Description historique
En 1818, Jean-Baptiste Boileau, directeur de la filature de laine de Beaupré, installée dans une partie des bâtiments de l'ancienne abbaye cistercienne, crée à Marseille-en-Beauvaisis un premier atelier de bonneterie dans une simple maison de la rue du Chauffour. Cet établissement, fonctionnant au début avec une dizaine de métiers, constitue la seule unité d'importance du canton dans cette branche industrielle, organisée partout ailleurs en petites structures à domicile. L'entreprise, poursuivie par ses fils, se développe rapidement et bénéficie d'une solide réputation qui tient à la qualité de sa production, orientée vers des produits de choix, en laine et à mailles fines, dits à façon anglaise. En 1867, elle est transférée dans les bâtiments plus vastes de l'ancien hôtel de l'Epée, situé en bordure de la route nationale. Mentionné au 17e siècle sous le nom d'hôtel de l'Epée d'Or, ce bâtiment est visiblement reconstruit dans la seconde moitié du 18e siècle. On le connaît à l'époque sous le nom d'hôtel de l'Epée royale. En 1779, il est décrit comme étant couvert de tuiles, avec à l'arrière, les granges, les écuries et un colombier. L´hôtellerie possédait également avait un jardin et sur le bord du Thérain, un herbage planté d´arbres fruitiers dans lequel se trouvait une petite pièce d´eau. En 1888, Théodore Boileau, petit-fils du fondateur, prend la tête de l'entreprise qu'il dirigera jusqu'à sa mort en juillet 1931. Après la Première Guerre mondiale, alors que le secteur de la bonneterie connaît des difficultés économiques importantes entraînant la disparition de nombreux ateliers, l'entreprise Boileau continue son ascension. En 1925, les ateliers de production sont agrandis par l'annexion de la ferme voisine de la rue du Moulin. Finalement, en 1970, l'industriel décide de regrouper son unité de production et sa maison de négoce à Paris. L'usine de Marseille-en-Beauvaisis est donc fermée et ne reçoit plus d'affectation. Depuis quelques années, une partie des bâtiments a été convertie en logements. Aujourd'hui, l'entreprise Boileau existe toujours à Paris et met son expérience et son savoir faire au service de l'industrie de luxe. En 1836, l'usine fonctionne avec une quinzaine de métiers pour la confection de bas à l'anglaise, en laine et en coton. En 1888, quarante métiers circulaires remplacent les vieux métiers français, ou métiers droits. En 1900, une machine à vapeur Gautreau de Dourdan (Yvelines) est installée sur le site. En 1890, l´usine emploie 170 personnes, dont un tiers à domicile. Vers 1930, le personnel travaillant pour l'entreprise dépasse 200 personnes. Au moment de la fermeture en 1970, les ateliers ne fonctionnent plus qu'avec une quarantaine d'ouvriers.