Château

Désignation

Dénomination de l'édifice

Château

Titre courant

Château

Localisation

Localisation

Occitanie ; 46 ; Bélaye

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Lot

Lieu-dit

Floiras

Références cadastrales

1811 C 447 à 449 ; 2011 OC 12, 21

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En écart

Partie constituante non étudiée

Exploitation agricole ; pigeonnier

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

Moyen Age (détruit) ; 1ère moitié 16e siècle ; 17e siècle (?) ; 1er quart 19e siècle

Siècle de campagne secondaire de consctruction

Limite 19e siècle 20e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1810

Commentaires concernant la datation

Porte la date

Auteur de l'édifice

Description historique

Les seigneurs de Floyras apparaissent dans les sources dès le début du 13e siècle : ils sont témoins en 1236 d'une sentence opposant les seigneurs de Bélaye à l'évêque de Cahors (Lartigaut 1979, p. 231) et rendent hommage à l'évêque de Cahors pour les terres de Bélaye en 1280 (Lacoste 1908, p. 44). A l'extrême fin du 13e siècle, le domaine passe par mariage à la famille de Commarque, comme en témoigne, en 1301, l'hommage de Gaillarde de Floyras, veuve de Bertrand de Commarque, pour le fief de Floyras. Peu avant 1391, Amalvin de Gironde hérite des biens d'Arnaud de Comarque et Jean de Gironde, également seigneur de Montcléra, hommage en 1461 pour Floyras et ses biens de Bélaye (Lacoste 1908, p. 158). Pourtant, en 1504, c'est Antoine Delbosc, seigneur de Cousserans, qui déclare tenir à Floyras deux maisons inhabitables, tandis que le seigneur de Montcléra, Jean de Gironde, ne dénombre qu'une maison noble à Bélaye (Alauzier 1984, p. 229 et 1985, p. 33). Cet ancien chanoine dont la famille est originaire de Montcuq a racheté, en 1472, la tour ruinée voisine de Cousserans ainsi que plusieurs rentes dans les paroisses environnantes (Lartigaut 1979, 242). On peut raisonnablement supposer qu'il a également fait l'acquisition, à la même époque, du domaine de Floyras qui était probablement à l'état d'abandon après la guerre de Cent Ans. Les Gironde ont cependant dû rapidement reprendre en main le fief : en 1537, ils possèdent en effet la maison forte de Floyras dans laquelle réside un prêtre de Montcléra, serviteur des Gironde (Lartigaut 1979, p. 235 et 246). Un dénombrement de 1540 fait également état des possessions de Jean de Gironde à Floyras (Lacoste 1908, 199). Cette famille reste à la tête du domaine jusqu'au 18e siècle, puis le vend en 1726 à la famille de Bercegol (Idem, p. 200). Les mentions concernant le domaine de Floyras ne permettent pas d'affirmer qu'il existait un château à Floyras avant le début du 16e siècle. L'ensemble conservé est en effet principalement issu d'une campagne de construction réalisée à cette période, à l'initiative d'Antoine Delbosc ou, plus probablement, de Jean de Gironde qui détient la maison forte en 1537. Il est ainsi difficile de connaître l'emprise et la nature des deux demeures décrites en ruine en 1504. Cependant, un corps de bâtiment quadrangulaire étroit, partiellement reconstruit en brique et englobé dans des extensions plus récentes à l'ouest du logis, retient l'attention : il se démarque par la présence d'une chaîne d'angle en pierre de taille portant des traces de bretture qui pourrait correspondre à un état plus ancien. En dehors de ce corps de bâtiment, les parties les plus anciennes du corps de logis se rattachent à un ensemble caractéristique des petits châteaux de la fin du 15e siècle ou du début du 16e siècle : les maçonneries (ancienne façade sud-ouest et pignon nord-ouest) englobées au sein du corps de logis actuel permettent de restituer un corps principal plus étroit et moins long, cantonné d'une tour circulaire à l'est. Des traces d'arrachement et de reprise observées sur la façade nord-est, à l'angle du bâtiment primitif, suggèrent la présence d'un corps en retour d'équerre ou d'une deuxième tour d'angle qui aurait été entièrement détruite par la suite. D'après F. Lacoste, le propriétaire du château au 19e siècle aurait fait détruire une tour située devant la porte d'entrée et servant de vestibule (Lacoste 1908, p. 202) : s'il reste à vérifier, ce témoignage appuie l'hypothèse d'un deuxième manoir dont le plan aurait été proche de celui de Montcléra, bâti par les seigneurs de Gironde, qui se caractérise par son corps de logis quadrangulaire, ses deux tours d'angle et sa tour d'escalier en façade principale. Une partie du corps de bâtiment sud-est en retour d'équerre semble se rattacher à la même campagne de construction, comme en témoigne la présence de maçonneries anciennes à appareil régulier de moellons, percées d'oculi et animées d'un cordon mouluré. Des traces d'arrachement visibles sur la façade sud-est laissent supposer une emprise au sol différente qui reste difficile à restituer en l'état actuel des connaissances (corps de bâtiment disparu ou tour ?). Cet ensemble bâti avant le milieu du 16e siècle est mentionné dans le compoix de Bélaye établi en 1602 : le seigneur-marquis de Montcléra déclare posséder à Floyras un château, un moulin et un pigeonnier (Lacoste 1908, p. 228). Une série de travaux aboutissant à la configuration actuelle sont probablement réalisés au cours du 17e siècle : ils semblent concerner l'enceinte quadrangulaire et ses deux tours d'angle qui sont caractéristiques de cette époque. La chapelle domestique du château, vraisemblablement aménagée dans la tour de flanquement sud-est, accueille la cérémonie du mariage de François-Louis de Bercegol et de Jeanne Ballande en 1781 (Lacoste 1908, p. 201). Une dernière grande campagne de construction est entreprise par Jean-Guillaume-Pierre-Paul de Bercegol au début du 19e siècle. La date de 1810, portée sur la porte d'entrée du logis actuel, et celle de 1811, gravée sur l'encadrement en bois d'une porte bâtarde de l'aile sud-est, témoignent de cet important projet dont résultent les façades actuelles percées de fenêtres à arc segmentaire, l'élargissement et l'extension du corps de logis vers le nord-ouest ainsi que le remaniement des dépendances. C'est également à cette époque que le mur d'enceinte fermant la cour côté route est démoli. Outre les structures maçonnées et une partie des charpentes (en mauvais état au moment de l'inventaire), il subsiste de cette dernière grande phase de construction plusieurs éléments de menuiseries ainsi que l'ensemble des cheminées et des enduits peints de style néoclassique. L'escalier desservant l'étage du corps de logis, qui semble dater du 19e siècle, est en revanche postérieur à 1811, comme l'atteste la disparition d'une fenêtre à arc segmentaire au niveau de la deuxième volée. D'autres remaniements sont également réalisés à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle, en particulier au niveau de l'aile en équerre qui devient entièrement dévolue aux fonctions agricoles. Le château fait actuellement l'objet d'une importante campagne de restauration dont les premières tranches, réalisées en 2012 puis 2013-2014, ont concerné les toitures de la tour ronde et du corps de logis.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Brique ; calcaire ; moellon ; enduit partiel

Matériaux de la couverture

Tuile creuse ; tuile plate ; calcaire en couverture

Description de l'élévation intérieure

1 étage carré

Typologie du couvrement

Coupole ; voûte en berceau plein-cintre ; voûte en berceau segmentaire

Partie d'élévation extérieure

Élévation ordonnancée

Typologie de couverture

Toit à longs pans ; croupe ; toit à deux pans ; toit conique

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie

Commentaire descriptif de l'édifice

Le château se compose de plusieurs corps de bâtiment disposés autour d'une vaste cour partiellement délimitée par une enceinte. Cantonnée de deux tours circulaires au sud et au sud-ouest, celle-ci est percée d'une porte charretière plus tardive qui marque l'entrée de la demeure fortifiée. Les deux tours se démarquent par un appareil de moellon très irrégulier intégrant des bouches à feu, un rez-de-chaussée voûté et des portes chanfreinées à congés biais. Le corps de logis s'élève à l'opposé de l'entrée, de l'autre côté de la cour. Il se caractérise par un corps principal quadrangulaire au plan double en profondeur, dont la division intérieure est contrainte par la présence d'un mur de refend longitudinal et d'un ancien mur-pignon appartenant au bâtiment primitif. Ce dernier conserve sa tour d'angle circulaire à l'est, des maçonneries percées de portes à linteau chanfreinée et les vestiges d'une cheminée à bases prismatiques engagée dans l'ancien mur-pignon nord-ouest. Elément le plus visible et le plus caractéristique de l'état moderne du château, la tour d'angle présente un appareil de moellons calcaires soigneusement assisé et des demi-croisées chanfreinées à appui biseauté. La pièce d'habitation prenant place au premier étage est dotée d'une petite pièce aménagée dans l'épaisseur des murs qui semble avoir servi de latrine. Le corps principal actuel, entièrement remanié autour du logis initial, comporte des élévations à deux niveaux qui sont percées de fenêtres ou portes-fenêtres en arc segmentaire organisées en travées. Celles-ci ouvrent vers le nord sur une terrasse qui longe les façades postérieure et latérale (nord-ouest). En façade principale, la porte d'entrée à pilastres et corniche donne accès à un vestibule contenant l'escalier dans-oeuvre central. Cet espace dessert les deux pièces d'habitation ou de réception de la partie antérieure, ainsi qu'un couloir transversal aux parois bâties en pan de bois. De part et d'autre du couloir, une pièce de service, équipée de placards et d'une cheminée monumentale (cuisine ?), et plusieurs pièces d'habitation se succèdent en enfilade dans la partie postérieure du logis. La même organisation est observée à l'étage. A partir du corps de logis se développent deux ailes latérales. L'aile nord-ouest semble avoir été raccordée au corps de bâtiment central lors de l'extension de ce dernier. Dotée d'un plan rectangulaire très étroit, elle abrite une pièce basse couverte d'une voûte en berceau segmentaire ornée d'un enduit peint. Le logis se prolongeait également vers le sud-est par une aile en retour d'équerre transformée par la suite en dépendances agricoles. Sa façade nord-ouest conserve les traces d'un appareil régulier, percé d'oculi et animé d'un large cordon mouluré, qui se rattache à un premier état. Le bâtiment initial, dont la fonction reste à déterminer, a été largement remanié par le percement de fenêtres en arc segmentaire puis d'une porte charretière. Vers le sud et dans le prolongement de l'aile sud-orientale, une série de bâtiments annexes délimitant la cour centrale abritaient les communs et les espaces dévolus aux activités agricoles. Un pigeonnier monumental à deux niveaux, couvert de tuiles plates et de lauzes calcaires, s'élève aux abords de cet ensemble (sud). Le rez-de-chaussée se caractérise par la présence d'une coupole en brique.

Technique du décor des immeubles par nature

Peinture ; sculpture ; décor stuqué

Indexation iconographique normalisée

À méandre ; plante ; miroir (?) ; ostensoir (?) ; goutte ; coeur ; soleil ; ordre antique

Description de l'iconographie

Les différentes pièces des deux niveaux comportent une cheminée à linteau de bois revêtue de décors stuqués. Les moulures et motifs observés (pilastres et chapiteaux corinthiens, palmettes) renvoient au vocabulaire néo-classique. L'aile nord-ouest possède un plafond peint orné de méandres. Bâti en pierres de taille de calcaire et en béton de ciment, l'escalier présente un échiffre sculpté en bas-relief sur lequel on distingue des motifs de coeur, de miroir (ou d'ostensoir ?) et de goutte, disposés symétriquement de part et d'autre d'une plante centrale.

État de conservation (normalisé)

Remanié

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2012

Date de rédaction de la notice

2013

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Cassan Elodie

Cadre de l'étude

dossier ponctuel

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional Occitanie - Direction de la Culture et du Patrimoine - Service Connaissance et Inventaire des Patrimoines 22, bd Maréchal Juin 31406 Toulouse cedex 9 - Espace Capdeville, 417 Rue Samuel Morse, 34000 Montpellier - 05.61.39.62.47