Observation concernant la protection de l'édifice
Le Muséum de Dinard : une métaphore maritime. . Situé sur le parcours de la promenade au Clair-de-lune, entre les deux débarcadères de Dinard, le laboratoire maritime offre aux visiteurs de passage une halte agréable et éducative. Il regroupe dans des bâtiments anciens (la villa Bric-à-Brac), et nouveaux des équipements de recherche, des logements, un aquarium et un musée de la mer contenant divers représentants de la faune marine et des documents sur les expéditions du Pourquoi Pas ? du commandant Jean Charcot.. L´accès y est signalé depuis la digue-promenade par une porte en plein cintre située dans les soubassements du Muséum. Elle est encadrée de deux plaques commémoratives qui rappellent les noms des membres bienfaiteurs et des personnalités de l´époque lors de l´inauguration du bâtiment le 29 juin 1935. . Le programme multidisciplinaire imposé à l´architecte Yves Hémar, qui vient de construire le yacht-club sur le quai de la Perle à Dinard, est contemporain et similaire de celui de Biarritz réalisé par les architectes J. Hiriart, F. Lafaye et R. Laccourreye. S´y retrouvent les mêmes conditions : la direction du Muséum d´histoire naturelle, une implantation littorale d´exception sur un site de falaise et le désir de faire du bâtiment un belvédère face à la mer. A Dinard, comme à Biarritz, la construction nouvelle est couverte d´une terrasse formant une promenade publique.. Véronique Orain.. . . L´origine anglaise de la station : la villa Bric à Brac. . Les origines anglaises de Dinard, bien connues par les archives et la présence d'une véritable colonie britannique issue de Dinan et d'Avranches dès le milieu du XIXe siècle, expliquent en partie la configuration première de la station ainsi que celle de plusieurs villas. Les vues anciennes du quartier de Bric à Brac, au dessus de l'anse du Prieuré, celles du Bec de la Vallée, montrent ces premières maisons anglaises, accrochées au dessus de la falaise. Ce modèle, strictement importé d'Outre-Manche, qu'il soit de plan massé ou à plusieurs corps librement agencés, pourvus de pans coupés percés de baies, permettant une meilleure vue sur mer, est reconnaissable à son absence totale de décor et à ses toitures à faible pente en zinc, forme tout à fait étrangère au goût français. Emprunté aux châteaux anglais du XVIIIe siècle, il rappelle également les maisons anciennes de Jersey et de Guernesey, avec lesquelles on sait par ailleurs que la colonie britannique de Dinard avait des liens. Cette architecture pratique et austère est encore aisément identifiable dans la villa Bric-à-brac, construite en 1860 par Lyona Faber, que sa 'castellisation' discrète vers 1875 par Robert Hamilton a très peu modifiée. Cette villa, parfaite illustration du goût anglais, a, chose rare, gardé son décor intérieur d'origine, lui-même pure importation sur le continent d'un intérieur anglo-saxon contemporain. Cet exemple, aujourd'hui unique dans son état de conservation, est en réalité le reflet d'un aspect méconnu de la station à ses origines, qui eut une influence certaine sur le goût balnéaire de la côte d'Emeraude. L´aménagement de Bric-à-brac, purement anglais, avec son escalier à développement complexe, sa salle de réception couverte d'une charpente apparente lambrissée ses cheminées plaquées de carreaux de céramique illustrant des scènes bibliques ou champêtres, ses miroirs dressoirs, semble droit sorti d'un recueil de Wiliam Morris et illustre parfaitement l'esthétique du mouvement Arts and Crafts. . . Jean-Jacques Rioult.