Description historique
Le barrage primitif, ou écluse qui fut à l'origine du site des Treilles, était destiné à retenir une partie de l'eau de la Maine pour entraîner des moulins-bateaux. Il fut construit vers 1170 sur l'ordre d'Henri II, roi d'Angletrre et comte d'Anjou, qui en fit don à l'hôtel-Dieu Saint-Jean l'Évangéliste d'Angers en 1181, pour subvenir aux besoins des pauvres et des malades. Au cours de la première moitié du XIIIe siècle, un déversoir ayant dû être ouvert dans l'ouvrage afin d'éviter les inondations en amont de celui-ci, et sa partie supérieure ayant été amputée lors de la construction de l'enceinte de la ville, les moulins-bateaux étaient devenus obsolètes et furent remplacés par des moulins pendus installés sur des ponts de bois. Depuis le milieu du XIIIe siècle jusqu'au milieu du XVe siècle, l'ouvrage forma la défense de la ville sur la rivière et ses arches libres de moulins étaient obstruées par des treillis de bois ou de métal qui lui donnèrent son nom. Au début du XVe siècle, la chaussée qui était continue depuis la rive gauche jusqu'à la turcie de Boisnet, ou île Saint-Jean, comprenait dix moulins appartenant à l'hôtel-Dieu. En 1437, Jean Duverger, un bourgeois d'Angers, obtint de René d'Anjou l'autorisation de construire une autre chaussée sur le bras droit de la Maine ouvert à la navigation depuis la destruction de la partie amont de la turcie de Boisnet. Sur cette chaussée fortifiée, appelée le Barreau, furent construits quatre moulins pendus. Avant la fin du XVe siècle, un pont, que l'on nomma le pont-Neuf, réunissait le barreau à la chaussée de Saint-Jean, le tout formant le pont des Treilles qui permettait le franchissement complet de la Maine aux piétons et animaux de bât. Au XVIe siècle, le refoul de la Loire dans la Maine causé par les endiguements de plus en plus élevés du fleuve, gênant la bonne marche des moulins, amorça le lent déclin de la meunerie des Treilles. Les grandes crues du XVIIe siècle ruinèrent définitivement les meuniers qui désertèrent la chaussée et furent remplacés par des mégissiers. Malgré de nombreuses réparations au XVIIe siècle, en 1711 la ville dut faire démolir la partie centrale de l'ouvrage devenue dangereuse. La partie côté rive gauche, sur laquelle un établissement de bains s'était installé depuis 1788, fut démolie en 1855. Les vestiges du Barreau et l'Ile Saint-Jean furent ensevelis dans les remblais qui servirent à l'étabissement de la place La Rochefoucauld-Liancourt, en 1890.