Description historique
D'après la matrice cadastrale où il entre en 1886, l'hôtel a été construit au début des années 1880 pour Williams Rigs, soit juste après la construction du casino dont il prend le nom. Rigs avait fait construire dès 1880 une maison et une écurie sur le site du futur hôtel. L'hôtel figure sur le plan de la ville édité en 1882 dessiné par Castex. On le retrouve dans la presse en 1885 où un encart souligne qu'il est le seul de la station à être doté d'un ascenseur Heurtebise. «hôtel modèle récemment construit à l'entrée du casino et du théâtre. Position exceptionnellement saine et splendide panorama» accompagné de la mention assez rare «pas de moustiques». 130 chambres, plusieurs salons, une cuisine et une cave de premier ordre. Un parc de 5 ha, chalets et laiteries. Guides, voitures et chevaux pour excursions, interprètes et omnibus à tous les trains. Le propriétaire est un dénommé Andrieu.(Journal de Barèges-Saint-Sauveur, 16 août 1885, p. 3).Cité dans le guide Joanne sur les Pyrénées en 1888, puis dans la collection Diamants en 1893-1894, le grand hôtel du casino voit détailler ses avantages : c'est alors toujours le seul hôtel de Luchon doté d'un ascenseur. Il possède des annexes à la villa Raphaël, à la laiterie et aux chalets de la Pique et est situé dans un parc de 6 ha. Il propose de nombreux aménagements : grands et petits appartements, salons de lecture, de famille et de réception, fumoir, bar-room, terrasse, restaurant à la carte et table d'hôte. Il offre encore des services de guides de montagnes et envoie un omnibus avec interprète à l'arrivée de tous les trains.En 1904, les annonces mentionnent de nouveaux services : téléphone, électricité et auto-garage. Le propriétaire est alors A. Prat (Avenir de Luchon, 02 septembre 1904). Deux cartes postales anciennes conservées aux archives départementales de la Haute-Garonne montrent que sur la façade, la travée centrale et les deux travées latérales étaient ornées de plaques de marbre qui ont disparu. La grande terrasse qui longe l'édifice n'appartenait également pas au parti primitif. Dans le guide Joanne de 1909, il est indiqué que la villa Corneille et son grand parc ombragé sont une dépendance de l'hôtel disposant du luxe moderne. Salles de bains, WC dans les appartements et cuisine privée à disposition des familles. Le propriétaire est toujours A. Prat. L'hôtel est mis en vente en avril 1913 par l'étude Constantin à Paris (Coemedia, 02 avril 1913). Transformé en hôpital militaire (hôpital complémentaire 54) en mars 1917, il concentre alors les services de santé militaire de Luchon avec une annexe au couvent de l'Espérance pour les officiers. Il retrouve sa vocation d'hôtel après la guerre et prend le nom d'hôtel Majestic, sans doute après la vente qui a lieu en 1920 (Le Matin, 03 décembre 1920). L'hôtel Majestic connaît des difficultés au moment de la crise économique : il est l'objet d'une vente au tribunal de Saint-Gaudens le 28 juillet 1932 (Gazette de Bayonne, 21 juillet 1932) en même temps que l'hôtel Royal. Les deux hôtels, tous deux propriétés alors de la compagnie fermière de Luchon sont à nouveau mis en vente en juin 1934 (L'écho pyrénéen, 17 juin 1934). L'hôtel a été réaménagé dans les années 2000 ce qui a notamment entraîné la division du rez-de-chaussée par un faux plafond.