Description historique
Les plans pour la construction d’un établissement thermal au hameau du Bouridé sont dressés en juin 1848 par l’architecte départemental Pierre Artigala. Le conseil municipal les approuve au printemps de l’année suivante en estimant « qu’il y a nécessité de donner à la source du Bouridé l’extension que réclame l’affluence toujours croissante des malades qui viennent faire usage de ses eaux minérales » (AD Hautes-Pyrénées, 2 O 742, 1849). En juin 1851 les travaux de construction sont confiés à l’entrepreneur Bernard Lafforgue moyennant la concession des revenus de la source pendant vingt-deux ans. Alors que ce dernier devait achever le chantier dans un délai de cinq ans, en 1853 les travaux n’avaient pas encore débuté. Un établissement provisoire a tout de même été installé par le concessionnaire pour lui permettre d’exploiter la source (Ibid., mars 1856). Au printemps 1857, le chantier d’édification de l’établissement était presque achevé. L’architecte J. M. Dabes a en effet constaté que « les neufs cabinets de bain, la douche et la buvette du rez-de-chaussée fonctionnaient, et les autres dix cabinets du soubassement étaient prêts à fonctionner » (Ibid., 1857). Le chemin permettant de relier le Bouridé au hameau Hount-Caoute, où se trouve un établissement thermal depuis le début du 19e siècle, a été aménagé en parallèle de la construction de l’établissement de bains (Ibid., novembre 1856).£Les plans dressés par le géomètre François Barthe en 1865 permettent de connaître les dispositions architecturales de l’édifice (AD Hautes-Pyrénées, 2 O 739, 1865). De plan rectangulaire, il se composait d’un étage de soubassement et d’un rez-de-chaussée sur toute sa longueur, et était doté d’un étage supplémentaire dans son extrémité sud. L’élévation de la façade ouest témoigne d’une architecture sobre et fonctionnelle. Le niveau de soubassement était marqué par une succession de petites fenêtres correspondant à l’implantation des cabines de bains. Au niveau du rez-de-chaussée en revanche les fenêtres étaient moins nombreuses et présentaient un format plus important. Enfin, l’ensemble était couvert par un toit à deux pans se terminant au nord par une croupe. L’estimation des équipements thermaux appartenant à la commune de Capvern, réalisée par le géomètre dans le cadre d’un projet de vente, précise que l’édifice était bâti « en pierre, chaux et sable » et que l’étage de soubassement était voûté en maçonnerie. Ce niveau était doté de dix cabinets avec baignoires et douches, desservis par un couloir. Le rez-de-chaussée abritait aussi dix cabinets avec des baignoires en cuivre, ainsi qu’une cuisine, la buvette et la chaufferie. L’étage comprenait trois chambres dont une avec cheminée. Un escalier en bois assurait la communication entre les différents niveaux (Ibid., 1865). La mention de l’établissement thermal du Bouridé qui figure dans le Guide aux Pyrénées publié en 1874 permet de penser que les équipements sont restés similaires à ce qu’ils étaient au milieu des années 1860 (Jourdan, Guide aux Pyrénées…, p. 26).£Même si des dysfonctionnements au sein de l’établissement thermal sont dénoncés par l’ingénieur des Mines dès 1866 (AD Hautes-Pyrénées, 2 O 743, 1866), il semble qu’aucuns travaux importants n’aient été entrepris dans la seconde moitié du 19e siècle. L’ambitieux projet de reconstruction des thermes du Bouridé, dressé par Paul Abadie en 1874 dans le cadre de la concession Souberbielle, n’a finalement pas abouti (Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, 82/65/1002, 1874). C’est en effet ce que confirment les cartes postales anciennes datant du tout début du 20e siècle.£Le projet de reconstruction de l’établissement thermal est relancé à la fin des années 1920. Les plans du nouvel édifice sont dressés en avril 1928 par l’architecte parisien Marcel Macary (AD Hautes-Pyrénées, 2 O 744, 1928). La photographie aérienne réalisée en 1932 montre que le bâtiment était déjà construit à cette période (Ign, 1932).£L’établissement thermal bâti d’après les plans de Marcel Macary présentait une ossature entièrement en béton armé avec un remplissage en briques. Le tout était crépi, à l’intérieur comme à l’extérieur. Le bâtiment se composait d’un hall d’entrée avec buvette, flanqué de deux petits salons de repos et ouvrant sur la galerie des bains. Celle-ci, éclairée par des impostes vitrées, desservait le rez-de-chaussée qui abritait douze cabines de bains réservées aux femmes. L’étage de soubassement, qui était réservé aux hommes, présentait une organisation similaire (AD Hautes-Pyrénées, 2 O 744, 1928).£Les thermes du Bouridé ont fait l’objet d’une importante campagne de travaux au cours des années 1960 sous la direction de l’architecte toulousain Paul de Noyers (AD Haute-Garonne, 7687 W 18, s.d.). Lors de ces travaux l’édifice existant a été agrandi tant hauteur qu’en longueur et l’ensemble des aménagements a été modernisé, lui donnant sa configuration actuelle.