Demeure dite repaire de la Bastide Floyras, ou de Labastidette-Haute

Désignation

Dénomination de l'édifice

Demeure

Appelation d'usage

Repaire de Labastidette-Haute

Titre courant

Demeure dite repaire de la Bastide Floyras, ou de Labastidette-Haute

Localisation

Localisation

Occitanie ; Lot (46) ; Pontcirq

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Lot

Canton

Catus

Lieu-dit

Bastide Floyras (la)

Références cadastrales

1832 B2 236, 2013 B02 359

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

Isolé

Partie constituante non étudiée

Tour

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

1ère moitié 15e siècle (?), 2e moitié 16e siècle (?), 1ère moitié 19e siècle

Description historique

L'ancien repaire de Labastide-Floiras est lié au lignage des Floyras, mentionné en 1236 parmi les habitants du castrum épiscopal de Bélaye. En dehors de leurs possessions dans le castrum de Belaye, les Floiras tenaient au moins deux repaires dits de Floiras, l'un dans la paroisse de Creyssens (Le Boulvé), l'autre situé à Pontcirq. Le second n'est explicitement mentionné pour la première fois qu'en 1281. En limite de la baronnie de Luzech, il relevait à cette époque pour partie de l'évêque de Cahors et pour partie du baron de Luzech mais, antérieurement (1259), les frères Floiras avaient été des arrière-vassaux du comte de Toulouse pour un fief situé dans la seigneurie de Mechmont. Divisé en deux parts dès le 13e siècle, le repaire de Floiras, changea d'appellation. En 1313, on le désignait sous le nom de "bastide de Floiras". En 1446, déserté par Hugues de Floyras qui s'était réfugié à Duravel, le repaire réputé alors "repayrium sive castrum" et comportant logis, grandes salles et tour est alors inféodé à deux frères originaires d'Auvergne, les Molières, dont les descendants édifieront dans les années 1520, à quelques centaines de mètres du repaire originel, une nouvelle demeure connue sous le nom de Labastidette-Basse. En 1610, à l'occasion d'une procédure visant à les conforter dans le droit de justice et dans celui de jouir d'un banc seigneurial et d'une litre funéraire dans l'église de Pontcirq, le seigneur de Labastidette (Haute) faisait valoir que son château disposait alors d'un pont-levis, de créneaux et de mâchicoulis, ainsi que d'une prison. Le vocabulaire formel des percements conservés laisse penser que les parties les plus anciennes du repaire ont pu être édifiées dans le second tiers du 14e siècle, voire un peu plus tard. La tour serait quant à elle un peu plus récente encore, ce qui impliquerait de situer sa construction entre la seconde moitié du 14e siècle et le milieu du siècle suivant. Le repaire mentionné en 1281 aurait donc totalement disparu. Sa reconstruction pourrait s'être opérée entre 1404, date de l'acquisition par Hugues de Bouyssou, et 1446, époque à laquelle Hugues de Floyras (le même que Hugues du Bouyssou ?) cède à son tour aux Molières un repaire ou château comportant tour, "aula" et logis, et des terres agricoles restaurées. La tour semble avoir été en grande partie reconstruite au milieu ou dans la seconde moitié du 16e siècle. Le logis a été fortement remanié au 19e siècle, en même temps qu'était construit le perron couvert desservant le premier étage.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire, pierre de taille

Matériaux de la couverture

Tuile plate, tuile creuse

Description de l'élévation intérieure

2 étages carrés

Typologie du couvrement

Voûte en berceau plein-cintre

Typologie de couverture

Toit à longs pans, croupe, toit en pavillon

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie

Commentaire descriptif de l'édifice

L'édifice se compose aujourd'hui d'un logis et d'une tour quadrangulaires séparés par un étroit passage au-dessus duquel fut aménagée une tourelle d'escalier. Cette organisation est assez habituelle au Moyen Age, mais il semble cependant qu'elle ait succédé à une organisation primitive assez différente. Du programme d'origine subsiste l'ensemble du logis, dont le rez-de-chaussée est la partie la mieux conservée. Celui-ci comprend deux salles de dimensions inégales, séparées par un mur de refend relativement mince (0,66 m), les murs extérieurs mesurant entre 1,40 et 1,50 m. Le portail principal à arc brisé chanfreiné, large de 2,25 m, ouvrait à l'ouest sur la petite salle, éclairée par une fenêtre haute couverte extérieurement par un linteau délardé à réseau trilobé. Dans l'élévation est, en vis-à-vis du portail, une porte à arc brisé, plus étroite (1,36 m) et légèrement surélevée, aurait dû ouvrir sur une seconde salle dont rien n'aurait subsisté. Dans le prolongement de la salle d'entrée se développe une remarquable salle basse voûtée en berceau plein-cintre à laquelle une porte à arc brisé, semblable à la précédente, donne accès. La voûte de la salle repose sur deux cordons d'imposte en quart de rond interrompus par des consoles en ressaut portant un doubleau chanfreiné assez maigre. La conception de cette voûte rappelle celle de certains ouvrages de la seconde moitié du 14e siècle telle que la chapelle castrale de Comarque (commune de Sireuil, Dordogne). Deux fenêtres éclairent la salle sur son élévation ouest. Ouvertes dans de profondes embrasures couvertes par des dalles à coussinets en ressauts, leurs ouvertures extérieures à réseau trilobé sont semblables à celle de la fenêtre de la salle d'entrée. Aucune trace d'ouverture n'apparaît sur l'élévation est, indice supplémentaire que des constructions devaient s'adosser à cette élévation. La tour quadrangulaire, établie à l'est du logis, semble être venue dans un second temps comme le laisse supposer la chaîne d'angle visible (mais en hauteur seulement) sur l'élévation nord commune au logis et à la tour. Contrairement à ce qu'avait prévu le parti originel, la nouvelle construction fut désaxée et séparée de la première par une venelle. La tour porte elle-même les traces de d'importants remaniements dont l'ampleur laisse penser qu'elle fut presque totalement reconstruite au milieu ou dans la seconde moitié du 16e siècle. Seuls les angles sud-est et sud-ouest semblent avoir subsisté de l'ouvrage médiéval, laissant supposer qu'une destruction partielle aurait pu précéder sa reconstruction. Ces traces de l'édifice primitif résident dans un élément de piédroit chanfreiné situé entre deux niveaux à l'angle sud-ouest de la tour ainsi que dans les vestiges d'une baie en arc brisé au deuxième étage de l'élévation sud et, sur la même élévation, dans les vestiges d'une autre au rez-de-chaussée, fortement remaniée au 19e siècle. Hormis ces quelques témoins, les ouvertures de la tour portent pour la plupart des traces de taille à la bretture et des congés retournés qui ne permettent pas de les attribuer à une période antérieure au 16e siècle. Les éléments les plus remarquables de cette époque résident dans une monumentale fenêtre Renaissance, récemment restaurée (élévation nord) et dans la cheminée qui orne le même étage que la fenêtre. La venelle qui sépare la tour et le logis venait buter sur la courtine nord où une canonnière à double ébrasement constituait sa seule ouverture sur l'extérieur. D'à peine 0,85 m de largeur à cette extrémité nord, la distance séparant le logis de la tour s'écarte jusqu'à plus de 2 m à l'angle sud-ouest de celle-ci. A partir du deuxième étage, une tourelle d'escalier en vis, suspendue dans l'espace de la venelle et dont seule la souche a subsisté, assurait une jonction entre le logis et la tour. Les remaniements qui ont affecté l'étage du logis ont néanmoins laissé subsister des vestiges significatifs de l'état médiéval. Sur l'élévation est, donnant sur le perron, on perçoit les traces d'une porte en arc brisé et de deux niches murales confirmant l'hypothèse qu'une pièce ou un organe de distribution avait bien précédé le perron en doublant l'épaisseur du logis. Sur les faces ouest et nord, on peut identifier les traces de quatre croisées chanfreinées, apparemment dépourvues de remplages, qui devaient éclairer une grande salle (aula) et une chambre (camera) attenante. La face sud, aveugle, ne laisse voir extérieurement qu'un arc de contrecoeur correspondant à la cheminée qui chauffait la grande salle. Intérieurement, seuls subsistent ses piédroits, ornés d'un large tore à listel à épais listel. Une seconde cheminée, plus simple et couverte par un manteau en arc segmentaire était encastrée dans l'élévation est et chauffait la "camera". Rien ne subsiste d'un éventuel second étage. Un simple surcroît éclairé par des fenêtres de comble a en effet été mis en place au 19e siècle sous une charpente moderne couverte de tuiles canal.

Protection

Date et niveau de protection de l'édifice

1993/02/18 : inscrit MH partiellement

Précision sur la protection de l'édifice

Façades et toitures ; salles basses (cad. B 359) : inscription par arrêté du 18 février 1993

Intérêt de l'édifice

À signaler

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2005

Date de rédaction de la notice

2005

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Séraphin Gilles, Scellès Maurice

Cadre de l'étude

Enquête thématique départementale (inventaire préliminaire de l'architecture civile médiévale)

Typologie du dossier

Dossier individuel

demeure dite repaire
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© Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; © Conseil départemental du Lot
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