Château de Bailleul (ou hôtel de Bailleul), puis musée communal et bibliothèque communale, maisons

Désignation

Dénomination

château

Appellation et titre

Château de Bailleul ; Hôtel de Bailleul

Destinations successives et actuelle

musée ; bibliothèque ; maison

Titre courant

Château de Bailleul (ou hôtel de Bailleul), puis musée communal et bibliothèque communale, maisons

Localisation

Localisation

Nord-Pas-de-Calais 59 Condé-sur-l'Escaut

Aire d'étude

Condé-sur-l'Escaut

Lieu-dit

Condé-sur-l'Escaut centre

Adresse

Cavalerie (rue de la) 15 à 39 ; Bibliothèque (rue de la) 1 à 13 ; Ecoles (boulevard des) 1 à 31 ; Munitionnaire (rue du) 6 à 10 ; Faidherbe (rue) ; Maréchal-de-Croy (rue du)

Référence cadastrale

1826 D1 474 à 495, 503, 512 à 514, 1875 D2 643 à 658, 660 à 662, 674 à 676, 679, 680, 2010 AP 45 à 49, 57 à 64, 118 à 124, 153 à 157, 161 à 198, 216 à 218

Milieu d'implantation

en ville

Parties non étud

jardin

Edifice de conservation

Place Verte

Référence de l'édifice de conservation

IA59002816

Historique

Datation des campagnes principales de construction

1er quart 15e siècle, 17e siècle

Datation des campagnes secondaires de construction

milieu 16e siècle, milieu 18e siècle, limite 19e siècle 20e siècle

Datation en années

1411, 1643

Justification de la datation

daté par source, daté par travaux historiques, date portée

Justification de l'attribution

attribution par travaux historiques, attribution par source

Personnalitées

Hamaide Jean de La (commanditaire), Croy Emmanuel de (habitant célèbre)

Commentaire historique

Deux seigneuries se partageaient la ville de Condé au Moyen-Age, la seigneurie gagère ou du château (voir notice Château fort) et la seigneurie propriétaire, dite aussi de Bailleul, qui releva des familles de Condé-Bailleul-Moriamez jusqu'en 1391 - nom sans lien avec la ville de Bailleul en Flandre, mais plutôt d'une étymologie commune avec celui du château de Beloeil, en Hainaut belge -, puis de La Hamaide jusqu'en 1485, de Roghendorf en 1531, de Lallaing (ou Lalaing) à partir de 1559 (date à laquelle les deux seigneuries ont été réunies) et enfin de Croy à partir de 1608 et jusqu'à la Révolution. Un premier château dépendant de cette seigneurie a probablement préexisté. Le corps de bâtiment médiéval encore en place, donnant en angle sur la place Verte, a été édifié pour Jean de la Hamaide (mort à Azincourt en 1415) dans les années qui précèdent la date de 1411 autrefois portée en façade avec les armes de cette famille sur un écu toujours visible mais dont les reliefs ont été bûchés. Cette résidence est qualifiée d'hostel dès la fin du 15e siècle (cité par le Rapport sur les antiquités..., p. 39, note 17). En 1544, Christophe de Roghendorf crée une orangerie et des jardins qui s'étendent jusqu'au rempart médiéval, mais dont l'organisation n'est pas connue. Cependant, le plan cavalier aquarellé de la ville dressé par le géographe Jacques de Deventer vers 1550 (édité en 1911 dans l'Atlas des villes de Belgique au XVIe siècle) semble indiquer la présence de bâtiments conséquents en coeur de parcelle ; faut-il y lire la survivance d'une ensemble castral plus ancien ? De même, une des gouaches réalisées par Adrien de Montigny entre 1595 et 1610 pour Charles duc de Croy (publiées dans les Albums de Croy en 1986-87) et présentant des vues cavalières de la ville, paraît indiquer la présence d'une haute tour à l'arrière de l'hôtel aisément reconnaissable - à moins qu'il ne s'agisse là d'une tour d'enceinte figurée de façon hypertrophiée. Par ailleurs, c'est dans le courant du 16e siècle que sont édifiées l'aile de la rue de la Bibliothèque puis celle de la rue de la Cavalerie (DAUVERGNE) , qui poursuivent le corps de bâtiment médiéval. Dans les années 1640, le couple Jeanne de Lallaing - Jean de Croy fait modifier l'aile de la rue de la Cavalerie, dont la façade arrière porte les armoiries des Lallaing et la date de 1643. Dans cette aile, les plafonds conservés attestent une datation de la 2e moitié du 17e siècle, et un grand escalier (dit escalier de Louis XIV en souvenir du séjour du roi en 1691) y est construit à la fin du siècle. La famille de Croy fait aussi construire les trois ailes intérieures en retour, délimitant ainsi trois cours ; l'aile en retour nord-est disparaît des plans entre 1727 (plan de Claude Masse) et 1754 (Plan des rues qui composent la ville de Condé). Au 18e siècle, le château est régulièrement habité par la famille de Croy ; Emmanuel de Croy (1718-1784) , futur duc et maréchal, y nait. Le décès de sa femme, Angélique-Adélaide d'Harcourt (1719-1744) , donne lieu en 1745 à un inventaire qui énumère les parties constituantes du château, en donne la distribution intérieure et détaille l'ameublement (commenté par DAUVERGNE) ; une grande partie de celui-ci est ensuite déménagé vers le château de l'Hermitage. L'édifice abrite alors plusieurs appartements, les archives de la famille, des cabinets de curiosités ; la bibliothèque est conséquente, l'aile qui l'abrite fait l'objet d'un agrandissement de six pieds aux dépends de la rue adjacente, à laquelle elle donne son nom en 1784 (DION). Les appartements princiers se situent dans l'aile de la rue de la Cavalerie, l'apartement du Roy cité dans l'inventaire de 1745 s'étendait probablement au 1er étage du corps de logis médiéval. En 1748-49, des réparations (cité par DAUVERGNE) sont dirigées par l'ingénieur militaire Louis Franquet, ingénieur en chef de la place de Condé : s'agit-il des percements de la façade et du rehaussement du comble du corps de bâtiment médiéval, et de la reprise des ailes, modifications dont le style atteste le 18e siècle ? Est-ce alors que les tourelles reçoivent un niveau supplémentaire et que disparaissent les mâchicoulis dont l'existence est supposée par l'historien de la fortification Nicolas Faucherre (communication orale) ? Le jardin, dont le dessin figure sur le Plan des rues qui composent la ville de Condé en 1754, est adjoint d'une orangerie et d'une pépinière ; on y pénètre depuis le passage traversant le château médiéval, qui donne accès à la cour d'honneur séparée du jardin par une clôture de plan cintré. Les communs se répartissent autour des cours occidentales. Une brasserie est mentionnée. Déclaré Bien national en 1793, le château est acheté le 24 vendémiaire an V (15 octobre 1796) par le sr. de Saint-Moulin. Le mobilier est placé sous séquestre en 1793 et les manuscrits, les objets précieux, tableaux, estampes, rapidement envoyés à Valenciennes, où ils sont rejoints par le contenu de la bibliothèque en 1796. En 1829, une ordonnance royale autorise la ville à acquérir divers bâtiments avec dépendances pour servir à l'élargissement de la rue de la Bibliothèque. L'aile longeant cette rue est alors diminuée en épaisseur, mais le sr. Mention, propriétaire du château depuis 1827, conserve la propriété et l'accès des caves situées sous la partie démolie. Un plan de 1841 montre l'organisation du jardin. Deux actes de vente en date du 14 septembre 1883 entérinent la cession à la ville par le sr. Mention et Mme Lefebvre, sa fille, du château, de ses dépendances et des terrains qui, précisait le procès-verbal de la séance du Conseil municipal du 28 décembre 1882, représentent en superficie la neuvième partie de la ville. L'année suivante, le rapport de M. Cavel, rapporteur de la commission des travaux, sur la modification de l'alignement de la rue de la Cavalerie signale le souvenir historique de l'édifice et son cachet monumental incontestable pour préconiser sa conservation. Les terrains libres derrière le château, correspondant à l'emprise du jardin, sont cédés, pour partie à l'administration des hospices dès 1884 afin de permettre la construction d'un hospice, et pour l'autre partie à des particuliers, par vente aux enchères, de 1884 à 1903. L'ensemble de la cession donne lieu à l'établissement d'un plan concerté de percement de rues (rues Faidherbe et du Maréchal-de-Croy) et de lotissement. Les anciens communs (écuries ?) qui constituaient la deuxième moitié, vers le sud-ouest, de l'aile de la rue de la Cavalerie, actuellement n° 27 à 33, ont été cédés et transformés dès 1884. Les bâtiments qui délimitaient le fond de la grande cour de service disparaissent rapidement. Le musée et la bibliothèque de la ville (fondée en 1874) sont installés vers 1890 dans le corps de bâtiment médiéval qui est classé au titre des Monuments historiques en 1904 ; mais les ailes, dont la qualité patrimoniale est moins reconnue, ne sont inscrites qu'en 1987 (arrêté rectificatif en 1988). Les anciens communs (n° 27 à 33 rue de la Cavalerie) ne sont pas concernés par la protection au titre des Monuments historiques. Ces ailes, actuellement identifiées par les n° 35-37 rue de la Cavalerie donnés en location par la ville dès la fin du 19e siècle, et 1-3 rue de la Bibliothèque, ont nécessité leur appropriation pour l'habitation. L'architecte Edmond Lemaire est chargé du chantier. Il propose en 1906-08 un aménagement intérieur, un percement et habillage complet de la façade sur la rue de la Bibliothèque restée nue et quasiment aveugle depuis le reculement de 1829. Puis, en 1911-12, il procéde à une division de l'aile rue de la Cavalerie en deux logements de rapport, en en distrayant l'escalier de Louis XIV pour la desserte du musée - le cloisonnement de ces logements présente par ailleurs quelques différences avec celui indiqué par le projet de l'architecte. C'est peut-être lors de ces travaux que disparaissent les pas-de-moineaux qui sommaient le pignon séparant les n°35-37 des anciens communs. La façade de l'immeuble n° 35-37 rue de la Cavalerie a été revêtue de briquettes de parement, vers 1960 ; il a été vendu en 1988 à l'office des HLM de Valenciennes (actuellement Val Hainaut Habitat). La cession du 1-3 rue de la Bibliothèque à un propriétaire privé est intervenue en 1995. Des restitutions d'une partie des percements d'origine des tourelles du corps de bâtiment médiéval ont été tentées par Etienne Poncelet, architecte en chef des Monuments historiques, en 1987-88. Le musée semble avoir été fermé au public dès les années d'entre-deux-guerres ; les collections y ont été conservées jusqu'à leur transert dans l'hôtel de ville vers 1970 (quelques oeuvres sont cependant encore en place dans le château). La bibliothèque municipale a quitté le château vers 1990. Actuellement (2008) , l'édifice est sans affectation sinon l'utilisation des salles du 1er étage par l'association Archéolocale. Les couvertures sont en mauvais état, des étais renforcent l'escalier et l'une des salles du 1er étage.

Description

Matériau du gros-oeuvre et mise en oeuvre

grès, moyen appareil, brique, calcaire

Matériau de la couverture

ardoise, tuile, matériau synthétique en couverture, acier en couverture

Vaisseau et étage

sous-sol, 1 étage carré, 2 étages carrés, étage de comble, étage en surcroît

Type et nature du couvrement

voûte en berceau, voûte en berceau plein-cintre, voûte en berceau brisé

Parti d’élévation extérieure

élévation à travées

Type de la couverture

toit à longs pans brisés, croupe brisée, toit conique, toit à longs pans

Emplacement, forme et structure de l’escalier

escalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie, escalier intérieur, en charpente : escalier tournant à retours avec jour, escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis sans jour, en charpente

Commentaire description

Avertissement : les références cadastrales renvoient à l'ensemble de l'emprise du château et de ses jardins tels que figurés sur le plan de 1754. Les bâtiments conservés sur la rue de la Bibliothèque (n° 27 à 39) et la rue de la Cavalerie (n° 1 à 5) , c'est-à-dire le château et ses ailes, sont identifiés sous les références cadastrales 2008 AP 153 à 157, 179, 216 à 219. Le propos descriptif est ici recentré sur le corps de bâtiment médiéval et les ailes sur les rues de la Cavalerie et de la Bibliothèque. Corps de bâtiment médiéval, à l'extrémité nord-ouest de la rue de la Cavalerie, façade donnant sur la place Verte : de plan massé, flanqué de quatre tourelles couvertes par des toits coniques (trois d'entre elles sont en encorbellement) , il est édifié en grès, de moyen appareil sur les faces tournées vers la ville, en moellons sur l'arrière. Les voûtes décrites plus loin sont aussi en grès. L'encadrement des ouvertures et les croisées sont en pierre calcaire (pierre de Bavay ?). En façade principale, les baies du rez-de-chaussée et du 1er étage sont closes par des châssis à petits bois, celles du 2e étage, des fenêtres à croisées de pierre, étant par contre articulées par des meneaux et traverses. La toiture à longs pans et croupes brisés se termine par un égout retroussé qui repose sur des corbeaux de pierre. Trois lucarnes en menuiserie à piedroits à volutes, couvertes par une croupe débordante, s'ouvrent vers la place Verte. L'ensemble des couvertures est en ardoise, à l'exclusion du côté vers place Verte, en feuilles bitumées. Un passage couvert, pavé, traverse le rez-de-chaussée en son centre. Voûté, dans sa section antérieure en berceau plein cintre puis, dans sa section postérieure, en berceau brisé, il comporte un assommoir côté place Verte et conserve le dispositif d'accrochage des vantaux de porte. Les deux pièces du rez-de-chaussée, voûtées de berceaux plein-cintre, s'ouvrent de part et d'autre dans le passage, l'une d'entre elles est la chambre du portier de l'inventaire de 1745. Ce passage débouche sur ce qui est maintenant une courette, vestige croupion de la cour d'honneur. L'accès à la cave et aux étages n'est possible qu'à partir de l'arrière du bâtiment. Une petite cave voûtée en berceau dont l'accès originel se faisait depuis la cour s'étend sous une partie de l'arrière du bâtiment. Un escalier en vis abrité par la tourelle ouest, la seule qui part de fond, assurait la desserte exclusive des étages jusqu'au début du 20e siècle. Son emmarchement est réalisé en pierre calcaire marbrière à l'exception du niveau d'accès au comble, en bois. Les étages du bâtiment sont planchéiés. Le 1er étage est composé de deux pièces principales et d'une antichambre (qui conserve les corbeaux ayant supporté le plafond médiéval) , ce qui pourrait correspondre à la composition du troisième appartement cité dans l'inventaire de 1745. Le 2e étage abrite une unique et vaste salle à poutres apparentes, dont les dimensions avoisinent 5 m en largeur et 14 m en longueur. Plusieurs couches d'enduit recouvrent les murs. Une cheminée monumentale est adossée au mur-pignon nord-est (voir notice IM59002507) ; la tourelle nord abrite les latrines saillant en encorbellement au-dessus de la chaussée de la rue de la Bibliothèque. Les tourelles (hors celle de l'escalier) , dallées de carreaux de céramique rouge, sont couvertes par des voûtes coniques. L'étage de comble est dallé de carreaux de céramique. L'aile correspondant aux actuels n° 35 et 37 rue de la Cavalerie comprend un sous-sol partiel, un rez-de-chaussée et un étage de comble couvert par un toit à longs pans d'ardoises. La façade sur rue, défigurée par l'application d'un parement de briquettes jaunes, ne permet pas d'approche de la mise en oeuvre architecturale, qui demeure cependant appréciable en façade arrière. Sur un solin de pierre s'élève une maçonnerie de brique interrompue par les encadrements de baies en pierre calcaire. La première travée côté cour (qui correspond au pan de mur non revêtu du briquettes côté rue) a conservé la lisibilité des dispositions de la première moitié du 17e siècle : une porte au chambranle mouluré en pierre surmontée d'un fronton triangulaire assez fruste, au-dessus de laquelle se développe une baie aux proportions d'une porte-fenêtre. Des reprises sont cependant visibles. Depuis la fin du 17e siècle, cette travée correspond à l'emplacement de l'escalier de Louis XIV, distrait en 1912 de la distribution de la maison pour permettre un accès plus commode au corps de logis médiéval abritant alors musée et bibliothèque. Cet escalier en charpente, tournant à retours avec jour, comporte une rampe d'appui à balustres plats. Il commande actuellement l'accès à la cave du bâtiment médiéval et en dessert le 1er étage. Dans cette aile, qui abritait semble-t-il l'apartement du Roy cité dans l'inventaire de 1745, sont aussi conservés les plafonds à compartiments recoupés par le cloisonnement intervenu lors de l'appropriation en appartements au début du 20e siècle (voir notice IM59002509). Au-delà du mur-pignon débordant, les n° 27 à 33 rue de la Cavalerie sont bâtis dans la continuité des n° 35-37 et en reprennent le volume. Les n° 31 et 33 sont revêtus d'un enduit de ciment, les n° 27 et 29 montrent une façade de brique, mais les façades arrière, dans lesquelles domine la brique, comprennent aussi, au-dessus d'un solin de grès, des moellons de grès et de la pierre calcaire blanche. Les percements ont été repris. Les toitures à longs pans sont couvertes de tuile ou de matériau synthétique. Une corniche de pierre blanche court du n° 27 au n° 33 tant sur les façades avant qu'arrière. Le mur-pignon du n° 27 atteste bien une construction ancienne, qui semble chronologiquement cohérente avec celle des n° 35-37. L'aile de la rue de la Bibliothèque (n°1 à 5) montre actuellement une façade résultant des aménagements des années 1906-1908. Un enduit de ciment donnant l'illusion d'un appareillage et d'une modénature de pierre dissimule la brique. L'élévation, à travées, comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage en surcroît, au n° 1-3 (ce que ne prévoyait pas le projet de l'architecte Lemaire en 1906) , peut-être un 2e étage carré ou aussi un étage en surcroît plus développé au n° 5. Le toit à longs pans est couvert de bacacier, de tuiles et d'ardoises synthétiques. Les deux premières travées de façade correspondent sur l'arrière à une élévation qui se raccorde de façon pragmatique au corps de bâtiment médiéval (voir cliché) ; un burguet, et une porte donnant accès à un escalier demi-hors-oeuvre en vis, en charpente, prennent jour dans la courette du corps de bâtiment médiéval. Ces travées ont été restaurées, avec modifications des percements anciens, par l'architecte en chef des Monuments historiques (1986). L'ensemble des façades arrière, très dégradé, est élevé en brique avec encadrement des baies en pierre blanche ; la corniche est ornée d'une frise de briques posées en dents de scie. Des lucarnes à croupe débordante et piedroits à volutes gravés ponctuent la toiture couverte en bacacier et matériau synthétique.

Technique du décor des immeubles par nature

sculpture

Représentation

armoiries

Précision sur la représentation

Armoiries en façade arrière du n° 37 (remontage ?) : Jeanne de Lallaing (+ 1649) , épouse de Jean de Croy-Solre.£Armoiries bûchées, en façade du corps de bâtiment médiéval, au-dessus du passage cocher : Jean de La Hamaide, avec la date de IIIIC et XI (d'après une source du 17e siècle citée par A. Salamagne, Châteaux et chevaliers...) £Armoiries bûchées, à côté de l'accès à l'escalier demi-hors-oeuvre de l'arrière de l'aile de la rue de la Bibliothèque : Jean de Croy-Solre (1588 - 1640) époux de Jeanne de Lallaing (d'après une note de la C.R.M.H., 1975).£

Etat de conservation

mauvais état

Protection

Date protection

1904/02/17 : classé MH ; 1987/07/03 : inscrit MH partiellement

Référence aux objects conservés dans l'édifice

IM59002327, IM59002206, IM59002455, IM59002205, IM59002378, IM59002456, IM59002454, IM59002457, IM59002458, IM59002508, IM59002509, IM59002507

Intérêt de l'oeuvre

à signaler

Observations

Il est difficile actuellement, du fait de la disparition des jardins et des bâtiments de service, de la dénaturation des ailes s'étendant rue de la Cavalerie et rue de la Bibliothèque et du quasi-abandon du corps de bâtiment médiéval, d'imaginer la qualité de l'ensemble du château.£Pour apprécier celle-ci, demeure l'analyse des plans - parmi lesquels ceux des jardins -, le recours à l'inventaire après décès de la princesse de Croy dressé en 1745, la qualité des plafonds à compartiments conservés aux n° 35-37 rue de la Cavalerie, et surtout l'analyse du corps de bâtiment médiéval, l'hôtel de Bailleul proprement dit.£La bibliographie existante s'est attachée à une lecture militaire de cet édifice, faisant le juste rapprochement avec le donjon de Bours (Pas-de-Calais) daté lui aussi du 15e siècle et significatif par son parti quadrangulaire massé flanqué de tourelles en encorbellement. Cependant la lecture de l'hôtel de Bailleul prend plus de pertinence par le rapprochement avec les demeures urbaines médiévales. En effet, les attributs défensifs apparaissent plus comme des rappels de la puissance seigneuriale, des signes ostentatoires de pouvoir. L'assommoir, les tourelles, le percement de celles-ci par des arbalétrières et des archères-canonnières qui doivent être utilisées par l'analyse comme des éléments de datation et non comme relevant d'un système défensif, l'existence originelle de mâchicoulis supposée par Nicolas Faucherre (communication orale) , sont ici des éléments d'affirmation du statut social du commanditaire au même titre que le soin porté à l'appareillage de façade, les vestiges d'armoiries et la présence de la grande salle seigneuriale du 2e étage. Celle-ci a conservé son volume, son plafond à poutres apparentes, sa cheminée et ses percements d'origine, peut-être aussi des décors peints sous les nombreuses couches d'enduit. Signalons enfin que la faible épaisseur des murs (90 à 95 cm aux 1er et 2e étages) ne peut faire penser à un édifice conçu pour la défense et situé par ailleurs à l'intérieur d'une formidable enceinte urbaine.£L'hôtel de Bailleul s'impose donc comme étant une résidence seigneuriale urbaine du 15e siècle, utilisant la rhétorique de l'architecture militaire contemporaine dans un souci d'ostentation. Au-delà de son intérêt intrinsèque, la rareté d'édifices de même nature conservés dans le nord de la France est à souligner.£

Statut juridique

Statut de la propriété

propriété de la commune,propriété privée

Références documentaires

Date d'enquête

2008

Crédits

© Inventaire général

Date de rédaction de la notice

2008

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Oger-Leurent Anita

Cadre de l'étude

inventaire topographique

Dossier

sous-dossier