Description historique
D'après Paul Banéat, il existait deux manoirs, celui de la Haute Longrais et celui de la Basse Longrais. Ils étaient le gage féodé de la sergenterie de Champinel dans la circonscription de Saint-Etienne. Ils appartenaient aux de la Longraye en 1430, puis aux de Châteautro à la fin du 15e siècle et passèrent par alliance aux de la Haye vers 1513. A la mort de Jean de la Haye, les Longrais revinrent à sa nièce Gilette de Châteautro qui les léga à son fils Julien de la Mahonnerie. Ce dernier acheta Marbré en 1566 et réunit sous la même seigneurie les Longrais et Marbré. C'est d'ailleurs probablement Julien de la Mahonnerie qui fit construire le manoir de la Longrais, dont les bâtiments actuels constituent les vestiges. Les domaines des Longrais et de Marbré passèrent, en 1598, à Lancelot du Verger. Ils passèrent ensuite aux de la Villegontier mais revinrent par succession en 1788 à la famille le Bouteiller.Comme le montre une gravure antérieure à la Révolution française sur laquelle figure le bâtiment, les différents bâtiments qui composent ce lieu étaient assez différents de l'état actuel. Ainsi, certains bâtiments ont aujourd'hui disparu, c'est le cas de la porte originellement située à l'ouest qui donnait accès à la cour. La cour du manoir était en effet fermée sur tous les côtés et une porte permettait d'entrer dans cette cour à l'ouest. Cette porte en plein cintre était entourée de deux tourelles rondes couvertes de toits en poivrière. Le mur est de la cour était interrompu par un colombier. Cette disposition n'existait déjà plus en 1832, lors de la réalisation du premier cadastre communal.Sur la même gravure, il est possible de voir que le logis était en réalité complété par un corps de bâtiment situé au nord-ouest de la cour. Ce petit bâtiment était perpendiculaire au logis et attenant au portail d'entrée dans la cour. Il comprenait des pièces d'habitation et était desservi par un escalier en vis en granite situé dans l'une des tours rondes attenantes à la porte d'entrée dans la cour. Cette description du lieu correspond à la période révolutionnaire durant laquelle de Boisguy fit halte aux Longrais pour se cacher chez son ami André-Charles le Bouteiller, propriétaire des lieux à cette époque. Les fossés qui passaient devant le portail d'accès à la cour ont été comblés en 1936 seulement. Sur ce site, en 1832, lorsque fut réalisé le premier cadastre de la commune de Coglès, il existait encore deux bâtiments possédant une tour ronde en façade sud. Ces deux bâtiments correspondaient peut-être aux deux manoirs des Longrais évoqués par Paul Banéat. Ainsi, le bâtiment le plus au sud sur le cadastre de 1832 correspond peu ou prou au bâtiment de dépendance situé au sud-ouest de la cour actuelle. Bien qu'il ait été remanié, le bâtiment situé au nord de la cour semble avoir été construit au 16e siècle, peut-être durant la seconde moitié de ce siècle. En effet, certaines des caractéristiques architecturales de ce bâtiment témoignent de cette époque de construction, c'est le cas de la porte en plein cintre à doubles rouleaux de la partie ouest du rez-de-chaussée, de la tour d'escalier ronde en façade sud, de la fenêtre à coussièges située dans la montée de l'escalier en vis ou encore des appuis saillants de certaines fenêtres de la façade sud. Le bâtiment a été remanié, vraisemblablement au cours du 18e siècle. En effet, la création de grandes fenêtres, percées à intervalles réguliers sur la partie est de la façade sud ainsi qu'en façade nord, témoigne de cette époque. De plus, certaines pièces ont également été réaménagées à cette époque puisque leurs murs et leurs cheminées étaient couverts de boiseries. Une enquête d'inventaire du patrimoine avait été réalisée dans les années 1970 ; à cette époque, le bâtiment était composé de deux pièces à feu au rez-de-chaussée. La première, à l'ouest, était partiellement occupée par l'escalier en vis ; il existait d'ailleurs une porte d'accès à cet escalier dans la pièce. La cheminée de cette pièce était située sur le mur de refend est. La pièce de la partie est du rez-de-chaussée possédait également un accès direct à l'escalier en vis par une porte. La cheminée de cette pièce à feu était située sur le pignon est. L'escalier en vis logé dans la tour ronde de la façade sud était à l'époque un escalier en bois ; il existait une fenêtre à coussièges dans sa montée. Il desservait le premier étage, lui aussi composé de deux pièces à feu. La cheminée de la pièce de la partie ouest ne se trouvait pas au dessus de celle du rez-de-chaussée mais sur le pignon ouest. Un accès direct à cette pièce se faisait depuis l'escalier en vis, de même pour la pièce de la partie est. Cette pièce de la partie est possédait un plancher plus haut que celui de la pièce de l'ouest. La cheminée se trouvait sur le pignon est, au-dessus de celle du rez-de-chaussée. Il existait un double accès aux combles, le premier donnait dans la partie ouest et le second dans la partie est. Le poinçon de la charpente était décoré.