Description historique
Cette porte faisait partie de la première enceinte de la ville de Beaugency dont il ne reste qu'un court vestige sur sa face orientale. L'enceinte est signalée dans un acte de 1081 relatif à l'église du Saint-Sépulcre, actuelle église Saint-Etienne, qui était située "prope murum castri", c'est-à-dire près du bourg fortifié. Peut-être a-t-elle été élevée par Lancelin Ier, seigneur de Beaugency, en même temps que le donjon dont les travaux de construction pourraient avoir commencé entre 1015 et 1030 (IA45000141). Ceci expliquerait le début de la construction entre 1030 et 1050 de l'église du Saint-Sépulcre (voir IA45000164) , près de la première enceinte. Elle avait vis à vis d'elle une fonction spirituelle de défense conformément à une tradition remontant à l'époque mérovingienne. Les baies cintrées de la porte de ville, dont deux sur la face nord, ont un appui constitué d'un simple lit de moellons de la façade, sont comparables structurellement aux baies primitives du donjon. J. N. Pellieux nous apprend vers 1800, qu'elle fut l'objet de " réparations considérables en 1680 ." En 1749, paraissant menacer ruine, l'intendant envisagea de la faire détruire, mais les habitants de la ville se prononcèrent contre cet avis. Par contre, en 1763, l'état de la charpente nécessita sa destruction et sa reconstruction avec un lanterneau, sans doute par un dénommé Lecomte connu par un document du XVIIIe siècle non daté, signé de sa main, qui en donne le dessin. Ce dernier est en effet très proche de ce que nous voyons actuellement. Il est possible que l'escalier en bois accolé sur la façade ouest soit également du XVIIIe siècle. Pellieux précise qu'avant sa construction on accédait à la tour " de la maison du prétoire [prison] par un perron qui répondoit en dehors à la porte qu'on voit encore au-dessus de l'arcade du côté de la ville." Il rapporte également l'inscription visible sur le timbre de l'horloge fondu en 1511 : " Mil V et XI, pour à chacung complaire, je fus faite par un voloir entier. Les procureurs étoient Jehan Mallier et Guillaume Charles l'ung des quatre Notaires " (voir dossier IA45000152 concernant la maison de Guillaume Charles). Une nouvelle horloge fut mise en place en 1853.