Description historique
Ce n'est qu'au début du XIXe siècle qu'une place fut créée à l'emplacement de l'actuelle place Louis-XII, son site étant auparavant occupé par l'abbaye de Bourgmoyen, jusqu'à sa démolition en 1806, et par deux pâtés de maisons détruits entre 1819 et 1823. A la veille de la guerre, après des aménagements successifs, la place était très exiguë mais néanmoins monumentalisée par le grand marché métallique et le théâtre, paré d'une nouvelle façade néo-classique. Cette place fut ravagée par les bombes et le feu en juin 1940. A l'exception de la halle métallique, du théâtre et de la fontaine Louis-XII qui ne furent qu'endommagés, rien ne subsista entre les contreforts du Château et la Loire. Les projets proposés par les Blésois à l'été 1940 concordaient tous sur un point : l'agrandissement de la place. Le plan proposé par Charles Nicod en 1941 entérina cette volonté. Pour cela l'urbaniste proposa de détruire une partie du théâtre et de supprimer la rue des Violettes en contrebas des remparts, en ne reconstruisant pas d'îlot entre elle et la place Louis-XII. Cependant, Charles Nicod dut revoir sa copie afin d'intégrer, à la demande de la ville, une salle des fêtes en remplacement du théâtre. Dans son plan de 1942, il inclut donc un équipement, regroupant un théâtre et des salles de réception, sur l'actuelle place Valin-de-la-Vaissière. Ce changement eut pour conséquence le déplacement du marché vers l'ouest, le long de la rue des Jacobins, et son remplacement par des projets d'immeubles d'habitation. ¶¶En 1942-43, André Aubert effectua une étude spéciale d'architecture pour concevoir la future place Louis-XII. Il conçut une place plantée de nombreux arbres, bordée au pied des remparts par un jardin d'enfants orienté au sud. Il fixa des contraintes de hauteur et de matériaux pour les immeubles à reconstruire sur la place mais ne définit pas de véritable ordonnance d'architecture prônant une variété, plus propice à des effets pittoresques. ¶¶Les travaux de la place Louis-XII, fortement contraints par la destruction du théâtre et du marché et le déplacement des baraques, durèrent de 1947 à 1966, de la restauration des remparts à l'aménagement de la place. Entre sa conception en 1942 et la fin de son aménagement en 1966, le projet de place Louis-XII évolua, certaines parties de son programme étant abandonnées ou simplifiées. Il illustre un grand nombre des problèmes qui ralentirent la reconstruction de Blois : les lenteurs imposées par un programme "à tiroirs", l'effet du temps long des travaux sur les programmes de reconstruction. ¶¶Dans les années quatre-vingt et sur la base d'un projet élaboré par André Aubert et son fils Marc, on aménagea six boutiques au nord de la place, sous la partie en terrasse qui fut alors surélevée. Aujourd'hui cet espace n'est plus occupé par un jardin mais par un parking et un restaurant. Au début des années 2010, la place avait été de nouveau réaménagée agrandissant notamment les espaces piétons au dépens de la voirie.