Description historique
Le hameau du Moulin des Forges fut le siège d'une activité industrielle depuis le 15e siècle. Un moulin à battre le fer avec un haut-fourneau et vraisemblablement une affinerie est en effet attesté à cette époque. L'initiative en reviendrait au seigneur de Milly qui, en 1486, avait déjà fait installer un haut-fourneau à Hodenc-en-Bray. Cette usine à fer disparaît à la fin du 18e siècle ou au début du 19e siècle, sans que l'on sache à quelle date elle cessa son activité. Elle a cependant laissé de nombreux résidus de scories et de laitiers, mis au jour il y a une trentaine d'années, et dont les plus anciens vestiges remontent à sa fondation. Non loin de là, un autre moulin à foulon fut établi entre 1768 et 1784. M de Saisseval, seigneur de Boufflers, devenu Crillon par la suite, vend en effet en 1768 un terrain qu'il possède aux Forges de Milly, à Jérôme Canis. Ce dernier fait effectuer une prise d'eau dans la rivière du Thérain et aménage une dérivation, longue de près de 300 m qui traverse sa propriété. Sur la rive gauche de ce canal, il fait construire un moulin à foulon, dont la présence est attestée sur le plan d'intendance, exécuté en 1784. Le moulin à battre le fer est toujours présent, situé un peu plus au sud. En 1805, Joseph Dubos rachète le moulin à foulon à la veuve Canis. En 1816, il se rend également acquéreur du terrain situé sur l'autre rive du canal, appartenant à Auguste Lebastier, pour y faire construire l'année suivante un moulin à farine. Les deux moulins sont alors implantés en vis-à-vis. A son décès en 1829, les deux moulins sont revendus. Celui à foulon est acheté par Zacharie Mélliancourt, meunier à Bonnières, et celui à blé, à François Dubos. Ce dernier procède à la réfection de sa roue hydraulique en 1855, et revend deux ans plus tard son moulin à Charles Doligé. Celui-ci entreprend la reconstruction complète de l'édifice, qui devient une grande minoterie. Ces travaux sont entièrement réalisés en 1858, comme le confirment la date portée par les fers d'ancrages sur la façade sud-ouest de l'édifice, ainsi que l'autorisation accordée par la préfecture de l'Oise le 1er mars 1858. Zachachie Melliancourt, qui avait rapidement converti son moulin à foulon en moulin à blé, le revend également à Charles Doligé en 1856. En 1869, l'ancien moulin à foulon est à son tour reconstruit, comme l'atteste également cette date portée par les fers d'ancrages. En 1900, Louis Besse (1858-1949) , artisan tabletier, originaire de Meursault, arrivé à Méru (Oise) en 1896 installe une usine de tabletterie, spécialisée dans la fabrication de coupe-papier et cuillères en os, dans le bâtiment de la grande minoterie. Juste avant la Première Guerre mondiale, il rachète l'autre moulin qui avait cessé son activité de meunerie, pour s'étendre dans cette partie. Après cette extension, il fait construire vers 1920 de nouveaux bâtiments à usage de bureaux. Vers 1936, l'arrivée des nouveaux matériaux fait évoluer l'activité tabletière traditionnelle, et la société Besse oriente une partie de sa production vers les ustensiles en bakélite et autres matières thermodurcissables. En 1942, l'établissement est administré par ses deux fils, Raymond et André, qui parviennent à maintenir la production initiale jusque 1956. Après cette date, l'entreprise poursuit sa reconversion dans le traitement et la transformation des matières thermoplastiques. A cette fin, de nouveaux ateliers sont construits en 1965, puis à nouveau en 1993. Une roue hydraulique verticale de 3, 5 m de diamètre est toujours en place. La seconde, qui selon la tradition, mesurait près de 5 m de diamètre, est en ruine. La première roue est reliée à une dynamo de marine Westendorp de 7 kW, en fonction. Dans les étages, il subsiste les tonneaux de ponçage et de polissage, ainsi que de nombreux éléments de machines de tabletterie (tours) de marque Leroy, à Méru. En 1901, l'entreprise emploie 3 personnes. En 1940, l'usine de tabletterie emploie environ 50 ouvriers. Existence d'un fonds archives privées.