Hôtel dit Logis Barrault, puis Grand séminaire, actuellement musée des Beaux-Arts

Désignation

Dénomination de l'édifice

Hôtel, séminaire, musée

Appelation d'usage

Logis Barrault ; Grand séminaire ; musée des Beaux-Arts

Destination actuelle de l'édifice

Musée

Titre courant

Hôtel dit Logis Barrault, puis Grand séminaire, actuellement musée des Beaux-Arts

Localisation

Localisation

Pays de la Loire ; Maine-et-Loire (49) ; Angers ; 14 rue du Musée

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Angers intra-muros

Canton

Angers Centre

Lieu-dit

Centre-ville (quartier)

Adresse de l'édifice

Musée (rue du) 14

Références cadastrales

1840 J 533, 618, 1980 DH 124, 136, 137, 1999 DH 124, 137, 744

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En ville

Partie constituante non étudiée

Cour, jardin, communs, puits

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

4e quart 15e siècle, limite 17e siècle 18e siècle, 2e quart 18e siècle, 2e moitié 19e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1486, 1697, 1706, 1731, 1851, 1859, 1885, 2004

Commentaires concernant la datation

Daté par source, daté par travaux historiques

Commentaires concernant l'attribution de l'édifice

Attribution par source

Personnalités liées à l'histoire de l'édifice

Barrault Olivier (commanditaire)

Description historique

Olivier Barrault, secrétaire du roi et trésorier de Bretagne, vicomte de Mortain, maire d'Angers à trois reprises, fait construire son hôtel entre 1486 (date d'achat de la parcelle du jardin) et 1493 (date d'un procès avec son voisin Pierre de Laval, abbé de Saint-Aubin, relatif à des vues indiscrètes depuis le Logis Barrault sur le jardin de l'abbé). Cette demeure de prestige accueille les hôtes de marque, de César Borgia en 1498 à Marie de Médicis en 1619, même si dès le milieu du 16e siècle, la propriété est divisée et louée.
Elle est acquise en 1673 par le Grand séminaire qui engage d'importants travaux sous la conduite de l'architecte Jean Lecomte : l'aile du réfectoire le long du jardin est commencée en 1697 à l'emplacement du Petit-Barrault qui servait vraisemblablement à l'origine de cour de service et d'annexe au Grand Barrault. Celui-ci est alors entièrement surélevé de deux étages et augmenté, côté rue par un corps de coursives adossée au corps de galerie, côté cour par une chapelle et une bibliothèque (aménagée au-dessus en 1711) en prolongement de l'aile droite (logis A). Cette dernière extension fait disparaître une petite tour d'escalier symétrique de la grande vis actuelle et une partie des communs. Enfin un nouvel escalier contre la galerie dessert directement les parties nord de l'édifice (au détriment d'une petite vis dérobée sur le pignon nord-est du Logis Barrault). Le corps de porche date de la même époque et fut construit à l'extrémité de la galerie qui perd alors la chapelle originelle, en retour sur la cour. Durant ces travaux disparaissent également la loggia sur jardin de l'aile gauche (logis B) et un corps de garde-robes (à l'emplacement de l'actuel escalier 19e siècle du musée) : la distribution intérieure de l'hôtel d'Olivier Barrault est entièrement transformée et rendue méconnaissable. En 1706 est établie, au-dessus de la rue du Musée, une galerie de liaison avec le Petit séminaire. Vers 1708 est acheté à l'abbé de Saint-Aubin le jardin dit clos de Saint-Thomas (actuel jardin des Beaux-Arts). L'aile de la cuisine, dernière importante construction du Grand séminaire, est édifiée vers 1731. La cour de communs, réaménagée lors de la construction de la chapelle, est de nouveau recomposée dans le milieu du 18e siècle et reçoit une décoration intérieure (disparue) confiée à un peintre italien du nom de Baroni.
Musée dès 1801, bibliothèque publique en 1805 (dans la grande aile du réfectoire) , l'édifice subit avec ces usages de nouvelles transformations et altérations, sous la conduite des architectes Roger puis Demarie : les éléments sculptés des élévations du 15e siècle du Logis Barrault sont ainsi une nouvelle fois touchés. Une réorganisation générale muséographique intervient dans la première moitié des années 1850 (plans datés 1851, 1853) dirigée par les architectes de la ville Emile Boutrouë et surtout Ernest Dainville : l'aile droite destinée aux salles de peinture et de sculpture est la plus retouchée par la surélévation - modification des niveaux supérieurs et la construction d'un grand escalier en saillie sur la face postérieure. L'essentiel des dispositions intérieures du séminaire, déjà entamées, disparaissent alors. Vers 1859 est bâtie, côté rue (place Saint-Eloi) , une aile pour le logement du conservateur. La galerie au fond du jardin est édifiée en 1885 par l'architecte de la ville Charles Demoget.
Suite au classement des bâtiments du 15e siècle, les parties hautes de la tour d'escalier font l'objet d'une restauration en 1906-1907 par l'architecte des MH Lucien Magne. Les communs sont détruits dans un bombardement en 1944. En 1976, l'intervention de l'architecte des MH Pierre Prunet porte sur des ouvertures gothiques de l'aile gauche. En 1988, une suite de sondages des MH sert de base à la restauration générale, entreprise de 1999 à 2004 par l'architecte des MH Gabor Mester de Parajd. Celle-ci s'opère conjointement à la rénovation du musée des Beaux-Arts dirigée par l'architecte Antoine Stinco qui fait établir de nouveaux accès, construire une vaste salle d'exposition sous le jardin et un bâtiment de réserves dans la cour d'entrée du Logis Barrault. Ce grand chantier a été l'occasion d'une étude de bâti approfondie du Logis Barrault, conduite par le service de l'inventaire général.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Tuffeau, grand appareil, moyen appareil, schiste, moellon, enduit, bois, pan de bois, enduit partiel, appareil mixte, béton

Matériaux de la couverture

Ardoise, verre en couverture, métal en couverture

Description de l'élévation intérieure

2 étages de sous-sol, étage de soubassement, en rez-de-chaussée, 3 étages carrés, étage de comble, comble à surcroît

Typologie du couvrement

Voûte en berceau, voûte d'arêtes, voûte d'ogives, voûte de type complexe, voûte nervurée appareillée comme la voûte à arêtes triples

Partie d'élévation extérieure

Élévation à travées

Typologie de couverture

Toit à longs pans, toit en pavillon, toit polygonal, croupe, croupe polygonale, pignon, noue, verrière, terrasse

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie, escalier hors-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie, suspendu

Commentaire descriptif de l'édifice

LOGIS BARRAULT : hôtel entre cour et jardin composé de deux ailes d'habitation en équerre, de part et d'autre d'une tour d'escalier hors-oeuvre en vis et d'un troisième corps de galerie en retour, fermant la cour côté rue. Etablies sur 2 niveaux de sous-sol (remplois de maçonneries médiévales) , les élévations sont à 1 étage carré et dans un grand appareil de pierres de tuffeau - du nom de barraudes - qui habillent également murs intérieurs. Les sous-sols sont voûtés de berceaux en plein-cintre et brisé ; de nombreuses voûtes d'ogives, des plus simples aux plus complexes, couvrent salle et escalier, galeries, passages et cabinets.
GRAND SEMINAIRE : l'ensemble des élévations du Logis Barrault sont surélevées de 2 étages en moellon de schiste. Dans cette continuité de gabarit, le grand corps de bâtiment sur jardin - réfectoire, dortoirs - est à 3 étages carrés en moellon de schiste. Sur une cour de service latérale, un autre corps de bâtiment - corps de cuisine - à 1 étage carré et moellon de schiste. Le réfectoire et la cuisine sont couverts de voûtes d'arêtes. Un corps de coursives en pan de bois, en encorbellement sur la rue, dessert les étages divisés en chambrettes du corps de la galerie Barrault.
MUSEE : corps de logis - aile du conservateur - à 1 étage carré et moellon de schiste en vis-à-vis le corps de cuisine du séminaire ; une galerie de musée en rez-de-chaussée, en moellon de schiste, au fond du jardin ; un bâtiment de réserves dans la cour antérieure, en béton parementé de tuffeau, à 2 étages et toit-terrasse. Pour le séminaire et le musée du 19e siècle sont créés deux escaliers de même type, hors-oeuvre, en maçonnerie, suspendus et à retours avec jour.

Technique du décor des immeubles par nature

Sculpture, menuiserie

Indexation iconographique normalisée

Pilastre, ordre dorique, fronton, tête : femme, tête : ange ; ornement à forme architecturale, pinacle, accolade, fleuron, quadrilobe, torsade, feuillage, homme, tête : homme, armoiries, animal fabuleux ; colonne

Description de l'iconographie

Le portail sur rue est cantonné de 2 pilastres doriques portant un fronton triangulaire, avec sous l'entablement, la clé de l'arc en plein-cintre figurant une tête de femme et deux culots à tête d'ange. Les élévations sur cour gardent une part du décor originel, sur les portes et fenêtres, sur les trompes à rangs de choux frisés, trilobes et quadrilobes, à la corniche de la tour d'escalier à décor d'arcatures, des armoiries, martelées, ponctuent les niveaux de la tour (dans le gâble de la lucarne, un homme porte ce blason) - les armoiries d'Olivier Barrault étaient principalement à deux léopards, qui rappellent son titre normand de vicomte de Mortain, des animaux en acrotère ornent la base des pinacles des lucarnes de cette tour d'escalier. Dans le vestibule de l'escalier en vis, la porte centrale gardait un chambranle en bois sculpté à colonnettes prismatiques.£Décor sculpté (culots, clés de voûte) et vantaux de porte ouvragés : étudiés dans la base Palissy.

Commentaires d'usage régional

Hôtel à cour antérieure (type A).

État de conservation (normalisé)

Restauré

Protection et label

Date et niveau de protection de l'édifice

1902/01/29 : classé MH partiellement ; 1951/04/12 : inscrit MH partiellement

Précision sur la protection de l'édifice

Façades sur cour du bâtiment du 15e siècle (cad. 1980 DH 137) : classement par arrêté du 29 janvier 1902 ; façades sur la rue du Musée avec la construction en pan de bois en encorbellement et l'arcade menant au petit séminaire : inscription par arrêté du 12 avril 1951.

Référence aux objets conservés

IM49002054

Intérêt de l'édifice

À signaler

Eléments remarquables dans l'édifice

Élévation ; escalier ; voûte ; cheminée

Observations concernant la protection de l'édifice

Cette demeure d'exception a servi en son temps de référence à l'habitat patricien, comme à l'hôtel de Pincé. Profondément altérée par l'installation du séminaire, elle a été redécouverte à l'occasion de la rénovation du musée des Beaux-Arts, permettant une restitution intellectuelle poussée des élévations et de la distribution intérieure : la composition régulière de l'édifice entre cour et jardin, la magnificence des façades, un agencement intérieur sophistiqué et novateur, sont autant de facteurs qui remettent cet hôtel méconnu sinon oublié parmi les plus remarquables créations architecturales françaises à l'orée de la Renaissance.

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété publique

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

1987

Date de rédaction de la notice

1991

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Letellier-d'Espinose Dominique, Biguet Olivier

Cadre de l'étude

Inventaire topographique

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Région Pays de la Loire - Centre de ressources
1, rue de la Loire - 44966 Nantes cedex 09 - 02.28.20.54.70

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Porte de la tourelle d'escalier
Porte de la tourelle d'escalier
© Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, diffusion RMN-GP
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