fr. La fabrique dépense donc cette année là 1208,75 francs (1400 prévu au budget normalement) pour "grosses réparations ou reconstruction, église", "dont 24 journées de mulet, 79 journées d'âne, 38 journées d'homme évaluées à 5745" francs.£Selon G. Castellvi en 1943, la voûte de la première travée fut refaite. Au début du 21e siècle, le toit en tuiles de la nef fut reconstruit par la municipalité.