Description historique
Construit en 1903 par l'architecte Joseph Thillet, l'hôtel particulier du 46 rue du Languedoc prend la place d'un ancien hôtel détruit lors de l'élargissement de la rue des Chapeliers, devenue rue du Languedoc (1899-1904). Ce premier hôtel est construit vers 1528 par Jean de Pins, un des plus célèbres humanistes de la Renaissance toulousaine. Il meurt en 1537 et ses héritiers le vendent en 1542 à Jean de Nolet, qui entreprend de le faire restaurer, transformer et agrandir. Un bail à besogne daté du 20 juillet 1542 est passé avec Nicolas Bachelier pour faire édifier une grande boutique ou comptoir sur cave et un passage d'entrée sur la rue des Chapeliers, le tout voûté d'ogive et en berceau. En 1545, un nouveau bail à besogne est passé avec le même architecte pour la réalisation de gargouilles et de fenêtres. Après Jean de Nolet, les propriétaires se succèdent jusqu'à Cassaigneaux de Saint-Félix, contraint d'émigrer à la Révolution. Ses biens sont saisis et vendus. La poste aux lettres s'installe dans le bâtiment de 1795 jusqu'en 1804 puis vers 1843, la recette générale emménage dans l'hôtel jusqu'en 1873. Le 30 juillet 1870, les époux Antonin achètent l'hôtel de Pins et demandent en 1873 le réalignement de la façade de l'immeuble rue Bouquières (4D199/56 et 57). C'est l'architecte Alexandre Laffon qui dresse les plans datés du 14 juin 1873. En 1899, le prolongement de la rue Alsace-Lorraine entre la place Rouaix et la rue du Vieux-Raisin entraîne l'expropriation pour cause d'utilité publique d'une partie de l'hôtel. Peu après, les époux Antonin font construire un nouvel hôtel sur l'emplacement de l'ancien, ne conservant qu'une partie des arcades. Ils font remonter les galeries du 16e siècle, témoins de deux périodes distinctes de la Renaissance toulousaine, en les fusionnant. La double galerie aujourd'hui en place est composée en rez-de-chaussée des arcades de la galerie ouest de Nolet et à l'étage des huit arcades de la galerie sud de Jean de Pins. Les médaillons en façade proviennent de la galerie de Jean de Pins, dont l'écusson martelé apparaît sur l'un des médaillons de l'étage. Sous les arcades, un médaillon porte les armoiries de Jean de Nolet. Après la destruction de l'hôtel, huit autres arcades ont été réédifiées dans la cour de l'hôtel Thomas de Montval 22 rue Croix-Baragnon en 1904. La galerie sur cour est inscrite sur l'inventaire supplémentaire des Monuments Historique le 10 juillet 1995.