Description historique
Du site médiéval de Noaillac subsiste une tour de tradition romane, datable du 12e ou du tout début du 13e siècle, aujourd'hui sertie dans le château moderne et uniquement visible de l'intérieur. Si tout comme d'autres sites castraux de la vallée du Boudouyssou dans le ressort du castrum de Penne, Noaillac n'est pas mentionné dans les grandes séries de textes de la deuxième moitié du 13e siècle liés à l'administration du duché d'Aquitaine, des membres de la famille de Noaillac -ou Noalhac-, apparentés aux Paga, sont en revanche ponctuellement cités. "L'ostal" mentionné en 1416 en possession d'Arnaud Bayle comportait probablement déjà la salle voûtée adossée au côté nord de la tour, avec laquelle elle communique par une porte percée en brèche au rez-de-chaussée. Le château est détenu en coseigneurie depuis le milieu du 15e siècle au moins par les familles de Bonal et de Latour. La pluralité des coseigneurs mentionné vers 1500 explique l'existence d'une seconde résidence, distincte de l'ancienne mais toujours dans l'enceinte castrale dont elle occupe l'angle nord-est. Parallèlement, l'ancien château est agrandi, par la construction d'une tour d'escalier en vis flanquée d'un nouveau corps de logis appuyé contre le donjon. La tour trapézoïdale sur l'angle nord-ouest, raccordée au mur d'enceinte, appartient également à ce chantier. Ces travaux sont datables des premières décennies de 1500, et semblent s'achever par la construction de la chapelle castrale en 1530. L'ensemble est complété à l'ouest, au-delà de la première enceinte, de communs, dont subsistent de vastes écuries. A partir de la 2e moitié du 16e siècle, l'ensemble castral est progressivement regroupé dans les biens de la famille éminente des Latour, au bénéfice de Jean de Latour. En 1572, leur fils Antoine vend Noaillac à Antoine de Laduguie, dont l'unique héritière, Catherine, épouse en 1587 le capitaine huguenot Jean de Vivans, pour qui d'importants travaux sont effectués entre la fin du 16e siècle et les premières décennies du 17e siècle : alors que la résidence secondaire est délaissée, la résidence principale est dotée d'un nouveau corps de logis greffé à la tour romane, désormais totalement noyée dans les constructions modernes. A la tête d'un important domaine, la seigneurie est érigée en marquisat en 1696. Les siècles suivants n'ont pas apporté de modifications significatives à ces dispositions : le cadastre de 1830 présente, pour le château, un plan-masse identique à l'actuel. Notamment, la partie ruinée de la résidence secondaire apparaît déjà ainsi sur le plan. Les dépendances comprennent l'écurie, dont l'état ancien est connue par une photographie ancienne, avec sa une haute toiture à brisis en tuile plate ; elle avoisine sur l'arrière une dépendance toujours existante, qui servait peut-être de bergerie, et un bâtiment sur le côté, remplacé par une grange-étable au cours du 19e siècle. Quant au château, la plupart des fenêtres à double meneaux ont été restaurées, vraisemblablement au début du 20e siècle. Les changements les plus importants intervenus depuis 1830 concernent des constructions périphériques au château, en particulier sur le flanc sud-est, vestiges d'une petite agglomération castrale disparue depuis.