Description historique
D'abord une annexe du lycée Charcot et un lycée climatiqueLe Lycée Jacques Cartier a ouvert ses portes en 1958. C'est dans un premier temps une annexe du lycée Charcot de Saint-Servan (les communes de Saint-Malo, Saint-Servan et Paramé fusionnent en 1967) destinée à l'enseignement des jeunes filles. Il devient ""lycée d’État"" en 1962, et accueille pendant quelques années des élèves à la santé fragile, venues d'autres régions, en tant que ""lycée climatique"" (on peut parfois lire ""lycée de grand air"").La commune de Saint-Servan, avait construit, sous la direction de l'architecte Jules Morvan, entre 1883 et 1885, les bâtiments du lycée Charcot, devenu ""simple"" collège, en 1968, une fois que les élèves de second cycle l'ont quitté pour le lycée Jacques Cartier, devenu mixte.Cette même commune avait acquis, dès 1947, pour 12 millions de francs, les sept hectares de terrain du parc de la malouinière de la Balue, dans lequel est implanté le lycée.Louis Arretche, architecteL'architecte en chef des Bâtiments civils et Palais nationaux, Louis Arretche, par ailleurs architecte en chef de la reconstruction de Saint-Malo en cours d'achèvement, est choisi pour dresser les plans. De l'ancien domaine, il ne conserve que la malouinière proprement dite mais s'efforce de sauvegarder, autant que possible, les arbres et les cheminements existants.Un compte-rendu de la section spéciale des bâtiments d'enseignement du conseil général des Bâtiments de France, réunie le 16 octobre 1951, nous apprend que l'architecte a remis quatre esquisses pour le lycée climatique de Saint-Servan, et que le conseil donne un avis favorable à la 4e de celles-ci. Ses membres estiment que le plan ""dispersé"" qu'elle propose est acceptable, bien que l'internat soit nettement séparé des externats, dans la mesure où l'architecte s'est efforcé ""d'implanter les bâtiments dans les parties les moins boisées du parc"". La même section approuve le projet d'ensemble le 20 mars 1952, ainsi que l'acquisition, par voie d'expropriation, pour une somme de 676 000 francs (indemnité de réemploi comprise), de 65 ares supplémentaires, le 19 janvier 1953.Le compte-rendu d'une nouvelle réunion de ladite section, le 27 septembre 1954, nous indique que le coût total de l'opération est estimé à 600 millions de francs. La première tranche, en cours de réalisation, atteignant les 100 millions. Lors de cette réunion, les membres discutent quelque peu, mais acceptent in fine à l'unanimité, le choix de l'architecte de casser la monotonie des façades en différenciant les hauteurs d'allèges des fenêtres.La construction de l'ensemble des bâtiments s'étale sur dix ans et s'achève par la livraison du gymnase, en 1964.Lycée ""Jacques Cartier""Le lycée prend le nom de Jacques Cartier, le célèbre navigateur malouin, qui a entre autres exploré le premier, en 1534, le golfe du Saint-Laurent (arrêté ministériel du 12 janvier). Les villes de de Saint-Malo et de Saint-Servan avaient toutes deux émis un vœux en ce sens. Quelques années auparavant (délibération du conseil municipal du 24 avril 1960), Saint-Servan avait pourtant souhaité que le lycée se nomme Chateaubriand, dont la mère est décédée dans la malouinère de la Balue, en 1798. Elle espérait profiter ainsi ""d'une part de sa gloire littéraire"".Le lycée aujourd'huiAu bâti d'origine ont été ajoutés deux édifices nouveaux : l'un pour héberger le CDI, en 1989, l'autre les classes et laboratoires de sciences (Michel Grignou architecte, 2010). Le service de restauration a par ailleurs été profondément restructuré, en 2004-2005, par une équipe d'architectes composée de J.-M. Van Haecke et de l'atelier Perrin - Martin architectes, pour un montant de 2,7 millions d'euros.Le lycée accueille en 2018-2019, 1209 élèves, dont 60 internes. Il reste marqué par son histoire de lycée de filles. Elles représentent en effet encore les deux tiers de l'effectif. Il prépare aux bacs généraux, à des bacs professionnels (accueil relation clients-usagers, prospection négociation suivi clients), technologiques (STMG, management gestion, gestion et finance, mercatique, ressources humaines et communication) ainsi qu'au BTS management des unités commerciales.