Description historique
La date de conception du réservoir de Saint-Ferréol n'est pas connue avec précision. Elle paraît subordonnée à l'idée de Pierre-Paul Riquet de rassembler une partie des eaux de la Montagne Noire pour alimenter le futur canal. Cette idée généra le projet de plusieurs réservoirs, projet qui pourrait être datable de 1664, c'est-à-dire antérieur de peu au creusement de la Rigole d'essai (1665). A l'origine, le site de Saint-Feriol était un ancien vallon agricole fertile, occupé par un moulin et des métairies. Irrigué par le Laudot, issu de la Montagne Noire, il était parcouru par de nombreux ruissellements. Après rassemblement dans le vallon de ce réseau hydrographique, les eaux du Laudot s'échappaient par un verrou rocheux, avant la chute du relief sur Vaudreuille. Riquet entreprit l'édification du barrage à ce niveau. L'année 1667 marque le début des travaux : la première pierre est posée le 18 avril 1667, au cours d'une cérémonie qui se déroule sous la présidence de l'archevêque de Toulouse et de l'évêque de Saint-Papoul. Les ouvriers procèdent à la construction de la voûte de vidange, des premiers magasins, des cabanes. En 1669-70 sont édifiées les maçonneries du grand mur. Après trois ans de travaux, les premiers tests de mise en eau sont pratiqués (1673). Mais l'état de santé de Riquet induit alors un important retard sur le calendrier des opérations. La première phase du grand mur n'est terminée qu'en 1675. L'ensemble parvient à un stade provisoire d'achèvement (terriers, revêtements...) en 1680, époque du décès de Riquet. Le 2 mai 1681 a lieu la mise en eau du canal après inspection de tous les ouvrages réalisés. Le barrage de Saint-Ferréol fonctionne, mais il n'est qu'en partie rempli. Cinq ans plus tard, Vauban reprend le projet pour augmenter la capacité du réservoir. Il confie en 1687 l'agrandissement du barrage de Saint-Ferréol à Dominique Gillade, directeur général du canal. Ses travaux portent à partir de 1687 sur le rehaussement du grand mur et la construction, en aval de la digue, d'un mur édifié à plus de 30 mètres du troisième mur de Riquet, avec la prolongation des galeries. En 1692, les travaux sur le grand mur (mur de Vauban) et sur le terrier sont menés par Mathieu Cayrel. Après achèvement de cette deuxième campagne de travaux, le canal est remis en eau (1694 ?). C'est le plus grand barrage en France pour cette époque. Le choix d'utiliser comme matériau de construction le granite local, de qualité médiocre, aura une mauvaise incidence sur l'étanchéité de l'ouvrage : au cours des années suivantes de nombreuses pertes d'eau apparaissent sur le barrage. Les seigneurs propriétaires puis l'administration en charge du canal n'ont cessé de porter depuis sa création le souci de sa consolidation. Le site du bassin de Saint-Ferréol a été inscrit sur l'inventaire des sites par arrêté du 7 février 1944. L'ouvrage d'art est inscrit au Patrimoine Mondial de l'humanité (1996), et sur l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques (13 mars 1997).