Description historique
Le site primitif de la ville de Saint-Jean-Pied-de-Port se trouvait dans le quartier d'Ugange, centralisé autour de l'église Sainte-Eulalie d'Ugange. Site stratégique au point de jonction de la Nive de Béhorléguy, d'Arnéguy et du Laurhibar, au carrefour de routes et au pied des cols, un château fort est édifié sur la colline de Mendiguren par les rois de Navarre au 12e siècle. La ville devient alors la capitale de la sixième "merindad" du royaume de Navarre, celle d'Ultrapuertos. Au début du 13e siècle, le rôle stratégique du château est augmenté par la création, au pied de la colline, d'une ville neuve dotée d'un marché et de l'autorisation de tenir des foires. Les maisons s'organisent de part et d'autre d'une rue unique appelée rue Sainte Marie, actuelle rue de la Citadelle. Une enceinte fortifiée est construite autour, équipée de portes. L'église Notre-Dame-du-Bout-du-Pont participe de la fortification. A la fin du 13e siècle, la ville est un grand centre de regroupement de pèlerins allant à Compostelle et un centre commercial. Aussi l'agglomération s'étend-elle hors de la première enceinte sur la rive gauche de la Nive (faubourg Saint-Michel en 1292, actuelle rue d'Espagne). En 1367, Charles le Mauvais considère Saint-Jean comme la clé de son royaume. Entre 1383 et 1418, pendant le Grand Schisme d'Occident, trois évêques de Bayonne nommés par le pape d'Avignon résident là. Vers 1512, Ferdinand d'Aragon fait renforcer les fortifications. Mais en 1521, la ville se range du côté d'Henri II d'Albret avant de retomber dans les mains adverses. En 1530, Charles Quint abandonne définitivement la Basse-Navarre et la ville est restituée aux Albret. La paix revenue, la ville s'étend hors les murs, à l'extérieur desquels s'établit le marché, bordé de maisons des 17e et 18e siècles (actuelle place du Général de Gaulle). Au cours des guerres de Religion, les troupes de Jeanne d'Albret saccagent et brûlent la ville et le château. L'église Notre-Dame devient écurie et Sainte-Eulalie d'Ugange est brûlée. A partir de 1640, l'ingénieur Antoine de Ville élève une citadelle à la place du château fort quasiment ruiné. Seul le donjon est conservé. En 1680, les travaux de la citadelle sont complétés par Vauban. Le donjon est démoli. Dans la 1ère moitié du 18e siècle, des remparts sont édifiés autour de la ville basse. Au 18e siècle également, le faubourg d'Ugange croît grâce au commerce, de même que celui de Saint Michel. A l'époque contemporaine, la vocation économique et touristique de la ville se consolide, de nombreux hôtels de voyageurs sont créés, ainsi qu'une gare. La citadelle abrite actuellement un collège.