Commentaire descriptif de l'édifice
La presqu'île du Bec d'Ambès a été définie par le géographe Henri Enjalbert comme "une plaine alluviale construite dans le prolongement de la zone inter fluviale de l'Entre-deux-mers, au confluent des deux vallées de la Dordogne et de la Garonne ; cet espace est constitué par des sédiments estuariens récents." Des bourrelets fluviaux encadrent le marais actuellement dit de Montferrand presque totalement asséché constituant un vaste polder qui s'étend sur plusieurs communes. Certains lieux-dits évoquent les étapes de constitution du polder : Grand Marais, marais de Peychaud, Petit marais, marais des dessécheurs, palus de Sabarèges, Raux d'Alenet, marais Dunort, marais Capel, jalle du moine, Rouille-Dina, jalle Roquette. Actuellement la vigne, le maïs et les pâtures occupent ces terres ainsi que les réserves foncières ou les friches des industries voisines. A Bassens, les industries et certaines installations portuaires sont implantées dans ces zones asséchées. Une digue, en terre, moellons ou remblai, renforcée par un muret en béton, ceinture la presqu'île ; des escaliers et des rampes d'accès permettent de la traverser. Les territoires humides sont traversés par de nombreux canaux, fossés et conduites souterraines dont l'écoulement des eaux est organisé pour assécher les terres mais aussi pour les submerger ; certains canaux sont partiellement maçonnés ou consolidés par des pieux. La circulation des eaux est régularisée par des vannages qui sont constitués de pelles, simple ou doubles (Gérème) , actionnées par des visses ; ils sont parfois accompagnés de réservoirs ou chambre maçonnée (Blanchard) permettant de retenir l'eau. Certaines cabanes, abritant les pompes qui aidaient à la submersion des terres, sont encore en place. De nombreux vannages ont été remplacés par des conduites enterrées fermées par des clapets de sécurité ; d'autres, dont les visses semblent hors d'usage, sont embourbés dans des coulées de terre. Quelques canaux, parfois franchis par des ponts de jardins, agrémentent certains jardins des maisons de campagne (Burck, Malescot). Autrefois ces "grands fossés coupés de fréquentes tranchées traversées de planches la plus part faites de quelques gros ponts tout ronds " et " des meschantes chaussées " permettaient la circulation dans ces terres. Actuellement les levées de terre accompagnant les plus larges fossés portent souvent un chemin ; des ponts traversent les canaux qui s'écoulent dans la Dordogne et la Garonne. Les demeures ou les dépendances sont généralement établies perpendiculairement à la Garonne ou à la Dordogne et parallèlement aux canaux. L'enquête dans le canton de Lormont a permis de sélectionner 35 vannages, 44 fossés ou canaux, 11 réservoirs et 21 ponceaux et quelques éléments de la digue.