Description historique
En août 1629, Pierre Fougeu, grand vicaire, official de l'évêque d'Orléans et directeur du couvent des Ursulines de la même ville, envoie Mère Richon, avec sept soeurs et la novice Anne Tardif à Beaugency, afin d'y fonder un couvent avec pour mission d'instruire les petites filles de Beaugency et des environs dans la foi catholique et lutter contre le protestantisme. Sous l'impulsion d'Anne Tardif, devenue supérieure de la communauté, la première pierre du nouveau couvent fut posée le 24 avril 1647. Les travaux de cet ensemble s'arrêtèrent en 1660, date gravée à l'extrémité de l'amorce de l'aile nord dont seules deux travées d'élévation furent édifiées. Les ailes orientale et méridionale furent entièrement achevées. L'aile ouest fut, comme au nord, dressée partiellement du côté sud sur trois travées. Un marché du 22 mars 1650 concerne la livraison au port de Beaugnecy par Jehan Janin, maître maçon (décédé peu après) demeurant à Ménars, à Martial Martin, marchand de pierres demeurant à Marnay, des marches nécessaires à la construction des 3 escaliers, toujours en place, dont un devis du 15 juillet 1650, concerne la réalisation par Jacques Habier et Jean Losmonier, maîtres maçons tailleurs de pierre à Blois et à Ménars. Le bâtiment du pensionnat, élevé en dehors de la clôture, fut achevé en 1699 par la Mère supérieure Ruelle. En 1700, les soeurs obtinrent des Trésoriers de France, l'autorisation de commencer, au sud de l'aile orientale, la construction de leur nouvelle église sous l'invocation de Sainte-Marie des Anges. Les travaux s'arrêtèrent en 1703 et la laissèrent inachevée. En 1771 on dressa le grand portail ouvrant sur la rue. Le couvent fut ensuite vendu comme bien national en 1793 et racheté petit à petit par les soeurs qui revinrent à Beaugency en 1803. Ces rachats s'étalèrent jusqu'en 1847. A cette dernière date, elles redevinrent propriétaires de deux granges édifiées rue Porte Tavers sur l'emplacement de l'aile nord inachevée du cloître. Elles en bouchèrent les portes côté rue et en ouvrirent d'autres sur la cour. L'une de ces granges est conservée et l'autre fut transformée en parloirs. En 1853, on édifia la maison de l'aumônier, sise 11, rue Porte Tavers. Durant la seconde moitié du XIXe siècle les soeurs construisirent un grand bâtiment à usage de classes, en dehors de la clôture, dans le prolongement occidental de l'aile sud du couvent. La date 1877 est visible sur une plaque métallique disposée sur la mitre de l'une des cheminées. L'enseignement des enfants se poursuit.