Description historique
Un puits du nom de Pié de Boulet est mentionné en 1227. En 1416, Louis II, duc d'Anjou, fait abattre une maison du chapitre Saint-Maurice renfermant ce puits, afin d'y édifier une fontaine. Rénovée par la Ville en 1476, la fontaine fait ensuite constamment l'objet de travaux. Elle subit une restauration complète en 1536 par Jean Delespine, architecte de la ville, puis en 1540 : elle est alors couronnée d'une statue en cuivre à l'antique représentant Neptune (qui sera vendue en 1564).£ £Déclarée ruinée, elle est entièrement reconstruite en 1620-1622 sur ordre du maire d'Angers, François Lanier, par l'architecte Gilles Constantin et le maître fontainier Benjamin Bourdais, originaire de Champigny-sur-Veude en Touraine ; les travaux sont exécutés par le maçon René Chantepie. Une des plaques en bronze sur le rebord de la cuve porte la date 1622. Deux tables avec des inscriptions en latin, sur le piédestal, pourraient aussi remonter à cette époque, ou dater d'une des multiples interventions qui jalonnent l'histoire de cette fontaine (un historiographe d'Angers les retranscrit en 1778). En 1630, un dôme en pierre à l'impériale y est ajouté pour mettre fin aux jets d'immondices : la fontaine acquiert alors l'aspect qu'on lui connaît aujourd'hui.£ £En 1677, des travaux d'adduction sont effectués par Jean-Baptiste Leclerc, maître fontainier et ingénieur du roi, suite à la recherche de nouvelles sources d'alimentation. De semblables préoccupations interviennent notamment en 1732, sur ordre du maire François Boucault (que rappelle une table du piédestal) , et en 1769. Elle est munie d'une machine hydraulique, installée en 1784 par le mécanicien Letourneau.££Après de nombreux travaux d'entretien dans la première moitié du 19e siècle, une restauration complète est effectuée en 1894 sous le mandat du maire Jean Guignard (quatrième table du piédestal, avec une date de restauration en 1723 qui pourrait être une mauvaise retranscription de la restauration de 1732 ?).££Un ambitieux programme urbanistique en 1905, non réalisé, prévoyait le déplacement de la fontaine au bas d'un monumental escalier à la montée Saint-Maurice. Il semble qu'elle fonctionnait encore dans les années 1950-1960. Après une période d'abandon, elle est remise en eau vers 1977-1980 et restaurée en 1989 : le piédestal, avec ses quatre tables, et l'obélisque sont refaits ; une boule et une croix sont remises en couronnement de l'obélisque, comme on le voyait sur les dessins les plus anciens (ces dessins montraient aussi différents blasons sur l'obélisque, disparus à une date indéterminée).