Abbaye de bénédictins Sainte-Marie

Désignation

Dénomination de l'édifice

Abbaye

Genre du destinataire

De bénédictins

Vocable - pour les édifices cultuels

Sainte-Marie

Titre courant

Abbaye de bénédictins Sainte-Marie

Localisation

Localisation

Occitanie ; Lot (46) ; Souillac

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Lot

Canton

Souillac

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

En ville

Partie constituante non étudiée

Cloître, bâtiment conventuel

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

4e quart 11e siècle, 12e siècle, 17e siècle

Siècle de campagne secondaire de consctruction

19e siècle, 1ère moitié 20e siècle

Commentaires concernant l'attribution de l'édifice

Attribution par source

Description historique

La fondation du prieuré ou doyenné Sainte-Marie de Souillac remonterait à l'an 909, date à laquelle Géraud, comte et abbé d'Aurillac fit don de ses possessions de Souillac aux moines bénédictins de Saint-Pierre d'Aurillac. En 1253, un bourg s'était déjà constitué autour du prieuré et ses habitants avaient obtenu du doyen la concession d'une charte de coutumes. L'établissement monastique n'obtint le statut d'abbaye qu'à la fin du 15e siècle. Les nombreux épisodes de destructions et de reconstruction qu'il eut à subir entre le 16e et le 18e siècle expliquent que le cloître médiéval ait disparu et la que les bâtiments conventuels aient été reconstruits en totalité après 1659. L'abbé Henry de La Mothe Houdancourt (1628-1684) effectua également d'importantes réparations à l'église. Elles touchèrent notamment la coupole de la croisée du transept, les couronnements, la tour-porche ainsi que les toitures. Une seconde campagne de restauration importante fut menée par les architectes Questel et Malo (1840-1845). Elle fut sévèrement critiquée par Viollet-le-Duc et Paul Gout. D'autres suivirent à la fin du 19e siècle et, plus récemment, entre 1933 et 1936, époque à laquelle l'architecte Poutaraud établit les couvertures de lauzes que l'on voit aujourd'hui sur les coupoles.
La datation de l'église médiévale est encore sujette à interrogation. A en juger par l'examen des maçonneries, la construction du 12e siècle, commencée par le chevet, s'est poursuivie en trois ou quatre phases majeures probablement assez rapprochées dans le temps jusqu'à la tour occidentale qui a été conservée d'un édifice primitif attribué au 11e siècle. Le maintien de cette tour primitive coïnciderait avec l'abandon du grand portail qui aurait dû terminer le chantier du 12e siècle.
Selon Henri Pradalier, les rapprochements stylistiques avec la sculpture du portail nord de Cahors impliqueraient de placer la réalisation du chevet de Souillac dans les années 1150 au plus tôt. Les éléments du portail inachevé, du fait de leur affinité avec la sculpture de Moissac, auraient été réalisés plus tôt, "dans les années 1140", mais n'auraient été mis en place qu'à l'extrême fin du 12e siècle ou au début du 13e siècle lors de la réalisation de l'élévation occidentale. Pour Evelyne Proust (2004, p. 181-182), la sculpture du chevet de Souillac participerait des dernières manifestations d'un style qui se serait développé entre 1140 et 1170 dans les églises du Bas Limousin. Les reliefs de Souillac, davantage que de Moissac, seraient à rapprocher du portail de Beaulieu (Corrèze) dont on pense aujourd'hui qu'il ne fut mis en place que dans les dernières décennies du 12e siècle (Pêcheur et Proust 2005, p. 93-94). Cette dernière estimation, qui placerait la construction de l'église dans le dernier tiers du 12e siècle, offre l'avantage de résoudre la contradiction qui résidait dans le fait d'attribuer au portail ouest une date plus ancienne que celle du chevet alors que l'analyse montre clairement que la construction de l'édifice fut menée d'est en ouest. Elle est confortée par ailleurs par les nombreuses affinités qui rapprochent Souillac des églises assez voisines de Saint-Amand-de-Coly et de Saint-Sauveur de Rocamadour, elles-mêmes tardives dans le 12e siècle.
Au 19e siècle, une première campagne de restauration est conduite par les architectes Charles Auguste Questel et Charles Hector Malo de 1839 à 1848 ; la deuxième campagne est réalisée par l'architecte Paul Gout de 1881 à 1895. Une troisième campagne de restauration, au cours de laquelle sont en particulier dégagées les coupoles de l'église qui reçoivent de nouvelles couvertures, est entreprise entre 1933 et 1936 par l'architecte en chef des Monuments historiques Poutaraud et l'inspecteur général Henri Nodet.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire, pierre de taille

Matériaux de la couverture

Tuile creuse, ardoise, calcaire en couverture

Typologie de plan

Plan en croix latine

Description de l'élévation intérieure

1 vaisseau

Typologie du couvrement

Coupole en pendentifs

Typologie de couverture

Toit à longs pans, toit à deux pans, croupe, croupe ronde, croupe polygonale, dôme circulaire, toit en pavillon

Commentaire descriptif de l'édifice

L'église romane constitue la seule partie conservée du prieuré médiéval. Elle présente le double intérêt d'offrir un ensemble sculpté de premier plan et d'être, avec la cathédrale de Cahors, l'une des grandes églises à file de coupoles d'Aquitaine. Le chevet est constitué par une vaste abside couverte en cul-de-four, avec chapelles rayonnantes à pans coupés animés extérieurement par de grands arcs d'applique retombant sur des demi-colonnes adossées. Un transept fortement saillant, couvert en berceau brisé, distribue des chapelles orientées, semblables à celles du choeur. Les élévations intérieures sont rythmées par une arcature dont les chapiteaux portent un important programme sculpté.
Les élévations intérieures des transepts, au contraire très sobres, sont animées par des arcs d'appliques de tracé brisé, reposant sur des pilastres et portant une coursière. Comme à Cahors, le niveau des coursières est marqué par un bandeau en épais quart de rond tandis que les bandeaux d'imposte des berceaux sont plus fins et en double quart de rond. Ces derniers se prolongent dans les tailloirs des chapiteaux et dans le bandeau d'imposte de l'abside, indice d'une continuité dans le chantier. Deux portes hautes en arc brisé donnent accès aux distributions intramurales. L'oculus du transept nord a été remplacé par une baie moderne en plein-cintre.
La nef unique et la croisée du transept sont couvertes de coupoles sur pendentifs portées par des arcs brisés reposant sur d'épais piliers de plan quadrangulaire, parti très proche de ceux de Cahors et de Solignac (Haute-Vienne). La dimension de la croisée, déterminée par la largeur de la nef et par le parti des files de coupoles, est plus importante que celle du transept qui semble avoir hérité d'un édifice antérieur. Cette disparité a occasionné un dédoublement maladroit des arcs d'entrée de transept.
Les élévations intérieures de la nef sont rythmées par les grands arcs latéraux. Une coursière traversant les piliers y est portée par une arcature aveugle et surmontée dans chaque travée par un doublet de fenêtres en plein cintre. A l'amorce de la travée orientale, au nord comme au sud, des décrochements d'assises et un changement de modénature indiquent le raccord de deux campagnes de construction : les épais quart de rond couronnant les pilastres de l'arcature aveugle sont remplacés à l'ouest par un double quart de rond à listel du type de ceux de Saint-Sauveur de Rocamadour. Une évolution est repérable également dans le parti des coupoles. La coupole de la croisée de transept est de plan quadrangulaire et dépourvue de coursière ; la coupole centrale (travée orientale de la nef) est couronnée par une coursière en encorbellement portée par des consoles dans la tête desquelles ont été aménagés des trous d'encastrement ; la coupole occidentale diffère de la précédente par le fait que les encastrements sont aménagés entre les consoles de la coursières. L'élévation occidentale reconduit le même parti que les élévations latérales à l'exception du fait que les pilastres de l'arcature y ont été enrichis par la mise en place des reliefs sculptés provenant du portail resté inachevé. Les raccords de maçonnerie montrent que la tour-porche occidentale est plus ancienne que l'élévation ouest de la nef. De plan carré, elle ouvrait sur l'extérieur par des arcades en plein cintre dont les vestiges ont été en partie restaurés. Le porche actuel a été voûté d'arêtes et doté d'un nouveau portail au 17e siècle. Côté nef, le revers de ce portail, en arc brisé, semble contemporain de l'ensemble de l'élévation de la nef.
Les élévations extérieures confirment le phasage observé à l'intérieur. Au nord, d'importantes reprises de parements opérées au 17e siècle et au 19e siècle interdisent toute analyse efficace de l'état médiéval. Au sud, en revanche, les élévations moins fortement restaurées, sont plus lisibles et laissent apparaître les disparités de mise en oeuvre et de style d'un chantier mené d'est en ouest puis finalement réunifié au niveau des combles.

Technique du décor des immeubles par nature

Sculpture, peinture

Indexation iconographique normalisée

Annonciation ; saint ; saint Pierre ; lion ; animal

Description de l'iconographie

L'église de Souillac renferme deux importants ensembles sculptés. Le premier est constitué par les 22 chapiteaux et les 4 modillons du choeur. On y remarque des chapiteaux figurés ou historiés dont les thèmes, à l'exception de l'Annonciation, présentent quelques difficultés d'interprétation. Les autres chapiteaux sont feuillagés et il est remarquable que certains d'entre eux soient restés inachevés. Les thèmes représentés et le style de la sculpture, en particulier ceux du chapiteau aux oiseaux affrontés, de celui de l'Annonciation et ceux des chapiteaux à palmettes corinthiennes, rattachent le programme sculpté du choeur de Souillac de ceux d'un ensemble d'églises limousines et auvergnates comprenant Brive, Malemort, Saillac, Lagraulière et Ydes.£Le second ensemble sculpté est constitué par les reliefs disposés au revers de l'élévation occidentale de la nef. Il est à peu près certain que ces reliefs proviennent du projet avorté d'un grand porche occidental qui aurait dû ressembler à celui de Moissac et qui ne fut jamais réalisé. Au-dessus de la porte, le tympan représente des scènes du miracle de Théophile entre saint Pierre et un saint abbé. Le trumeau s'inspire directement de celui de Moissac. Des animaux monstrueux et des personnages s'y enchevêtrent à côté du sacrifice d'Abraham. Deux figures destinées initialement aux piédroits complètent l'ensemble de part et d'autre de la porte : le patriarche Joseph et l'admirable prophète Isaïe, jambes croisées dans un mouvement de danse. Cet ensemble exceptionnel est discrètement complété par une série de bustes grimaçants, certains réalistes, disposés aux retombées des arcs et des pendentifs de coupoles. Aux chapiteaux des fenêtres de la nef, le lion crachant des palmettes est un thème d'origine limousine également présent à Moissac.

Protection et label

Date et niveau de protection de l'édifice

1840 : classé MH partiellement ; 1991/01/11 : inscrit MH partiellement

Précision sur la protection de l'édifice

Eglise abbatiale classée par liste de 1840. Façades et toitures des trois ailes entourant le cloître ; galeries du cloître ; escalier d'honneur et sa cage (aile est) ; salle à décor de stucs située au premier étage à l'extrémité ouest de l'aile sud (cad. AL 886, 887, 963, 964, 995, 1005) : inscription par arrêté du 11 janvier 1991.

Référence aux objets conservés

IM46000567, IM46000566, IM46000564, IM46000565, IM46000568, IM46000872

Intérêt de l'édifice

À signaler

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété de la commune ; propriété d'une association ; propriété d'une personne privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2006

Date de rédaction de la notice

2008

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Séraphin Gilles, Scellès Maurice, Pêcheur Anne-Marie

Cadre de l'étude

Enquête thématique départementale (inventaire préliminaire des églises médiévales)

Typologie du dossier

Dossier individuel

abbaye de bénédictins Sainte-Marie
abbaye de bénédictins Sainte-Marie
(c) Inventaire général Région Occitanie ; (c) Conseil départemental du Lot
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