Description historique
Le lieu noble est signalé dans la réformation de 1427, comme « hébergement antien » pour la famille Bolebar. Il est cependant probable que les vestiges du manoir encore en place en 2000 à proximité du château remontaient plutôt au milieu du 15e siècle, d’après la forme des rampants du pignon ouest. Ce premier manoir avait été modernisé avec modification des ouvertures, augmenté d’une aile en retour à toiture à croupes au 18e ou 19e siècle, et transformé en dépendance lors de la construction du nouveau château, puis prolongé d’écuries, détruites vers 2005 avec le manoir. Les photos de sa démolition n’ont pas laissé voir de cheminées adossées au pignon ouest du 15e siècle : en effet, la souche de cheminée en brique ajoutée au 19e siècle laisse penser qu’il n’y en avait pas de ce côté ; sur le pignon opposé au contraire, la haute souche ancienne portait deux conduits correspondant à la cheminée de la salle et à celle d’une chambre à l’étage. Quant à la tour d’escalier hors œuvre au sud, elle ne contenait pas d’escalier en pierre. Postérieur au manoir, le colombier en moellon, situé au nord-ouest, remonte probablement au 17e siècle ; les pierres d’encadrement de sa porte sont à arêtes vives. D’un diamètre intérieur de 7,60m, il est pourvu de 360 boulins.Le nouveau château est construit probablement dans la seconde moitié du 18e siècle à l’ouest du manoir, au bord de la pièce d’eau, dont la date création n’est pas connue. Sur le plan cadastral de 1824, le nouveau bâtiment était relié à l’ancien manoir par un corps qui n’existait plus sur les vues de la fin du 19e siècle.Construit en plusieurs campagnes, il se composait d’un corps principal ouvert vers l’est et l’ancien manoir sur l’étang. À plan double en profondeur, il était enduit et couvert d’un toit à croupes brisées orné en son centre d’un campanile. À l'est, sur l’élévation principale à cinq travées, les trois travées médianes, correspondant peut-être à la première campagne de construction, étaient limitées par des pilastres colossaux ; la porte de la travée médiane, en légère avancée, était soulignée d’un fronton triangulaire. Le linteau des ouvertures de l’étage était protégé par un larmier. Deux ailes en retour, à deux travées et à la toiture un peu plus basse, peut-être légèrement postérieures, avaient été prolongées de pavillons carrés à haute toiture en pavillon sans doute à la fin du 19e siècle, car ils ne figurent pas sur le cadastre de 1824. Ces pavillons étaient reliés sur la façade postérieure par un corps d’entrée sans étage à trois travées à toiture brisée : les clichés conservés ne permettent pas de savoir si cet ajout était contemporain ou antérieur aux pavillons.À l’extrémité sud du corps de logis, se trouvait une chapelle qui sera détruite lors de la construction du nouveau logis.Le château avait été acquis en 1810 par la veuve d’un banquier genevois, Nicolas de Sivry. On ne sait que lui attribuer comme travaux, mais sa fille ayant épousé le baron Roger, également suisse, qui releva le nom de Sivry, on admet que ce dernier est à l’origine de grands travaux dans le château : probablement l’augmentation du château et la construction de la plupart des dépendances, ainsi que de la mise en œuvre du grand parc. En 1923, suite aux dommages de guerre reçus en compensation de propriétés familiales détruites dans l’Aisne lors du conflit de 1914-1918, la décision est prise de construire un logis plus éloigné de l’étang, et mieux orienté. Il est situé sur l’emplacement de la chapelle figurant sur le plan cadastral de 1824 à l’extrémité sud du château dont le nouveau logis n’est séparé que d’une largeur de camion. Les plans en sont confiés à l’architecte parisien Léon-Maurice Chatenay. Celui propose un dessin de manoir anglo-normand, dans le style régionaliste, proche des réalisations de villégiature des stations normandes et bretonnes de la fin du 19e siècle : l’alliance entre le pan de bois néo-urbain et la pierre blanche de style néo-gothique et Renaissance, la variété des volumes n’est pas sans évoquer le château de Villargène, construit par le même architecte pour la baronne de Rotschild en 1900.