Description historique
Edifice probablement construit sous le règne de Philippe-Auguste, lorsqu'il reconquiert Vernon, en remplacement d'un ouvrage plus ancien (construit sous le duc Henri 1er de Normandie?) dans le but de renforcer le système défensif de Vernon sur la rive droite et de protéger le pont. Contrairement au dispositif le plus courant, il est établi parallèlement au pont qu'il commandait, sur le côté Nord-Ouest, et non en travers. Constitué à l'origine d'un donjon de forme carrée flanqué de quatre tourelles cylindriques, avec un couronnement en terrasse crénelé, et d'une construction de forme carrée sur le flanc sud du donjon, face à la ville, ornée de deux tourelles en encorbellement côté Seine ; le tout était entouré de courtines et de douves. Le donjon comprend au premier étage une grande salle voûtée sur croisée d'ogives, avec une clé plate sculptée ornée de feuilles de vigne et de grappes de raisin ; les nervures retombent sur des culs de lampes sculptés de feuillages et de têtes humaines. Le second étage, appelé la chapelle, est aussi voûté sur croisée d'ogives avec retombées des nervures soutenues par des têtes d'anges. La tour Nord abrite un escalier à vis ancien et la tour Sud un escalier moderne. Comme le château fort de Vernon, le château de Vernonnet abritait une garnison. Il fut pris à plusieurs reprises par les Anglais et remanié. Le 30 mai 1760, le maréchal de Belle-Isle, gouverneur de Vernon, cède l'édifice à M. Le Moine de Belle-Isle en échange de rentes et de biens pour agrandir le parc de Bizy. Donjon restauré en 1763 (inscription latine sur la façade ouest : "Restauratum anno domini 1763) : disparition des crénelages et mâchicoulis, recouvert d'une charpente et d'une toiture en pavillon (partie centrale) et de toitures coniques (tourelles) en ardoise. En 1778, M. Le Moine de Belle-Isle le vend au minotier Planter, qui le transforme pour y installer magasins d'approvisionnement et logements pour le personnel : larges ouvertures percées dans le corps principal, plates-formes en bois aménagées sur les tourelles Ouest et Sud, archères des tourelles bouchées (voir dossier IA27000020). Sous la Révolution, le château sert de prison, puis de caserne de 1841 à 1849. Remis au domaine, puis vendu par l'Etat à M. Pichou. En 1854, il est acheté par l'industriel Ogerau qui transforme l'ancienne minoterie en tannerie (terrain augmenté, voir dossier IA27000020). En juin 1940 et en 1944, des bombardements endommagent la charpente, la toiture et la tourelle ouest. Restauration entreprise en 1959-1960, puis en 1982. Projet de dégagement des douves et de reconstruction de la tour Ouest. Acheté par la ville de Vernon le 4 octobre 1955. Forme, avec l'ensemble formé par le vieux moulin, l'ancien pont, les îles du Talus, Hébert et Saint-Jean, un site inscrit le 22 novembre 1943.