Description historique
Le Fort de Montbarey a été construit entre 1777 et 1784 dans le contexte de la Guerre d'indépendance américaine qui voit la possibilité d’une attaque anglaise. Il fait partie du camp retranché de Saint-Pierre destiné à protéger, grâce à cinq forts détachés, l’ouest de la ville-arsenal de Brest de troupes ennemies débarquées sur le littoral. Charles Claude Andrault de Maulévrier, marquis de Langeron (1720-1792), lieutenant-général commandant la division de Bretagne, est chargé en 1776 de la conduite des travaux de fortification de Brest. Les travaux sont réalisés ""à l’économie"", c’est-à-dire que les chantiers sont confiés à l’armée. Appelé à l'origine Fort Saint-Pierre, il doit son nom actuel à la viste en 1779 - alors que la fortification est en chantier - du prince de Montbarrey (1732-1796), secrétaire d´État à la Guerre de Louis XVI.Selon le programme général de défense des côtes du 1er août 1922, une batterie de défense contre avions (DCA) composée de 4 canons de 75 mm est installée au fort Montbarey (Service Historique de la Marine, 1 BB3, 180 et 181). Durant la Seconde Guerre Mondiale, le fort sert de camp pour les Républicains Espagnols travaillant pour l’Organisation Todt. En août et septembre 1944, le fort et ses environs subissent d'intenses bombardements aériens. L'aile gauche (au sud) du cavalier d’artillerie est touchée par l'un des obus du cuirassé du HSM Warspite le 25 août. La garnison allemande du fort (bataillon de parachutistes) se rend le 16 septembre après d’âpres combats avec les troupes américaines qui utilisent notamment des explosifs et des chars lance-flammes de type Churchill Crocodile...Dans le contexte de la Guerre Froide, le fort est choisi en 1953 pour être le centre de commandement de la défense antiaérienne ""marine"" de l'ouest et du port de Brest. Deux bunkers sont construits à l'emplacement de la partie du cavalier d'artillerie détruit : la dalle de couverture de l'un des deux bunkers est équipée d'un radar de surveillance aérienne ; le second bunker abrite une station de communication.En 1984, le fort, propriété de la Marine nationale, est mis à disposition de l’association Mémorial des Finistériens. Il abrite le Mémorial des Finistériens - Musée 1939-1946 fondé par Charles Le Goasguen (1920-1995), militaire, Compagnon de la Libération et homme politique français.