Siècle de campagne secondaire de construction
limite 16e siècle 17e siècle ; 17e siècle ; 2e quart 17e siècle (détruit) ; 4e quart 18e siècle (détruit) ; 1er quart 19e siècle (détruit)
Personnalité liée à l'histoire de l'édifice
Charnières René de (commanditaire) ; Louet René (commanditaire) ; Louet Charles (commanditaire) ; Louet Mélanie (commanditaire)
Description historique
L'hôtel est construit vers 1558 par les architectes Jean Delespine et Jean Guillot pour l'avocat René de Charnières, seigneur des Hameaux. L'escalier en pierre, rampe-sur-rampe, est d'origine. De la fin du 16e siècle, voire des toutes premières années du 17e siècle, peuvent être datées des peintures murales dans la salle du rez-de-chaussée et des plafonds peints dans cette même salle et dans la chambre droite du premier étage (peintures étudiées). Le commanditaire en est René Louet, lieutenant particulier au présidial, maître des requêtes du duc d'Anjou, qui acquiert en 1587 la demeure par mariage avec Lucrèce Thévin, petite fille de René de Charnières. Cette famille, qui compte parmi les plus importantes de la ville, gardera l'hôtel jusqu'à la Révolution. Charles Louet, fils de René, lui aussi lieutenant particulier, maire à deux reprises, conseiller d'Etat, fait aussi entreprendre des travaux : il fait agrandir la cour antérieure, construire en 1644 une remise à carrosse et écurie contre le pavillon droit. Ses armes et celles de sa femme Anne Joubert, entre deux sphinges, sont peintes sur l'intrados d'une fenêtre de la grande salle (peinture étudiée). Des aménagements interviennent encore dans la 2e moitié du 17e siècle avec leur fils Guillaume Louet, écuyer, sieur de la Motte d'Orvault : dans la grande salle, une nouvelle décoration murale est réalisée dont subsiste un portait en médaillon d'époque Louis XIV (peinture étudiée). Un procès-verbal rédigé en 1678 par l'architecte René Farion signale côté jardin la construction récente d'une galerie d'une douzaine de mètres et la réédification de deux pavillons (parties disparues). Des réaménagements importants sont effectués dans les années 1770-1780 pour Mélanie-Françoise Louet, dame Du Pineau, portant sur les ouvertures, la distribution intérieure et les cheminées ; l'intervention la plus notable concerne le salon recomposé dans une partie de la grande salle d'origine : il est alors orné de riches lambris de hauteur réalisés vers 1775 par le sculpteur Le Romain (sculpture étudiée) - ils seront vendus en 1900. Le balcon de la façade principale et la grille du portail sont du 18e siècle, mais rapportés ultérieurement. Suite à la démolition de l'enceinte urbaine dans le 1er quart du 19e siècle, le jardin est prolongé jusqu'au boulevard de ceinture du centre-ville : l'hôtel présente dès lors un second accès de ce côté, ponctué par deux pavillons construits en 1818. La remise à carrosse de 1644 est emportée probablement par le percement de la rue Botanique vers 1835. Puis dans la 2e moitié du 19e siècle et le début du 20e siècle, les communs restants sont détruits, la cour et le jardin sont réduits en profondeur (deux hôtels sont construits vers 1880 en bordure du boulevard Carnot à l'emplacement des pavillons) , le logis altéré : de cette époque datent les constructions adventices sur la cour d'entrée et le jardin ainsi que la simplification des lucarnes et de la modénature des élévations antérieures. De même, au cours du 20e siècle, les différentes peintures de la grande salle subissent des destructions successives : il n'en reste plus aujourd'hui que quelques fragments.