Description historique
Maison datée par la dendrochronologie (réf. ARC05/R3081D). Sur les 6 échantillons prélevés, 5 donnent une coupe des bois en 1498 env. et 1 en automne/hiver 1498/1499. La charpente fut donc posée en 1499 ou peu après. Maison édifiée sur l'ancien fossé nord du château abandonné à la construction en 1492 par Agnès de Savoie, veuve de François Ier d'Orléans-Longueville, fils de Dunois. Elle est signalée dans un certificat de paiement du 30 octobre 1520, relatif à des travaux de serrurerie concernant, entre autres, une fenêtre de l'étage du nouveau logis construit par Jean d'Orléans-Longueville au château de Beaugency, en face du logis de Dunois. Cette dernière, ouvrant dans le mur de courtine nord du château, est décrite comme suit : "Item huit barreaux de fer que je mis [Lucas de Bures] a la fenêtre des chambres neufves qui ouvrent sur la maison ou demeure Guillaume Charles ...." Elle éclairait, à l'origine, la chambre du maître d'hôtel de Jean d'Orléans, et s'ouvrait sur la maison sise actuellement 13 rue de la Cordonnerie. L'histoire nous a laissé des informations sur son propriétaire ou locataire primitif. J.-N. Pellieux nous apprend ainsi que le nom de Guillaume Charles apparaissait sur le timbre de l'horloge de la tour de l'Horloge de la ville. On y lisait, en effet : "Mil V et XI [1511], pour chacung complaire, je fus faite par un voloir entier. Les procureurs etoient Jehan mallier et Guillaume Charles, l'ung des quatre notaires." Il était déjà notaire en 1504 (Adam, acte 2177). Dans un acte de 1527, il est question d'une rente baillée devant Guillaume Charles, notaire à Beaugency, le 8 juillet 1517 (Adam, acte 156). Mais un autre acte de 1527 précise qu'il était naguère notaire à Beaugency (Adam, acte 173). Peu avant, en 1526, on apprend qu'il possède des immeubles à Beaugency et dans les paroisses voisines (Adam, acte 1923). Toujours en 1526, il est signalé comme bourgeois de Beaugency (actes 1886 et 1923) , tandis que le 8 juin 1530, il est en outre marchand (Adam, acte 106). Désigné comme sieur de la Ronce en 1530 (Adam, acte 70) , il était marié à Françoise Tallon, soeur du prieur de l'église de Lailly-en-Val (Adam, acte 199 de 1521). Dans un acte du 30 mars 1533, il est commis à la recette des profits de fief du domaine de Beaugency (A.D. du Loiret, A 42) , ou receveur fermier (A.D. du Loiret, A 40, acte du 14 mai 1533). En 1536, il est à nouveau désigné dans un document concernant divers paiements par Guillaume Joubert, receveur de la seigneurie de Beaugency, comme bourgeois (A.D. du Loiret, A 41, acte du 23 décembre). Relevons que la maison de ce notable est une demeure à trois niveaux, la majorité des maisons de la fin du Moyen Âge en ayant deux (voir IA45001365). Son rez-de-chaussée a été refait au 18e siècle, mais les deux baies latérales conservent, sur le piédroit gauche de la fenêtre gauche et le piédroit droit, de l'autre, des moulures d'origine. La clef du linteau de la fenêtre centrale du 2e étage de la façade arrière présente le chiffre 86 en relief. Peut-être faut-il comprendre 1786, époque ou cette façade aurait totalement été refaite et sans doute l'escalier en vis détruit. On relève sur la maison sise 14, rue Porte-Dieu le millésime 1788 également en relief.