Phare de la pointe de Grâve (Etablissement de signalisation maritime n°1126/000)

Désignation

Dénomination

phare

Titre courant

Phare de la pointe de Grâve (Etablissement de signalisation maritime n°1126/000)

Localisation

Localisation

Aquitaine 33 Verdon-sur-Mer (Le)

Aire d'étude

Subdivision du Verdon

Lieu-dit

sur la pointe de Grave

Milieu d'implantation

en écart

Parties non étud

jardin, garage

Historique

Datation des campagnes principales de construction

2e quart 19e siècle, 3e quart 19e siècle

Datation en années

1859

Auteurs de l'oeuvre

Dufour (ingénieur)

Commentaire historique

- 1823 : on établit en 1823 une tour en charpente parce qu'elle était établie au titre d'un remplacement d'urgence. - 1827 : Une tour en maçonnerie de 18 mètres de hauteur équipée d'un appareil lenticulaire de troisième ordre est érigée pour la remplacer en 1825, à l'extrémité de la côte méridionale de l'embouchure de la Gironde. Mais le littoral connaît une érosion marine très rapide et le 12 septembre 1829 la mer laisse déjà à découvert les fondations de l'édifice. Le feu est alors éteint transporté sur un poteau provisoire. -10 novembre 1830 : devant l'urgence de la situation on érige rapidement un phare en charpente, après l'écroulement de la tour en maçonnerie. Cette structure démontable et relativement légère, se prêtait aisément aux possibilités de déplacement en fonction de l'évolution du trait de côte. D'ailleurs, dès l'année suivante, on la recule. Le changement d'emplacement est à nouveau devenu obligatoire car la tour est encore menacée par la mer. - décembre 1837 : le feu précédent est supprimé car trop exposé aux atteintes de la mer. Il est provisoirement remplacé par un petit fanal à feu fixe établi sur un petit échafaud de 12 m. En 1838 le service maritime de la Gironde estime que la côte n'évolue plus aussi rapidement et décide de reconstruire une tour en maçonnerie. Les travaux terminés, le nouveau feu est allumé en 1839 au sommet du nouvel édifice mais celui-ci est détruit encore une fois par la mer l'année suivante. Le 21 mars 1839, l'adjudication est présentée pour la construction de la seconde tour de Grave, à l'embouchure de la Gironde. Elle est attribuée au Sieur Bouzac moyennant un rabais de 10% . Ce dernier constate très rapidement que le cahier des charges présente des lacunes notamment concernant le sol et le sous-sol du site qu'il fallut creuser bien plus que prévu pour assurer des fondations stables. Averti, l'ingénieur en chef ne voulut rien entendre et refusa de prendre en compte cet imprévu. De plus, en constatant l'excessive lenteur que l'entrepreneur apportait à l'exécution des travaux, il demanda une régie immédiate en ajoutant pour se justifier, " il est d'ailleurs de notoriété publique que le Sieur Bouzac devait et doit encore d'assez fortes sommes aux aubergistes, gabariers, charretiers, ouvriers, tailleurs de pierre et maçons qu'il a employés et que sa position vers la fin de 1839 était tellement fâcheuse qu'il lui aurait été absolument impossible de conduire à bonne fin le travail qu'il avait entrepris" . Il s'agissait en l'occurrence d'accusations graves qui relevaient de la diffamation car l'entrepreneur put fournir tous les certificats nécessaires pour prouver la saine gestion de sa compagnie et il obtint aisément d'ailleurs la mainlevée de son cautionnement mais ... jamais d'indemnité. - 10 janvier 1842 : allumage sur la tour en maçonnerie de 12 m. - Remplacée dès 1842 par une tour en échafaudage - Déplacée en juillet 1848. Cette tour "provisoire" fut définitivement abandonnée au profit d'un troisième phare en maçonnerie édifié entre 1859 et 1860 et allumé le 15 août 1860. Ce dernier connut un meilleur sort puisqu'il continue aujourd'hui encore d'assurer la signalisation de la pointe de Grave. -15 août 1860 : allumage sur une tour carrée et soubassement de 25 m de hauteur. Lors de la construction cette tour en maçonnerie de Grave, autorisée par la décision ministérielle du 31 octobre 1859, le Sieur Dufour remporta l'adjudication mais en janvier de l'année suivante, l'ingénieur de l'arrondissement s'inquiétait de l'état d'avancement des travaux. Pour lui l'entreprise retenue ne prenait pas son activité au sérieux car son directeur avait confié "les travaux à un Sieur Coursan, chef d'atelier qui quitte le chantier pour aller à Bordeaux sans mon autorisation et sans même m'informer de ses absences" . De plus, toujours selon l'ingénieur, le chantier était alimenté en pierres de qualité exécrable et n'avançait à son goût que trop lentement. Selon ses récriminations le préfet pro nonça une mise en demeure qui obligeait l'entrepreneur à utiliser au moins 4 poseurs, 12 maçons et 16 manoeuvres par jour et dans ces conditions l'édifice fut achevé en temps et heure, allumé le 15 août 1860, soit moins de 9 mois après l'adjudication. Cette rapidité représentait un véritable exploit et, sans vouloir contredire l'ingénieur, prouvait la réelle compétence de l'équipe. Ce fut d'ailleurs ce type de raisonnement qui motiva les réactions du soumissionnaire qui ne se satisfaisait pas des 67 000 francs fixés par l'Administration. Le 19 juin 1862 il réclamait des indemnités supplémentaires qui lui furent dans un premier temps refusées ; le 21 novembre 1864 il se pourvoyait contre cette dernière décision et le 8 décembre 1864 une expertise était commandée qui convenait du bien-fondé des réclamations du Sieur Dufour. En séance du Conseil de Préfecture, l'État fut donc condamné le 28 janvier 1871 à payer la somme de 6 020 francs. L'Administration refusa ce jugement et posa un recours devant le Conseil d'État qui statua le 17 avril 1874 et confirma les indemnités, 14 ans après la fin du chantier! Coût : 69700 F et optique 31 500F.

Description

Commentaire description

- Description architecturale : 1er phare : Taille générale : 12 m. Description : tour en maçonnerie. 2e phare : Hauteur au dessus de la mer : 34, 60 m. Taille générale : 27 m. Hauteur focale : 25 m. Description : Tour carrée en maçonnerie lisse avec chaînes d'angle en pierres apparentes à la façade Est d'un bâtiment en forme de U en maçonnerie lisse avec chaînes d'angle en pierres apparentes. Garages, Jardin Terrain. - Description technique : 1er Feu : 1823 : Fanal provisoire Bordier-Marcet à réflecteurs. 1827 : 1er feu fixe de 3ème ordre, lenticulaire. 1829 : Nouveau fanal provisoire Bordier-Marcet. 1830 : 2ème feu fixe de 3ème ordre, lenticulaire. 1837 : Nouveau fanal provisoire sur le fort de Grave. 10 janvier 1842 : feu fixe blanc. 2e phare : 1ère optique : 15 août 1860 : feu blanc scintillant à éclipses de 5 en 5 secondes, de 3ème ordre de focale 50 m. Août 1955 : feu à occultation toutes les 4 secondes, secteurs blancs, rouge et vert. focale 0, 50 m. Combustibles : Huile végétale : 1823. Huile minérale : vers 1875. Vapeur pétrole : 1911. Electrification : 1937. Automatisation : août 1955. - Etat actuel : Tour peinte en blanc et noir. Feu à occultations blanc/rouge/vert de 4 sec. Optique d'horizon au 4/5 focale 0, 50 m sans marque de 1860. Lampe halo 650w. Portée 17 milles en blanc. Lanterne à vitrage plan en cuivre de 1860. Décoration avec volutes et boule.

Etat de conservation

bon état

Protection

Date protection

2009/11/06 : inscrit MH

Statut juridique

Statut de la propriété

propriété de l'Etat

Références documentaires

Date d'enquête

2001

Crédits

© Ministère de l'équipement, Bureau des phares et balises, © Ministère de la culture, Inventaire général

Date de rédaction de la notice

2002

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Dreyer Francis, Fichou Jean-Christophe

Cadre de l'étude

inventaire des phares

Dossier

dossier individuel

Visite guidé

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