Description historique
Terminus de la section Andelot-en-Montagne - Champagnole, la gare est édifiée en même temps que cette ligne, entre juin 1865 et juin 1867, suivant le projet de la compagnie du PLM (Paris - Lyon - Méditerranée) défini pour cette section par l'ingénieur Lucien-Hippolyte Vertray et validé par l'ingénieur en chef Adrien Ruelle. Elle est peut-être réalisée par Guichard, dit " entrepreneur des travaux du chemin de fer d'Andelot à Champagnole ", suivant un programme fixé par la décision ministérielle du 25 novembre 1865 : " à droite, du côté de la ville, un bâtiment pour les voyageurs, un pavillon pour lieux d'aisance, un trottoir de 4 m de largeur et 100 m de longueur, une halle à marchandises de 12 m de largeur et 30 m de longueur avec bureau, suivie d'un quai découvert de mêmes dimensions ; et, à gauche, une remise pour les voitures, une remise pour les machines et un quai à coke avec fosse à piquer le feu et grue hydraulique ". En échange du terrain nécessaire pour une prise d'eau au Mont Rivel (dont le réservoir de 4000 m3, dessiné par l'ingénieur Brisac, est exécuté par l'entrepreneur Chanoit) , le PLM construit en outre une avenue, de 208 m de long sur 8 de large. Dite de 3e classe, la gare doit avoir des bâtiments " exécutés conformément à des types qui ont été approuvés antérieurement par l'administration supérieure pour les lignes du Jura ". En fait, si le bâtiment des voyageurs ne se rattache pas aux plans type du PLM qui seront diffusés (avec une classification différente) en 1880, il s'en rapproche et est construit sur le modèle de la gare d'Andelot (corps central à étage carré encadré par deux ailes). En 1867 et 1868 sont mis en place une voie de ceinture, des plaques tournantes, une grue roulante (portique) pour les grands bois et un quai à bestiaux et à chaises de postes. L'entrepôt, au sud-est, est agrandi en 1869 par l'adjonction de trois travées prises à celui d'Andelot. Dès l'inauguration de la section, le 14 juillet 1867, la ville de Morez avait demandé que la ligne soit prolongée jusqu'à elle. La loi Freycinet du 17 juillet 1879 répond à cette demande et prévoit en outre la réalisation d'une ligne à voie normale reliant Champagnole à Lons-le-Saunier. Ces deux lignes sont ouvertes à l'exploitation, la première le 10 juillet 1890 jusqu'à Saint-Laurent-en-Grandvaux, la seconde le 8 avril 1891. Ces créations nécessitent un agrandissement de la gare, suivant un projet présenté le 14 novembre 1888 et approuvé le 12 juillet 1889, et trois travées sont ajoutées à chaque aile du bâtiment principal. Au 20e siècle, elle est aussi en relation avec la voie métrique du " tacot " Champagnole - Foncine-le-Bas (inaugurée en 1924 et fermée en 1950) et compte plusieurs voies reliées à diverses usines : cimenterie Bouvet Ponsar et Cie (1895) , Aciéries de Champagnole, fabrique de jouets Jouef, scierie Dalloz puis Cuby (1868) , etc. La décision ministérielle du 17 mai 1907 valide le projet de déplacement du pont-bascule de 25 tonnes et de la grue roulante de 10 tonnes, celle du 17 mai 1923 entérine le remplacement de la plaque tournante de 14 m (établie à l'est de la remise ferroviaire) par une de 17 m. En 1938, un château d'eau, avec réservoir de 300 m3, est réalisé par la société Le Ciment armé Demay Frères, de Reims. Durant les décennies 1960 ou 1970 (?) , un bâtiment est construit entre l'entrepôt et la gare, sur le quai aux bestiaux, pour la coopérative agricole de Chemin (il abrite actuellement la fabrique de meubles de cuisine Michel Pagniez). Le trafic des marchandises, déficitaire, disparaît le 1er novembre 1953 pour la ligne Lons-le-Saunier - Champagnole (après fermeture du trafic des voyageurs le 5 mai 1938) , en 2003 ou 2004 pour la ligne Andelot - La Cluse. Le site a connu de nombreuses destructions au 20e siècle : remise de voitures (située face à l'entrepôt sur un plan de 1868) avant 1950, abri parapluie métallique sur le quai, plaque tournante, lampisterie (à l'ouest du bâtiment des voyag eurs) , château d'eau en 1985 ou 1986, portique utilisé pour la manutention des grands bois puis pour le transfert des marchandises sur camion durant la décennie 1990. Les bâtiments réunissant la remise ferroviaire et l'ancienne annexe, agrandie en 1900 (chambres) puis devenue bureau du chef de district (service Equipement) , ont été vendus et accueillent le magasin de commerce Doreva Troc, rallongé par la suite. Le réservoir du Mont Rivel a été cédé à la Direction départementale de l'Equipement le 15 juillet 1991. L'entrepôt et les terrains dans son prolongement à l'est sont en cours d'achat par la mairie. Un abri de voyageurs a récemment été mis en place sur le quai central.