Description historique
L’église de Bun apparaît comme le centre d’une paroisse dépendante, au 14e siècle, de l’archiprêtré d’Aucun. A la fin du 18e siècle l’édifice, orienté, comprend une longue nef rectangulaire et un chœur logé dans une abside circulaire flanquée au nord d’une sacristie. Le mobilier du chevet comprend le maître-autel, surmonté d’un retable avec toile peinte représentant saint Martin, des bancs pour les prêtres et les chantres, une chaire et une barrière de communion. Une fenêtre est percée côté sud. Les sols sont planchéiés, les plafonds lambrissés. La nef est flanquée de chapelles latérales, celle du midi dédiée à saint Blaise, contenant les fonts baptismaux, celle du nord, sous l’invocation de la Vierge, est récente en 1781. La nef est pourvue de tribunes à plusieurs étages ainsi que d’un banc pour les consuls. La façade ouest est terminée par un clocher précédé d’un porche. L’ensemble des toitures est alors décrit comme en mauvais état.£Durant le 19e siècle des travaux d’entretien ont lieu mais l’église paraît se dégrader inexorablement. Un rapport établi en 1898 fait état d’un ensemble « vétuste et qui menace de s’écrouler ». Le porche est déjà tombé à cette date. Un arrêté du conseil municipal (17 novembre 1898) interdit l’accès à l’église et la construction d’un nouvel édifice est décidée.£À partir de 1900 et durant les travaux (soit au moins durant six années) la commune loue à Théophile Lacaze une grange sise au village, couverte en chaume et ardoises, afin de servir d’église provisoire. Une carte postale de Bun présente l’aspect de l’ancienne église Saint-Martin, entourée de son cimetière. On y voit l’abside arrondie, bordée au nord par la sacristie et surmontée d’un clocheton, le « chimboulet », la toiture à deux pans de la nef et la haute couverture pyramidale du clocher. L’ensemble des couvertures apparaissent très dégradées.£Le 24 novembre 1901, la Municipalité accepte le devis et les plans de l’architecte diocésain et des Monuments historiques Louis Caddau. Il est décidé de construire l’église à l’est de son emplacement originel, selon un plan simple : nef rectangulaire pourvue de deux petites chapelles formant faux transept, chevet plat avec sacristie latérale. Les pierres de l’ancienne bâtisse seront réemployées pour les maçonneries mais des matériaux nouveaux comme les briques de la tuilerie Oustau (Aureilhan), sont mis à l’honneur. Dans un souci d’économie, l’administration simplifie le plan en supprimant les chapelles de la nef qui seront cependant maintenues par le conseil municipal qui ne souhaite pas une église « sans caractère ». Un donateur a en outre offert 300 francs pour financer l’ajout des deux « simulacres » de chapelles latérales.£Lors de l’inventaire consécutif à la loi de séparation des Églises et de l’État (5 mars 1906) il est précisé dans le procès-verbal : « les murs et la toiture viennent de se terminer ». En 1907 intervient le règlement des dernières fournitures : chaux de Montant, ardoises de Lugagnan, briques de la tuilerie Oustau, Auguste Labro, plâtrier à Argelès, Dupont, d’Argelès (peinture et vitrerie + vitraux). Au mois de février, la couverture de la flèche du clocher se termine et au printemps suivant le mobilier est progressivement mis en place dans la nouvelle église.£Durant le 20e siècle l’édifice connaît de nouvelles campagnes de travaux. L’une est menée dans les années 1950 et amène une nouvelle bénédiction de l’église par Mgr Théas en 1955. La dernière, consistant en travaux de couverture et rénovation de peintures intérieures, remonte à 2010.