Description historique
Entre 1836 et 1853, le projet de construction d'un abattoir fut plusieurs fois soulevé à Beaugency et repoussé. Ce n'est finalement qu'en 1860 que le principe en fut définitivement acquis par la municipalité et avalisé par le décret impérial du 6 octobre 1862. A cette occasion, Pandellé, le maire, choisit de transformer en abattoir l'ancienne chapelle médiévale Saint-Michel alors désaffectée (voir dossier IA45000157). Il fallut donc l'acheter ainsi que le terrain environnant à mademoiselle Marguerite Virginie Couillard. Ce dernier de 2 ha 38 a, anciennement cimetière jusqu'en 1760, servait au labour, à la pousse de la luzerne et de carrière. Cette volonté communale souleva un tollé de la part de nombreux balgentiens dont l'abbé Piau, curé de l'église Notre-Dame (environ 600 signatures contre). A cette occasion paru un opuscule signé du Dr pellieux, frère du peintre Jourdain-Pellieux. Il écrivait entre autres : "Je proteste contre le choix de l'emplacement au nom de la religion, de l'archéologie et de la morale, et je m'oppose à un projet qui serait la profanation d'un sanctuaire et la mutilation d'un monument historique, et qui mêlerait le sang des animaux à la cendre des morts", et plus loin : "Ne faites pas de cette église un abattoir, ne faites pas du lieu où notre culte a présidé aux mystères les plus vénérés, le lieu où les boeufs et les pourceaux seront égorgés ; ne l'exposez pas aux grossières plaisanteries des gens qui, dans le sanctuaire où le Saint Sacrifice s'est accompli pendant des siècles, viendront abattre leurs victimes. Quoique ravie au culte depuis de longues années, cette église ne garde pas moins les sépultures et les ossements des ancêtres de la population actuelle... Elle se révolte à l'idée que la terre qui les recouvre sera imprégnée du sang des bestiaux et recevra les issues et les fumiers des plus immondes animaux..." Le conseil départemental des Travaux publics, dans ses P.V. de janvier et mars 1861, montra qu'il n'était pas d'avis de transférer cette fonction dans la chapelle afin d'éviter "des susceptibilités qu'il convient de respecter". Finalement, à la demande de la municipalité, l'architecte-voyer de la commune dessina un nouveau projet n'impliquant plus la chapelle qui fut alors rasée, mais ses matériaux furent réutilisés pour construire l'abattoir. Jean-Baptiste Lorgeou, tailleur de pierre, et les frères Alexis et Edouard Body, charpentiers, obtinrent le bénéfice des travaux début 1863 à la suite d'un marché de gré à gré, personne ne s'étant présentée lors de l'adjudication du 28 décembre 1862. Le certificat de réception des travaux date du 22 septembre 1865. L'abattoir fonctionna jusqu'en 1986. Actuellement il sert d'entrepôt aux services techniques de la ville.