Description historique
La cure a été construite en deux étapes : un premier bâtiment orienté vers l'est correspond à l'ancienne cure, peut-être du 17e siècle. Un second bâtiment lui est adjoint sur le côté sud en 1762, à l'initiative du curé Simon de la Bénardais. Deux textes de 1732 et 1756 fournissent des indications sur l'ancienne cure. En 1732, de nombreux travaux sont à effectuer : le bâtiment s'organise alors avec au rez-de-chaussée une cuisine dotée d'un four, une petite chambre, un petit office avec une cheminée non terminée. Un escalier permet d'accéder à la chambre haute et aux greniers. La chambre haute se trouve au-dessus de la salle avec au bout un grenier, où l'on trouve deux jambages de cheminée inutiles. Un petit cabinet est placé à côté et un siège à latrine inutilisé est également mentionné. Un grenier au-dessus de la chambre est accessible par une échelle. A proximité de la cure se trouve la fuie avec "trois rangs de pierres d'ardoisine formant un larmier au plafond pour recevoir les pigeons". Le jardin est ceint de murs. Existaient une petite et une grande grange, des toits à porcs et à oies, une écurie, une étable à vaches. L'accès à la cour s'effectuait par une grande porte à deux vantaux avec une plus petite à côté. Le réservoir de la cure est aussi décrit dans la perspective d'un curage : il est délimité par une "chaussée perrée" à l'est, sous laquelle passe un cour d'eau avec bonde en charpente. Le réservoir est taluté en partie de murs et de saules. Les travaux alors préconisés n'ont certainement pas été réalisés car on en retrouve la teneur quelques années plus tard en 1756. Ce texte indique les mesures des bâtiments que l'on retrouve aujourd'hui : le bâtiment principal mesure 54 pieds de long sur 27 de large. Dans la cuisine est mentionnée la présence d'un potager. Un pressoir en mauvais état est abrité dans l'étable-grange. Une boulangerie est en cours de construction à la suite d'une étable. Outre les deux portes d'accès à la cour, il y a également une porte donnant accès au jardin. Le réservoir mesure à cette époque 350 pieds de long sur 150 de large. Le curé, Simon de la Bénardais, fait réaliser "un très beau bassin d'une fort belle longueur et largeur, lequel bassin nous a paru fort nécessaire avec une belle fontaine voûtée". La tour de la fuie mesure 16 à 17 pieds de haut et 45 de circonférence, elle est couverte d'ardoise avec un petit dôme et deux lucarnes. Simon de la Bénardais prévoit de faire construire une cave sous le pigeonnier pouvant contenir 15 busses de vin, le cellier de la cure étant trop petit. Il souhaite aussi y ménager une chambre pour loger un domestique. Enfin, des trous de boulin doivent pouvoir accueillir 50 couples de pigeons. Simon de la Bénardais ne s'arrête pas là puisque quelques années plus tard, en 1762, c'est un bâtiment entièrement neuf qui est élevé et associé à l'ancienne cure. Orienté vers le sud, il doit pouvoir ainsi profiter de la vue offerte par le réservoir avec le bassin aménagé mentionné ci-dessus. Au début du 19e siècle, l'étang de la cure est abandonné : il se limite à la parcelle 915, seule une partie des fossés qui délimitaient le jardin est encore en eau. Le reste du terrain n'est plus qu'un marécage encombré de végétation et utilisé en prairie avec le reste du pré de la cure. Jacques Leroy, curé de 1814 à 1851, fait nettoyer et recreuser l'étang, il sert alors d'abreuvoir et de lavoir. En 1849, le percement de la route de Vern à la Membrolle amoindrit l'espace de la cure : le jardin et le réservoir sont ainsi rognés. Un lavoir public est créé de l'autre côté de la route. Les bâtiments subissent d'autres modifications : en 1814 (date inscrite?) , les fenêtres de l'ancienne cure sont remaniées. Le curé Gourdon mentionne des travaux qu'il fait réaliser en 1856 : la cuisine est ainsi transportée dans la nouvelle cure afin de faire un salon de compagnie. En 1859, la chambre de l'étage est divisée en deux par une cloison en brique .