Phare de Goulphar (Etablissement de signalisation maritime n°799/000)

Désignation

Dénomination de l'édifice

Phare

Titre courant

Phare de Goulphar (Etablissement de signalisation maritime n°799/000)

Localisation

Localisation

Bretagne 56 Bangor

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Belle-Ile-en-Mer (subdivision de Lorient)

Lieu-dit

Goulphar (sur le plateau au nord du port de)

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

Isolé

Partie constituante non étudiée

Jardin, abri, enclos, logement

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

2e quart 19e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1826

Description historique

Pour mener à bien cette vaste opération de construction de la ceinture de phares proposée par le programme général d'illumination des côtes de France et approuvée en 1825, si l'argent demeure essentiel il convient aussi d'y associer des hommes compétents. Tout naturellement la Commission des Phares et le Conseil général des Ponts et Chaussées considèrent que cette lourde tâche incombe localement aux ingénieurs en chef des départements maritimes et ensuite plus particulièrement aux ingénieurs ordinaires des arrondissements littoraux qui devaient préparer les projets, dessiner les plans et présenter les devis. Les initiatives se prenaient à Paris mais les avant-projets se décidaient sur place en tenant compte des prescriptions de la Commission, le plus souvent celles d'Augustin Fresnel directement : mais les relations entre le secrétaire de la Commission et les départements ne s'établissent pas toujours dans le meilleur esprit. L'exemple le plus connu et le plus marquant de ces anicroches concerne les études préparatoires relatives à l'établissement du phare de premier ordre de Goulphar sur Belle-Ile pour signaler l'un des principaux points d'atterrissage de nos côtes atlantiques. Fresnel rédige des notes préliminaires et les adresse à l'ingénieur en chef du Morbihan, Luczot, directement concerné qui de son côté présente un projet personnel et selon lui définitif en novembre 1824. En contradiction sur plusieurs points, esthétiques et techniques, et notamment sur les conditions de stabilité de la haute tour à construire pour recevoir un appareil optique de grandes dimensions, Fresnel dresse un contre-projet qui est soumis à la Commission des phares puis au Conseil général selon les modalités en vigueur mais rarement utilisées. Il présente une tour plus fine, plus économique à ériger, qui est immédiatement acceptée en haut lieu et l'on demande alors à l'ingénieur Luczot "qu'il veuille bien examiner le nouveau projet". Mais la confrontation n'en reste pas là puisque ce dernier rétorque qu'il ne peut se charger de "satisfaire, dans un nouveau projet du phare de Belle-Ile, aux conditions posées par la Commission des phares", parce qu'il ne croit pas possible de les remplir sans compromettre la stabilité de l'édifice prévu à Paris. En définitive il refuse de se soumettre aux principes exposés par Fresnel car ce projet, selon lui, donne à la tour des proportions trop sveltes ; pour sa défense il affirme plus tard qu'il n'a jamais reçu le moindre élément technique de Paris à part une note laconique en 1824 sinon rien."Je n'ai point vu le rapport de la Commission des phares en date du 6 octobre (1826) , je n'en connais que les conclusions que m'a adressées M. Fresnel ; il est évident qu'elles ont été édictées par une prévention défavorable contre moi". Fresnel, profondément affecté par cette chicane soumet alors un autre projet beaucoup plus complet, très détaillé et accompagné des premières notes de calcul de résistance des édifices de haute taille face aux efforts du vent afin de déterminer théoriquement les contraintes exercées sur ce genre de bâtiments et prouver mathématiquement que la finesse de sa tour est suffisante pour résister aux assauts des tempêtes. Il réfute aussi les arguments présentés par l'ingénieur Luczot et présente son troisième projet aux diverses commissions qui l'adoptent encore une fois sans jamais remettre en doute les conceptions de Fresnel. Elles décident que ce petit jeu doit cesser et que la tour doit être construite sans plus tarder. Notre ingénieur Luczot accepte, contraint et forcé, la décision finale mais les problèmes perdurent sur le site. Si la construction commence en 1829, avec trois ans de retard sur le programme prévu et déjà des dépassements de budgets importants, on s'aperçoit dès l'année suivante que le sous-sol schisteux ne présente pas toutes les qualités requises de stabilité pour asseoir les fondations d'un grand phare et on abandonne le chantier alors que la tour s'élève à 6 mètr es au dessus du sol. Léonor Fresnel reprend les calculs de son frère entre temps décédé pour juger de la qualité du sol et décider ensuite de réduire la hauteur totale de l'édifice. La construction reprend en août 1833 et s'achève au cours de l'été 1835.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Granite, pierre de taille

Matériaux de la couverture

Zinc en couverture

Description de l'élévation intérieure

Étage de soubassement

Typologie de couverture

Toit bombé

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier dans-oeuvre : escalier en vis avec jour, en maçonnerie

Commentaire descriptif de l'édifice

- Description architecturale : Hauteur au dessus de la mer : 87, 25 m. Taille générale : 52, 25 m. Hauteur de la focale : 47, 25 m. Description : Tour cylindrique, sur soubassement cylindrique en pierre de taille à 1 étage carré de type néo-classique, le tout en maçonnerie de pierre de taille formant groupe avec différentes constructions de différentes époques. Fût terminé par astragale et corniches. La lanterne est desservie par un escalier en maçonnerie de granite en vis avec jour. Terrain 18846 m2. Plus loin, abri de sirène de brume. - Description technique : 1ère optique : 01 janvier 1836 : feu de premier ordre à éclats longs blancs toutes les minutes à 8 panneaux. Autres optiques : 01 septembre 1857 : Feu à éclipses de minutes en minutes. Lentilles catadioptriques, focale 0, 92 m. 05 janvier 1890 : feu 2 éclats groupés toutes les 10 secondes, focale 0, 30 m, lampe à arc électrique. 01 novembre 1903 : renforcement du feu, optiques doubles de focale 0, 30 m. 4 panneaux au 1/4, lampes à arc. Cuve à mercure : 1903. Combustibles : Huile végétale : 1836. Huile minérale : vers 1875. Vapeur pétrole : en secours. Aides radio : radiophare arrêté en 1987. Electrification : 1890. - Etat actuel : Tour hauteur 52, 25 m légèrement tronconique en maçonnerie de pierres apparentes. Lanterne rouge Ø 4 m à vitrage incliné de un niveau. Jardins. Double optique BBT tournante focale 0, 30 m à 4 panneaux au 1/4. Feu à 2 éclats groupés blancs. Lampe halo 1000w Portée 27 milles. Cuve à mercure modèle 4 colonnes BBT sur 2 niveaux avec cuve supérieure de couleur verte. Sur place : ancienne machine de rotation électrique BBT. Abri de la sirène de brume à 1300 mètres.

Technique du décor des immeubles par nature

Sculpture

Indexation iconographique normalisée

Homme : en buste

Description littéraire de l'iconographie

Buste de Fresnel et de Beautemps-Beaupré

État de conservation (normalisé)

Bon état

Protection

Date et niveau de protection de l'édifice

1995/06/12 : inscrit MH

Intérêt de l'édifice

À signaler

Observations concernant la protection de l'édifice

Le local de la sirène de brume a aussi été inscrit.

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de l'Etat

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

1986 ; 2001

Date de rédaction de la notice

2002

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Dreyer Francis, Fichou Jean-Christophe, Dufief Denise

Cadre de l'étude

Inventaire des phares

Typologie du dossier

Dossier individuel

Accès Mémoire

VISMER-PHARES-PROT ; VISMER-PHARES-FRESNELA ; VISMER-PHARES-ARCHI ; VISMER-PHARES-FORME-ROND ; VISMER-PHARES-LOCA-ILE

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional de Bretagne - Service chargé de l'inventaire Hôtel de Blossac - 6, rue du Chapitre 35044 Rennes Cedex - 02.99.29.67.67