Commentaire concernant l'attribution de l'édifice
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Description historique
Le collège Augustin-Thierry, installé en 1808 dans les bâtiments de l'ancienne abbaye de Bourgmoyen, en bord de Loire, fut détruit dans les bombardements de juin 1940 et les incendies qui s'ensuivirent. Dans son plan de reconstruction validé en 1942, Charles Nicod proposa de déplacer le collège au nord de la ville dans le quartier de compensation de l'hôpital psychiatrique, sur une parcelle plus vaste afin de remédier à l'insuffisance des locaux d'avant-guerre. Le bâtiment de l'asile d'aliénés, appelé "villa Lunier", fut évacué en 1940 puis occupé par les Allemands. L'installation fut donc repoussée pendant la durée du conflit, et le collège s'installa dans une partie de l’École Primaire Supérieure de Jeunes Filles et partagea à mi-temps les locaux des cours professionnels. ¶¶Après la Libération, le collège s'installa dès la rentrée 1945 dans la villa Lunier. Bâtiment de l'ancien prieuré Saint-Lazare, en partie repris dans la construction d'une villa en 1834, agrémenté alors d'un vaste parc aux essences rares, la villa était devenue hôpital psychiatrique en 1858 sous la direction du docteur Lunier et avait alors été agrandie par une seconde aile. Le choix de ce nouveau site fut conforté par le changement de dimension qu'opéra le collège. Dans la perspective de l'ouverture d'une université à Blois, annoncée dès 1945 par Raoul Dautry, ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme, on développa l'enseignement secondaire à Blois : le collège fut transformé en lycée en 1946. La vaste parcelle arborée de l'hôpital psychiatrique offrait des possibilités d'extension ainsi qu'un cadre aéré et ensoleillé aux jeunes lycéens. ¶¶L'établissement occupa tout d'abord les bâtiments de l'ancien hôpital psychiatrique : villa Lunier et pavillon des Tilleuls. Des travaux furent menés pour l'installation du lycée sous la direction de l'architecte Henri Jannin avec des dommages de guerre et des crédits mis à disposition par l'éducation nationale. Les premiers travaux étant limités à l'adaptation de bâtiments existants et à la construction d'un externat, le reliquat de la créance d'indemnité de dommages de guerre du collège fut utilisé par la ville pour la reconstruction de l'école de filles Victor-Hugo. ¶¶L'implantation du lycée constitua un facteur d'attractivité dans une zone encore périurbaine sur laquelle furent engagés, dès l'après-guerre, de vastes chantiers de construction de logements. ¶¶Dans les vingt années qui suivirent, l'agrandissement de l'établissement continua. En quatre tranches de travaux, menées entre 1960 et 1976, et parallèlement à l'intégration progressive d'un programme d'enseignement technique, l'établissement se dota de trois bâtiments d'internat, de trois bâtiments d'enseignement (général, scientifique et technique), d'un nouveau bâtiment à usage de cuisine-réfectoire et d'un ambitieux équipement sportif (un gymnase, une piscine couverte). André Aubert, architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux et ancien architecte en chef de la reconstruction de Blois, fut nommé dès 1957 pour superviser ces travaux d'agrandissement et les suivit jusqu'à leur aboutissement, secondé par Pierre Large à partir de 1962, assurant la cohérence du projet.¶¶Aujourd'hui, il ne reste plus qu'un des bâtiments conçus au moment de la reconstruction : le bâtiment O. Par ailleurs, certains bâtiments ont été réhabilités ces dernières années : le bâtiment I, cuisine-réfectoire, a été agrandi en 1999 pour accueillir les services de l'intendance, des salles de réunion et un gymnase ; les ateliers ont été réhabilités, cloisonnés, et agrandis en 2009. Une maison des lycéens a été construite en 2005. Les autres bâtiments subsistant sont assez peu modifiés, à l'exception de quelques huisseries comme celles du bâtiment O et de quelques aménagements intérieurs. Enfin la destruction de trois bâtiments est prévue : le bâtiment N, la piscine et le gymnase, actuellement en grande partie désaffectés.