Description historique
En avril 1898, le maître-mineur et forgeron Ange-Antoine Lombardi déclare la découverte d'un filon d'amiante. Il procède à des explorations pendant quelques années et exporte à Marseille quelques tonnes de fibres destinées à la "Société Alexandre Oliva". En octobre 1901, la commune amodie "les carrières d'amiante existant sur tous les biens communaux" à l'entrepreneur marseillais Augustin Migozzi. Pendant la première guerre mondiale, l'ingénieur de la mine d'arsenic de Matra, Charli, dirige des travaux. En 1919, la "Société Eternit" établie à Prouvy-Thiant (Nord) s'intéresse à la Corse et charge le géologue suisse Henri Eggenberger d'étudier les gisements insulaires. En 1926, Canari retient son attention. En 1927, la société fait aménager une carrière et construire une petite usine pilote. Une trentaine d'ouvriers procèdent aux premiers essais de broyage. En 1929, 146 tonnes de fibres d'amiante sont produites. Mais l'entreprise ferme ses portes en octobre 1930. En 1940, la "Société Eternit" reprend l'exploitation du gisement et fait bâtir une petite unité de broyage de roches amiantifères. En 1945, une nouvelle société, la "Société Minière de l'Amiante", rassemblant des entreprises européennes utilisatrices de ce produit minéral, est créée. Elle fait procéder à d'importants aménagements sur le site, notamment à la construction d'une usine de traitement de l'amiante. Réalisée sur le modèle de celle de Balangero (Piémont) et édifiée sur les plans des architectes-ingénieurs Riccardo Capparucci et Giorgio Marchioli, elle donne lieu à deux principales campagnes de travaux sous la direction de l'entrepreneur turinois Michele Oddone Bellezza. Le premier chantier se déroule de 1948 à 1949 ; le second, permettant de doubler les capacités de l'établissement, a lieu de 1949 à 1952. Cette exploitation, employant de 170 à 300 ouvriers à son apogée, permet de couvrir 50 % des besoins français. Ce site, produisant 6 000 tonnes d'amiante en 1952, 12 000 en 1954, plus de 18 000 en 1958, en livre 30 000 en 1961. A ces chiffres, il convient d'ajouter de 3 000 à 6 000 tonnes de poudres et de fibrettes destinées à la fabrication de produits dérivés. Les fibres ensachées sont exportées par Bastia sur le continent ainsi que vers des pays européens et même jusqu'en Extrême-Orient.£ Bien plus que l'épuisement du gisement, ce sont la baisse du cours de la fibre et les problèmes sanitaires et environnementaux générés par l'exploitation qui entraîneront la fermeture du site en 1965.