Description historique
A la suite de l'extension de la ville de Metz à partir de 1902, le directeur du séminaire, l'abbé Dorvaux, obtient une nouvelle parcelle longitudinale, prise sur les anciennes fortifications, qui vient doubler la surface de l'établissement par une grande cour devant les bâtiments. Les deux chapelles existantes étant devenues trop exigües, il est bientôt décidé d'en construire une nouvelle à l'intérieur de cette nouvelle enceinte. En grande partie financé par des dons privés, notamment des famille du Coëtlosquet (160 000 Mk), de Gargan (8000 Mk) et de l'abbé Bombardier (25 000 Mk), le chantier est confié à l'architecte Ludwig Becker (1855-1940) de Mayence, un des rares architectes allemands de confession catholique, déjà intervenu à Metz sur le chantier de la cathédrale et pour la construction de l'église néo-romane Saint-Joseph de Montigny-les-Metz. Connu pour ses nombreuses réalisations en Allemagne, en Alsace et jusqu'aux Etats-Unis, ce dernier passe l'année 1905 à Metz où il mène en parallèle plusieurs chantiers privés. Les entreprises choisies lors des adjudications sont essentiellement locales : Peter Mungenast de Metz (maçonneries), Köchling de Montigny (charpentes), Bast de Queuleue (ferrures de la coupole), Weckmüller et Haüser de Devant-les-Ponts (serrurerie), Schwarzott et Baudinet de Metz (vitrerie), Paul Geisler (sculpture intérieure). Parmi les intervenants extérieurs, la maison Maschmann de Mayence (menuiseries), Zettler Institut für Kirchlische glasmalerei de Munich (vitraux), Mettlacher Mosaikfabrik und Merziger Terrakottafabrik (maison Villeroy et Boch) ou Théophile Klem de Colmar (mobilier sculpté). Si la taille du terrain aurait permis l'adoption d'un plan en croix latine dont la nef allongée aurait été plus proche de la forme des églises paroissiales, l'architecte choisit un parti différent, à plan centré, d'une plus grande portée symbolique et présentant en outre l'avantage de s'inscrire dans l'axe de l'entrée d'honneur de l'ancien bâtiment sans en cacher la perspective. Le choix du style néo-baroque, unique à Metz à cette époque, est, tout comme le plan, inspiré par la chapelle épiscopale Sainte-Glossinde (1752-1756) dont le baldaquin est également copié (cf IM57003754). Commencée le 19 mars 1905, la chapelle est consacrée le 5 novembre 1907 et placée sous le vocable de saint Charles-Borromée, grand réformateur de l'église catholique après le concile de Trente, qui s'était particulièrement attaché à la formation des prêtres. Très bien conservé, y compris dans son mobilier, l'intérêt de l'édifice réside dans cette remarquable unitité stylistique et symbolique.