Description historique
L'église Saint-Pierre a été étudiée par l'abbé Besselère (1893) , M. Romieu (1894) , F. Thouvignon (1960 et 1975) , M. Marchal (2000) , et dernièrement par l'association des Grangers de saint-Pierre-de-Juliac (2008). L'édifice aurait été fondé à la charnière des 11e et 12e siècles, peut-être en 1192 ou en 1104 (Romieu) , par un vicomte de Gabarret (Pierre-Roger Ier, mort en 1097, ou son fils Pierre II) sur le territoire de l'un de ses fiefs, la seigneurie de Juliac. A cette première campagne appartient certainement le chevet plat actuel, dont les modillons sculptés sont caractéristiques du début du 12e siècle. Quelques décennies plus tard, peu avant 1130, sont édifiés l'arc triomphal et l'unique nef, dont ne subsiste plus que le mur occidental, la partie ouest du mur méridional et l'extrémité est du même mur (avec une niche-lavabo au décor sculpté de coquilles) , le reste ayant été reconstruit à une époque indéterminée. Lors de la même campagne du 2e quart du 12e siècle, le mur oriental du chevet est augmenté d'un avant-corps percé d'une baie axiale ornée de billettes et de boules. En septembre 1227, Guillaume II de Moncade, vicomte de Béarn et de Gabardan, donne la dîme de Saint-Pierre de Juliac au moines prémontrés de Saint-Jean de La Castelle (près d'Aire-sur-l'Adour). Ceux-ci s'installent, sans doute peu de temps après la donation, dans le prieuré qui prend alors l'appellation de "grange" (nom qui désignera à partir du 16e siècle le village lui-même) , et édifient ou aménagent des bâtiments conventuels adossés au flanc sud de l'église. Les troubles de la guerre de Cent Ans entraînent, probablement au tournant des 14e et 15e siècles, la fortification de l'édifice et la construction d'une puissante tour-clocher. Dévasté et brûlé en septembre 1569 par les capitaines huguenots Thoiras et Baudignan, l'ensemble conventuel se relève difficilement à partir de 1572, date du rétablissement de la cure. Les travaux incluent la reconstruction de la maison du prieur. Entre 1687 et 1692, sous le priorat de Jean-Augustin de Boubée, une nouvelle campagne de restauration, financée par Paule de Bézolles, vicomtesse de Juliac (vers 1620-1699) , permet l'édification d'un avant-porche devant l'église et la réfection presque complète des bâtiments claustraux. L'église ne subira plus, par la suite, que des travaux mineurs, comme la construction, au début du 19e siècle, d'une sacristie au nord du choeur et celle d'un bâtiment à étage, adossé au flanc nord du massif occidental et devenu mairie-école en 1837. Vendu comme bien national en 1792, le prieuré, après avoir passé aux mains des familles Tursan d'Espaignet, Verdier de Plaisance et Bergerot, fut démoli en 1922 contre l'avis du conseil municipal. Depuis 1959, l'église a bénéficié de plusieurs campagnes de consolidation et de restauration.