Commentaire concernant l'attribution de l'édifice
attribution par source ; attribution par travaux historiques ; attribution par tradition orale
Description historique
Pour répondre à une demande forte de la " Fabrique " bisontine (fabricants et négociants horlogers) , la municipalité ouvre le 1er février 1862 une école d'horlogerie dans l'ancien grenier au blé (" Grenier d'Abondance "). L'Etat lui accorde en 1891 le titre d'école nationale et la Ville la dote en 1896 d'une filière Mécanique. Elle prévoit de construire un bâtiment avenue d'Helvétie mais un désaccord avec l'Etat quant au financement puis la Première Guerre mondiale en diffèrent la réalisation. La loi du 31 décembre 1921 prononce sa nationalisation entière, avec le statut d'école nationale professionnelle. Le directeur de l'Enseignement technique Edmond Labbé, en accord avec Louis Trincano (directeur de l'école de 1912 à 1944) , choisit en 1923 un nouveau site, au long de l'avenue Villarceau. Le projet est confié en 1925 à Paul Guadet (1873-1931) , architecte de l'enseignement technique, auteur peu après de l'Ecole nationale d'Optique de Morez. Guadet imagine des bâtiments formant un A, avec un appendice (la " cédille ") greffé en retour au milieu de la traverse du A. Les terrassements débutent en octobre 1926 et la première pierre est posée le 26 mai 1927. Les travaux sont surveillés par l'architecte André Boucton qui, après le décès de Guadet (le 16 octobre 1931) , assume seul l'achèvement du chantier. Le nouvel établissement est inauguré le 2 juillet 1933. Il a, pour cause de dépassements budgétaires, perdu l'extrémité de l'aile nord (partie inférieure de la patte gauche du A) et une partie de ses espaces d'enseignement, remplacés par des dortoirs. Jugé trop grand par le ministre, il doit aussi héberger l'institut de Chronométrie (relevant de l'université) dans son aile sud, l'Ecole primaire supérieure et l'école pratique de Commerce et d'Industrie. De ce fait, les bâtiments se révèlent insuffisants dès 1938 et en 1948, sans compter l'institut, ils accueillent plus de 900 élèves : 250 pour l'école d'Horlogerie, 580 pour un collège et 80 dans un centre d'apprentissage. L'établissement est donc agrandi de 1940 à 1945 par la réalisation d'un 4e étage sur l'aile sud. L'architecte Tournier ajoute un 2e étage sur la " traverse " (mécanique) et sur la " cédille " (alors occupé par les cuisines et le réfectoire) en 1953 puis, de 1956 à 1958, prolonge l'aile nord (horlogerie, mécanique et dortoirs) vers la rue Coste (réalisant ainsi le projet initial) et l'aligne sur l'aile sud (4 étages coiffés d'un toit à longs pans). Le même Tournier élabore en 1956 et 1957 un projet pour un internat de 600 lits et 1200 rationnaires qui, réalisant le programme de 1927, est implanté en 1961 sur le terrain de jeu situé de l'autre côté de l'avenue Clemenceau (franchie grâce à un passage souterrain). L'enseignement horloger disparaît progressivement (il est repris - exclusivement à partir de 1988 - par le lycée de Morteau) , remplacé par la micromécanique puis les microtechniques. L'école devient lycée technique d'Etat en 1960, sous le vocable Jules Haag à partir de 1974, puis lycée polyvalent en 1987. L'institut de Chronométrie, fondé par Haag en 1927 et transformé en 1961 en Ecole nationale supérieure de Chronométrie et de Micromécanique, a quitté les lieux vers 1964 pour le campus universitaire de la Bouloie. Jacques Tournier, fils du précédent, construit en 1989 un 3e étage sur la traverse et une partie de la cédille. Son successeur, Jean-Claude Petitcolin, remplace en 2002-2003 l'infirmerie par un nouveau bâtiment au sud-ouest, en bordure de la rue Coste. En 2009, le site accueille environ 1700 élèves et 200 professeurs.